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Le retour des V8 en F1 ? Ferrari est ouvert, Audi beaucoup moins

Une question de bruit… mais aussi de budget

Par Alexandre Combralier - 2 mai 2026 - 12:13
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La révolution réglementaire de 2026 ne fait pas que des heureux : plusieurs pilotes, comme Lance Stroll ou Max Verstappen, aimeraient un retour prochain à une motorisation plus classique. Du côté de la FIA et de la FOM, on n’écarte pas non plus l’hypothèse : l’arrivée des carburants 100 % durables permettrait par exemple de revenir aux V8 atmosphériques, sans renoncer à un but écologique.

Si les moteurs actuels resteront jusqu’en 2030 a priori, la piste des V8 revient donc de plus en plus sur le devant de la scène.

Mais est-elle souhaitée par les manufacturiers ? On sait par exemple qu’Audi a beaucoup poussé pour que le règlement actuel soit adopté, tant il entre en cohérence avec les objectifs et la technologie globale de la marque. Mattia Binotto, le patron d’Audi, accepterait-il donc un retour aux V8 ? Sans risque que la firme aux anneaux quitte le sport ?

On sent que l’Italien se pose plutôt en défenseur du règlement actuel face aux critiques… pourquoi, dès lors, en changer ?

« Tout d’abord, je dois souligner les commentaires de nos pilotes. Nos pilotes apprécient le format actuel et c’est un grand changement par rapport au passé. Chacun doit s’adapter à ces nouveautés. Mais globalement, en regardant les courses, le spectacle a également été au rendez-vous pour les fans. Des dépassements dès la toute première course, des batailles serrées, ce qui n’est pas évident avec un tel bouleversement réglementaire. »

« Le format est donc excellent et la F1 reste une plateforme d’innovation à la pointe de la technologie. Les fans savent qu’il y a un défi technique derrière tout cela. Alors, de quoi l’avenir sera-t-il fait ? Il est trop tôt pour le dire. Nous avons bien sûr commencé à en discuter avec la FIA. Nous allons nous asseoir et discuter de ce qui est le mieux pour la F1. »

« Mais je ne serais pas si négatif sur le format actuel. Dans l’ensemble, c’est un bon format. Nous avons légèrement modifié le règlement pour le peaufiner, essayer de l’améliorer. Nous en ferons peut-être davantage à l’avenir lors des prochaines saisons, mais nous devrions aussi être positifs sur ce que nous voyons. Et si l’on regarde en arrière, il y a eu des époques où la Formule 1 était plus ennuyeuse. »

« Globalement, il ne faut donc pas être si négatifs. Audi a toujours recherché des moteurs à haut rendement, c’est important pour nous et nous discutons assurément avec la FIA du meilleur compromis pour l’avenir. »

Chez Williams F1, une équipe qui ne développe pas son propre moteur, l’urgence n’est pas non plus au changement… mais on sent que James Vowles, le patron, est un nostalgique des décibels !

« C’est plus facile d’en parler pour moi car je ne suis pas motoriste, je ne peux donc vous donner que mon opinion à ce sujet. Mais je dirais qu’à Bahreïn puis après Shanghai, la FIA et les équipes ont été très collaboratives et ont discuté pour savoir : "Le produit est-il à la hauteur et que pouvons-nous faire pour l’ajuster ?" Et c’est la raison pour laquelle vous voyez ces changements de règles aujourd’hui en cours de saison. »

« Et pour rejoindre exactement le point de Mattia, je suis convaincu que nous retournerons à la table des négociations par la suite pour nous assurer d’aller dans la bonne direction. Si d’autres changements sont nécessaires, nous les examinerons pour voir à quoi ils ressembleront à l’avenir. »

« Mais cette ouverture d’esprit montre simplement qu’en tant que sport, nous sommes conscients d’avoir toujours un excellent produit. Il y a toujours des ajustements possibles et nous cherchons la voie vers le meilleur résultat. Cela relève de l’opinion car je n’ai pas à fabriquer d’unité de puissance, mais j’adorerais le retour d’un V8. Cette époque me manque. »

Frédéric Vasseur, le patron de Ferrari, a une voix qui compte aussi dans le paddock. Il met sur la table un point aussi important : le budget ! Car les V6 actuels, si complexes, assèchent les finances des motoristes !

« Honnêtement, nous avons eu de belles courses, beaucoup de dépassements. On peut dire qu’on a peut-être le sentiment que c’est un peu artificiel, mais c’est beaucoup moins artificiel que le DRS. »

« Le DRS consistait juste à appuyer sur un bouton. Avec ces règles, il s’agit de gestion de l’énergie et cela vient des pilotes ou de l’équipe. Ce n’est pas du tout artificiel. Et je dirais qu’il faut bien sûr affiner, il faut s’adapter. Et comme James l’a souligné précédemment, grâce à la FIA, nous avons eu la capacité de discuter après chaque épreuve pour essayer d’améliorer le système. Encore une fois, ce n’est pas facile de le faire en cours de saison, mais nous sommes tous collaboratifs sur ce point. »

« Concernant l’avenir, nous avons différentes options de moteurs sur la table. Il sera bientôt temps de discuter de ces différentes options. Mais depuis le début, nous avons un paramètre à l’esprit, c’est aussi de réduire le budget astronomique des moteurs. »

« Et ce, pour les motoristes, mais aussi pour James et les clients, et pour le bien de la F1. Nous pouvons discuter de toutes les opportunités et nous aurons le temps de le faire très prochainement. »

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