Charles Leclerc reconnaît que les nouvelles règles de la F1 pour 2026 ont neutralisé l’une de ses plus grandes forces. Le pilote monégasque a même admis qu’il ne prend plus réellement de plaisir en qualifications, après avoir été dominé par son équipier chez Ferrari, Lewis Hamilton, samedi à Shanghai.
Depuis plusieurs saisons, Leclerc s’était forgé une réputation de spécialiste de l’exercice du tour lancé, capable d’extraire des performances exceptionnelles en Q3 grâce à une prise de risque maximale. Mais selon lui, la réglementation 2026 a profondément changé la donne.
"Par le passé, l’une de mes forces était simplement de prendre de très gros risques en Q3 pour essayer de gagner encore un peu de performance," explique le Monégasque.
"Si vous faites ça maintenant – et j’ai essayé le vendredi en Qualif Sprint – vous déréglez complètement la partie moteur et vous perdez beaucoup plus que ce que vous gagnez."
La nouvelle génération de monoplaces, fortement axée sur la gestion de l’énergie, impose selon lui une approche beaucoup plus méthodique et régulière, à l’opposé de son instinct naturel.
"Il vaut mieux rester dans les limites et toujours faire la même chose, plutôt que d’arriver en Q3 et tenter quelque chose de nouveau," poursuit-il.
"Je suis un peu déçu parce que c’était clairement l’une de mes forces. La vérité, c’est que je n’aime plus vraiment les qualifications."
Leclerc reconnaît également que le circuit de Shanghai a toujours représenté un défi particulier pour lui.
"Je suis vraiment mauvais en qualifications sur ce circuit," admet-il sans détour. "Après tant d’années, je dois accepter ce fait."
Au-delà du cas personnel du pilote Ferrari, l’idée que les règlements actuels puissent pénaliser l’expression du talent individuel commence à émerger dans le paddock. Un point que Max Verstappen a lui aussi évoqué à demi-mot ces derniers mois.
Consultant pour Sky Deutschland, l’ancien pilote Williams Ralf Schumacher estime que la discipline doit réagir.
"L’équilibre entre les compétences de pilotage à la limite et la technologie doit être rétabli," insiste-t-il.
Leclerc ne perd toutefois pas espoir, alors que des discussions de haut niveau se tiennent en coulisses concernant d’éventuels ajustements réglementaires à court terme. Le directeur technique de la Fédération Internationale de l’Automobile, Nikolas Tombazis, a récemment laissé entendre que l’instance dirigeante disposait encore de quelques atouts dans sa manche.
"Il y a certaines choses que nous pouvons changer à partir de maintenant et qui pourraient améliorer la situation," estime Leclerc. "Ce n’est pas la fin du monde."