C’était déjà un sujet il y a un an, et l’espoir demeure. En Formule 1, les récits négatifs ne sont jamais souhaitables, même si le drame et la controverse nourrissent parfois l’intérêt. Mais voir Lewis Hamilton en difficulté chez Ferrari a eu quelque chose de particulièrement déprimant.
Car battre un septuple champion du monde n’a jamais la même saveur lorsqu’il n’évolue pas à son meilleur niveau. À l’image des pilotes McLaren face à Max Verstappen, la victoire prend une autre dimension lorsque la référence est performante. Et en 2025, Hamilton n’a que trop rarement été en mesure de jouer ce rôle.
Pourtant, tout n’a pas été sombre. À plusieurs reprises, Hamilton s’est montré très proche de Charles Leclerc en qualifications, un domaine pourtant considéré comme l’un des points forts du Monégasque. Il a également signé quelques courses solides, laissant entrevoir des signes de vie. Mais un constat s’impose : Lewis Hamilton donne sa pleine mesure lorsqu’il dispose d’une voiture capable de gagner.
Si Ferrari parvient à aborder la nouvelle réglementation de 2026 avec une monoplace compétitive, la dynamique interne entre Hamilton et Leclerc promettrait d’être fascinante. Et au-delà du duel interne, un partenariat Hamilton - Ferrari performant relancerait considérablement l’intérêt global du championnat.
Une première saison cauchemardesque en rouge
La saison 2025 n’a rien eu de la campagne rêvée que Lewis Hamilton imaginait avant ses débuts chez Ferrari. Bien au contraire. Pour la première fois en 19 saisons de F1, le Britannique a bouclé un exercice sans le moindre podium. Un scénario presque impensable pour un pilote de son calibre.
Au fil des courses, Hamilton est apparu logiquement abattu, d’autant plus que Ferrari avait décidé de stopper le développement aérodynamique de la SF-25 dès la fin avril, consciente qu’elle ne jouerait pas le titre. Une décision pragmatique, mais qui a figé la situation sportive du septuple champion du monde.
Hamilton a révélé avoir transmis plusieurs dossiers détaillés à Fred Vasseur, exposant les changements qu’il jugeait nécessaires pour permettre à Ferrari – et à lui-même – de redevenir gagnants. Reste une inconnue majeure : la voiture 2026, conçue sous de nouvelles règles, correspondra-t-elle réellement à ses points forts, comme certains le suggèrent déjà ?
Dans le cas contraire, une question autrefois taboue pourrait se poser : 2026 sera-t-elle la dernière saison de Lewis Hamilton en Formule 1 ?
Hamilton sur le départ ?
Statistiquement et sportivement, 2025 restera comme la pire saison de la carrière de Hamilton. Malgré quelques éclairs – dont une victoire lors du sprint en Chine – et des signes de progression ponctuels, le niveau global a suscité l’inquiétude.
Plus préoccupant encore, la communication du Britannique après certains week-ends difficiles a relancé les spéculations sur son avenir. Hamilton disposerait d’une option pour prolonger jusqu’en 2027, celle-ci serait à l’initiative du pilote. En clair, une nouvelle saison compliquée en 2026 pourrait pousser la Scuderia à demander à son pilote de partir !
Paradoxalement, un élément pourrait jouer en faveur de Hamilton : l’avenir de Charles Leclerc lui-même est incertain. Le Monégasque se montre de plus en plus frustré par l’incapacité de Ferrari à lui fournir une voiture capable de jouer le titre. Au moins trois équipes seraient intéressées par ses services pour 2027, à commencer par Aston Martin F1.
Dans un tel scénario, Ferrari pourrait privilégier la continuité en conservant Hamilton, même en cas de performances mitigées. Mais tout dépendra avant tout du Britannique. Son niveau sur les deux dernières saisons est loin des standards attendus, et il lui appartient désormais de relever la barre.
Un changement de règles comme opportunité... ou illusion ?
L’adaptation à Ferrari a été plus difficile que prévu, et une deuxième année au sein de la Scuderia devrait, en théorie, faciliter l’acclimatation. De plus, la fin de l’ère des voitures à effet de sol pourrait mieux convenir au style de pilotage de Hamilton.
Mais l’histoire récente rappelle que rien n’est garanti. Daniel Ricciardo, entre 2021 et 2022, avait déjà montré qu’un changement de réglementation ne suffit pas toujours à retrouver son meilleur niveau. En définitive, l’avenir de Hamilton est entre ses mains.
Ferrari à un tournant historique
Au-delà du cas Hamilton, la question de la compétitivité de Ferrari reste centrale. La Scuderia a vécu une saison 2025 cauchemardesque, glissant de la deuxième à la quatrième place du championnat constructeurs, sans la moindre victoire – une première depuis 2021.
Ce contexte a transformé l’arrivée tant attendue de Hamilton en véritable désillusion. Ferrari fonde désormais tous ses espoirs sur la révolution réglementaire de 2026 pour revenir au sommet et mettre fin à 18 ans de disette mondiale.
L’année à venir s’annonce comme une année de vérité, autant pour l’écurie que pour l’avenir de ses deux pilotes vedettes. Si Ferrari échoue une nouvelle fois, les conséquences pourraient être profondes et durables... y compris pour Frédéric Vasseur, qui pourrait être le premier à "sauter" en cas de nouvel échec.