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Les patrons n’envisagent pas de domination d’un motoriste en 2026

Le scénario redouté de 2014 ne devrait pas se reproduire

Par Emmanuel Touzot - 4 octobre 2025 - 13:15
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Malgré l’arrivée d’une nouvelle génération de moteurs en 2026, les dirigeants d’équipes ne sont pas inquiets de voir des écarts trop importants entre les motoristes et les équipes. Andy Cowell, directeur d’Aston Martin F1 et ancien leader du projet moteur de Mercedes, se montre optimiste.

"Je n’ai aucun souci à avoir de ce point de vue. C’est simplement la compétition naturelle quand tout est réinitialisé. L’industrie a déjà montré que quand il y a un écart, il se réduit rapidement, cela fait partie du sport" note Cowell.

Il s’attend en effet à voir des facteurs de performance partagés entre les concurrents, ce qui pourrait niveler le peloton : "Je suis sûr qu’on verra une équipe qui sortira avec le meilleur package aérodynamique, un fabricant de blocs propulseurs qui proposera le meilleur moteur."

"Les pneus sont nouveaux aussi, donc il faudra comprendre les pneus, le déploiement d’énergie dont nous avons déjà parlé, une équipe sera la meilleure sur ce point. Et il est peu probable qu’une seule équipe excelle sur tous les éléments individuels. Donc ça va s’équilibrer, je pense."

Le motoriste d’Aston Martin sera Honda, qui n’aura qu’un seul client, mais cela n’inquiète pas le patron de l’équipe de Silverstone, même si Mercedes fournira par exemple quatre teams : "Je pense qu’il y a toujours un équilibre. Si vous avez plus d’équipes, vous accumulez plus de kilométrage sur piste."

"Mais si vous avez moins d’équipes, vous pouvez profiter du fait que vous passez plus de temps en phase de développement avant de passer en production, donc vous avez plus de marge de manœuvre dans le développement."

"Je pense que ce sera plus une question de souci du détail que de nombre d’équipes. Le test à Barcelone, trois jours de roulage. Est‑ce que nous allons tous faire 800 kilomètres chaque jour comme à Bahreïn il y a dix mois ? Non. On va mettre toutes les pièces ensemble et s’assurer que tout fonctionne."

"La voiture fera le tour du circuit et reviendra par elle-même. Ce sera ce genre de frisson de la phase de développement, exactement comme c’était à Jerez en 2014 quand nous avons tous déployé la première fois."

"Et les voitures roulaient à 9h du matin en 2014 et faisaient beaucoup de tours. C’est ça, la chose remarquable dans cette industrie. Il y a des ingénieurs incroyables, une chaîne d’approvisionnement forte, des équipes opérationnelles impressionnantes, et tout le monde pousse fort pour faire le meilleur dans son domaine."

Steve Nielsen, patron d’Alpine (photo en bas), se montre également rassurant quant aux écarts en début de saison 2026, mais surtout sur leur convergence : "À titre personnel, je pense que quand il y a de grands changements réglementaires, cela va écarter le peloton. Les gens vont converger vers les mêmes solutions très rapidement, ça va se resserrer."

"Si je pouvais changer quelque chose, ce serait que nous devrions réfléchir attentivement avant de changer à nouveau, parce qu’on obtient souvent les meilleures courses à la fin d’un cycle réglementaire."

"Je pense simplement qu’il faudrait conserver cela la prochaine fois qu’on y arrive et peut‑être ne pas être si rapides à modifier les règlements. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas fan des nouvelles voitures, mais quand nous arriverons finalement à un bon niveau de course, ce que nous ferons rapidement, restons comme cela un moment."

James Vowles (photo en haut), le directeur de Williams, est lui aussi optimiste quant au fait qu’il n’y aura pas une équipe ou un motoriste dominant durant toute la saison 2026, et il est convaincu qu’il n’y aura pas de comparaison avec l’arrivée des moteurs hybrides en 2014.

"Je ne crois pas du tout qu’il y aura les écarts de 2014. Je pense que ce sera beaucoup plus serré que cela, juste pour rassurer les gens. Mais au‑delà de ça, nous avons déjà un dialogue ouvert maintenant à ce stade du ’et si ?’ Et si un fabricant de moteur est en avance ou en retard ?" interroge Vowles, montrant que cette hypothèse est toutefois anticipée.

Avec des moteurs qui pourront déployer davantage d’énergie électrique, Vowles révèle en revanche qu’il y aura des nouveautés en matière de dépassements, et notamment le fait qu’il ne se feront pas forcément aux endroits auxquels on est habitués à les voir.

"On réservera probablement le déploiement d’énergie où les dépassements seront les plus susceptibles de se produire. Dans le tunnel de Monaco, je pense qu’il est peu probable de voir une différence de vitesse."

"Mais je pense que l’on s’éloignera par exemple à Spa, où le point typique de dépassement est au virage 5. C’est l’une des zones principales, mais en fait, cela ouvre la porte à quelques autres zones sur le circuit. C’est probablement la bonne façon de l’expliquer."

Et Andy Cowell de confirmer qu’il envisage des nouveautés dans la manière d’aborder la compétition sur les circuits du calendrier : "Je pense qu’il y aura quelques surprises."

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