Promis à un week-end à plus de 300 km/h dans les rues de Djeddah pour le Grand Prix d’Arabie saoudite, qui aurait dû avoir lieu aujourd’hui, Arvid Lindblad a finalement vécu une parenthèse inattendue. Après seulement trois courses de ses débuts en Formule 1, le plus jeune pilote britannique du plateau a dû composer avec une pause forcée, conséquence des annulations des manches de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du conflit au Moyen-Orient.
À 18 ans, le pilote Racing Bulls a mis ce temps à profit pour prendre du recul et souffler un peu. Entre moments passés avec ses amis et découverte du skateboard, Lindblad en a aussi profité pour analyser ses débuts dans l’élite.
Car ceux-ci ont été prometteurs. Appelé à débuter lors du Grand Prix d’Australie à Melbourne, il a immédiatement marqué des points en terminant huitième, avant d’enchaîner avec les manches en Chine et au Japon. Une entrée en matière solide, mais encore difficile à réaliser pleinement pour l’intéressé.
"Je ne pense pas que ça ait complètement fait son chemin," confie-t-il à la BBC. "C’est quelque chose pour lequel j’ai travaillé toute ma vie. Donc le fait que ce soit devenu réalité est extrêmement spécial, vraiment génial."
Malgré cette pause imprévue, l’envie de retrouver la compétition reste intacte, avec déjà en ligne de mire la reprise à Miami.
"Ce que j’attends le plus, c’est de remonter dans la voiture à Miami. J’ai apprécié la pause, mais la course est ma passion. C’est probablement ce qui me rend le plus heureux."
Au-delà de la piste, Lindblad incarne également une identité multiculturelle, visible jusque sur son casque, orné de trois drapeaux : britannique, suédois et indien. Né et élevé à Virginia Water, dans le Surrey, il revendique cet héritage familial varié.
"J’ai vraiment grandi entouré de ces trois cultures. Elles ont façonné la personne et le pilote que je suis aujourd’hui."
S’il lui faudra patienter encore quelques mois avant de disputer son premier Grand Prix à domicile en Grande-Bretagne, sur le circuit de Silverstone, l’émotion est déjà palpable.
"Toute ma famille sera là. Courir à domicile, il n’y a pas vraiment de sensation comparable. Ce sera vraiment spécial."
Un autre lieu lui tient particulièrement à cœur, même s’il n’y courra pas cette saison : l’Inde. Le Buddh International Circuit, qui accueillait la F1 jusqu’en 2013, reste absent du calendrier après un différend fiscal avec les autorités locales.
Lindblad, qui s’est rendu à Delhi avec son équipe durant l’intersaison, espère un retour futur.
"Je cours sous le drapeau britannique, donc avoir une course à domicile, c’est déjà génial. Mais s’il y en avait une deuxième, ce serait vraiment spécial aussi."
"Je ne connais pas tous les détails ni à quel point c’est réaliste, mais cela compterait beaucoup pour moi."
Malgré les déclarations récentes d’un ministre indien évoquant un retour dès l’an prochain, les dirigeants de la F1 ont rapidement démenti, assurant qu’aucune course n’était prévue en 2027.
Encore en phase de découverte, Lindblad n’a même pas encore vécu un passage désormais incontournable pour les pilotes : son apparition dans la série Drive to Survive. Une étape qu’il attend avec impatience.
"Drive to Survive a commencé quand j’avais 10 ans, au début de mon parcours en karting," raconte-t-il. "J’ai regardé énormément d’extraits, donc pouvoir m’asseoir dans ce fauteuil des interviews sera vraiment cool à un moment donné."
Dans le paddock, l’intégration se passe bien, notamment aux côtés de son coéquipier Liam Lawson.
"L’ambiance est très bonne dans le garage," assure-t-il. Mais c’est avec Max Verstappen qu’il a particulièrement noué des liens.
"Son parcours vers la F1 est assez similaire au mien : nous sommes arrivés jeunes et avons gravi les échelons rapidement. Il a été vraiment précieux si j’avais besoin de conseils ou de poser une question."
Enfin, loin des circuits, le Britannique s’est découvert une nouvelle passion pendant cette pause.
"Je suis maintenant assez à l’aise sur la planche, je peux aller sur les rampes. Je ne monte pas encore complètement, mais je me débrouille plutôt bien," sourit-il.
"Je me suis dit que si d’ici la fin de l’année je pouvais apprendre à faire un kickflip, ce serait vraiment cool."