Le Dr Helmut Marko n’a pas mâché ses mots alors que le débat autour de la réglementation actuelle de la Formule 1 continue de s’intensifier, profitant de la pause pour s’installer dans les médias.
L’Autrichien appelle la FIA à intervenir rapidement pour rééquilibrer les règles, en réduisant notamment la dépendance aux systèmes hybrides au profit du moteur thermique.
Cette prise de position intervient alors que Max Verstappen exprime de plus en plus ouvertement son malaise face à l’évolution de la discipline, au point de s’interroger sur la suite de sa carrière en Formule 1.
Le quadruple champion du monde pointe en particulier du doigt l’importance croissante de la gestion de l’énergie électrique. À ses yeux, l’équilibre souhaité entre batterie et moteur thermique entraine trop de gestion et ne procure donc plus les sensations attendues au volant, ce qui nuit directement à son plaisir de pilotage.
Une frustration accentuée par les difficultés actuelles de Red Bull. La RB22 s’est révélée délicate à exploiter, notamment sur le plan du châssis, rendant la performance difficile à extraire de manière constante. Après trois manches, Verstappen n’a toujours pas intégré le top 5 et pointe seulement au neuvième rang du championnat pilotes.
Malgré ce contexte sportif compliqué, le Néerlandais assure que ses interrogations ne se limitent pas aux performances de son équipe. Il a récemment confié vouloir prendre le temps de réfléchir à son avenir dans les prochaines semaines, évoquant également les sacrifices personnels qu’impose la discipline, entre déplacements constants et éloignement familial.
Pour Marko, qui a quitté Red Bull à la fin de la saison dernière, le problème est plus profond et touche à la direction même prise par la Formule 1.
"Du côté du châssis, le déficit est assez important," a-t-il déclaré au Kleine Zeitung. "Mais Red Bull a une tradition de renverser ce genre de situation. C’est simplement devenu trop compliqué, et le logiciel moteur joue un rôle excessivement dominant."
Au cœur de ses préoccupations, il n’y a pas que son ancienne équipe : la complexité grandissante des groupes propulseurs hybrides, où les systèmes de récupération d’énergie et la gestion de la batterie sont devenus déterminants.
"Est-ce que cela peut être corrigé en une seule saison ? Je ne sais pas," poursuit-il. "Mais quelque chose doit être fait, et l’aspect pilotage doit revenir au premier plan."
Un constat partagé, selon lui, par une partie significative du plateau. "L’ambiance parmi les pilotes est négative. Des ajustements doivent être faits maintenant, et j’espère que la FIA fera tout son possible pour réduire le rôle de la batterie et remettre davantage l’accent sur le moteur thermique."
Dans l’esprit de Marko, un tel retour à des fondamentaux plus simples permettrait non seulement d’améliorer le spectacle en piste, mais aussi de redonner aux pilotes un rôle central, plutôt que de laisser les logiciels et la gestion énergétique dicter les performances.
Enfin, l’Autrichien glisse une remarque plus inattendue, en évoquant un possible avantage indirect de la situation actuelle pour la F1 : "Dans ce contexte, les deux courses annulées ne sont pas une si mauvaise chose. Elle peut prendre le temps de réfléchir et agir."