Max Verstappen a décroché au Qatar la 70e victoire de sa carrière, et sans doute l’une des plus importantes. Ce succès inattendu relance totalement la lutte pour le titre et garantit à la Formule 1 son premier dénouement à plus de deux pilotes depuis 2010, une rareté absolue dans l’histoire du championnat.
Grâce à ce résultat, Verstappen se présentera à la finale d’Abu Dhabi ce week-end avec une véritable chance d’être sacré champion du monde, même si elle reste plus faible que celle de Lando Norris. Il rejoint même ses deux rivaux, Norris et Oscar Piastri, au nombre de victoires cette saison : sept chacun, un signe supplémentaire d’une campagne 2025 d’une densité exceptionnelle.
Sur le plan comptable, Norris aborde le dernier rendez-vous en tête avec 408 points, devant Verstappen (396) et Piastri (392). Un avantage qui paraît confortable… mais que l’histoire invite à relativiser.
La statistique qui inquiète Norris ?
Dans les 11 précédents championnats joués entre trois pilotes, le leader avant la finale n’a remporté le titre que trois fois. Une anomalie statistique frappante, renforcée par un fait encore plus marquant : aucun pilote dans la situation de Norris n’a été titré depuis 50 ans.
La rareté même de ces scénarios explique ce vide historique, mais la tendance est claire : en Formule 1, une bataille à trois change tout. Là où un duel permet au leader de concentrer ses efforts sur un seul adversaire, une lutte triangulaire crée des points aveugles stratégiques, des dilemmes tactiques et des risques multipliés.
Les exemples de l’histoire le confirment :
Dans ce tableau, leader, deuxième, troisième… aucun statut ne protège vraiment, mais celui qui mène aborde paradoxalement la situation avec un handicap psychologique : l’obligation de surveiller deux adversaires au lieu d’un.
Des précédents récentes en guise d’avertissement pour McLaren
On a déjà évoqué 2007, avec Kimi Räikkönen qui coiffe les deux pilotes McLaren (Hamilton et Alonso) sur le fil pour le titre.
L’exemple le plus parlant reste celui de Fernando Alonso en 2010, piégé par une stratégie trop focalisée sur Mark Webber, laissant Sebastian Vettel filer vers le titre.
Un épisode que n’a certainement pas oublié un certain Andrea Stella… aujourd’hui patron de McLaren, et ingénieur de course d’Alonso à l’époque.
Cette année, Stella se retrouve de nouveau au cœur d’un duel tactique d’une rare complexité, avec deux McLaren engagées dans la lutte finale, mais aussi un Verstappen prêt à capitaliser sur la moindre erreur.
Trois pilotes, un seul titre : la finale s’annonce explosive.