Will Joseph est l’ingénieur de course de Lando Norris, et il est son seul contact avec l’extérieur quand le pilote McLaren F1 est en course. Il est son lien avec tous les ingénieurs et c’est celui qui accompagne le pilote britannique depuis ses débuts en Formule 1.
On l’a entendu pleurer après le passage de Norris sur la ligne d’arrivée et dans son interview d’après-course, il était aux anges de voir son pilote réussir à remporter le titre mondial des pilotes pour la première fois de sa carrière.
"On l’a fait ! On est toujours sur le qui-vive, au cas où" déclarait-il après l’arrivée, expliquant avoir connu un week-end stressant. "Je n’ai pas beaucoup dormi la veille. On a beaucoup parlé de la course, de la façon de la gérer et de nos objectifs."
"On était bien préparés, donc on est restés assez calmes pendant toute la course. On s’inquiète toujours pour les choses qui pourraient arriver et sur lesquelles on n’a aucun contrôle, mais ça ne sert à rien de s’inquiéter de ce qu’on ne peut pas contrôler."
Beaucoup d’observateurs imaginaient voir une course d’attente et de ralentissement de la part de Max Verstappen pour que Norris et Oscar Piastri soient vulnérables face à la concurrence, mais il n’en a rien été, et Will Joseph explique pourquoi.
"Je pense qu’avoir Oscar devant Lando ne leur a pas laissé vraiment de choix. C’étaient deux voitures à nous contre une à eux donc nous étions en contrôle, et nous avions bien couvert nos arrières."
Le premier relais a vu Charles Leclerc rester très proche de Norris, qui n’a jamais paniqué. Joseph admet que les ingénieurs de McLaren étaient bien plus inquiets que leur pilote.
"Lando semblait plus à l’aise qu’on l’était, et à un moment on lui a dit d’accélérer et d’utiliser son rythme pour s’éloigner. Mais nous ne voulions pas pousser trop sur les pneus, on ne voulait pas être les premiers à rentrer et pouvoir contrôler les autres, donc ça impliquait de gérer les pneus, et Lando l’a parfaitement réussi."
Le fait que Piastri puisse passer devant Norris au départ pour mettre la pression sur Verstappen était attendu : "Je ne dirais pas que c’était totalement planifié, mais on avait étudié ce qui pouvait se passer en termes d’opportunité. Et quand c’est arrivé, on a légèrement changé de plan."
Interrogé pour savoir comment il gère les émotions de son pilote, le Britannique reconnait que ce n’est pas simple : "Je fais des calculs, j’ai un diplôme en ingénierie, je peux régler une voiture et travailler avec les ingénieurs, et c’est ce pour quoi je suis bon."
"Je ne suis pas très bon pour gérer la psychologie et ce rapport avec le pilote est le plus difficile pour un ingénieur. Mais on travaille sur cela, on a une relation très proche, on se fait confiance et l’on n’a pas besoin de tout se dire car on se fait confiance, et ça fonctionne."
Lando Norris a fait ses débuts en Formule 1 avec McLaren, et Will Joseph était déjà son ingénieur. Il se souvient d’un plan de route qui s’étalait sur plusieurs années et qui devait permettre au pilote de progresser rapidement... mais qui a vite été dépassé par Norris.
"C’est incroyable, on se rappelait qu’avant son premier test, avant qu’il roule pour la première fois, on avait fait un document sur l’approche à avoir avec lui, ce qu’on voulait voir de lui, on avait des choses à cocher."
"Et au fil des années, on les cochait, on notait certaines choses sur lesquelles il y avait du travail, jusqu’au moment où Lando a été demandeur et nous a menés. La situation était inversée, et maintenant il nous pousse, on se pousse ensemble et il est de plus en plus fort."
"Il y a tellement de personnes impliquées dans le succès de Lando et dans l’obtention de ses meilleurs résultats. À tous ceux qui m’écoutent et qui ont aidé Lando, vous vous reconnaîtrez, un immense merci à tous, membres de l’équipe et personnes extérieures à l’équipe ; votre contribution est vraiment appréciée."
"On a remporté le championnat constructeurs à Singapour et on écrit encore l’histoire avec Lando, et je suis heureux d’en faire partie. Il y a beaucoup de gens au sein de McLaren et en dehors qui ont permis cela et il serait injuste pour moi de m’accaparer cette réussite."