McLaren s’apprête à franchir un cap important dans sa saison 2026. L’écurie britannique introduira en effet une version profondément remaniée de sa monoplace à l’occasion des manches nord-américaines, à commencer par le Grand Prix de Miami, avec l’objectif clair de réduire l’écart face à Mercedes.
Dans un contexte de nouvelles règles techniques encore jeunes, les équipes disposent d’une certaine latitude pour accélérer leur développement. La pause de cinq semaines entre deux courses a également offert un temps précieux pour travailler en profondeur sur les évolutions. Chez McLaren, cela s’est traduit par un projet ambitieux de refonte aérodynamique complète.
Le directeur de l’équipe, Andrea Stella, confirme cette approche ce soir lors d’une interview donnée depuis l’usine à Woking.
"Dans notre intention, il y avait toujours l’idée de proposer une voiture complètement nouvelle, en particulier du point de vue des évolutions aérodynamiques, pour les courses nord-américaines. Nous avons donc pu respecter ce plan. Évidemment, le fait que le calendrier ait été modifié a un peu aidé, comme je suis sûr que cela a aidé toutes les autres équipes, qui ont pu travailler de manière plus fluide sur les évolutions plutôt que d’être absorbées par les courses."
Cette transformation sera visible sur plusieurs épreuves.
"Globalement, entre Miami et le Canada, nous verrons une MCL40 entièrement nouvelle," poursuit Stella. "Encore une fois, je tiens à souligner que c’est ce à quoi je m’attends également de la part de la plupart de nos concurrents. Donc cela ne se traduira pas nécessairement par un bouleversement de la hiérarchie : ce sera surtout une vérification de qui aura réussi à ajouter le plus de performance dans le même laps de temps."
"Nous avons aussi de la performance à récupérer si l’on regarde Mercedes, et dans une certaine mesure Ferrari également. Mais nous sommes assez satisfaits du développement que nous avons pu mener en coulisses. Nous espérons donc voir une MCL40 légèrement plus compétitive à Miami puis au Canada, surtout si l’on considère que la dernière course au Japon était déjà d’un niveau correct en termes de compétitivité. Nous attendons donc les prochaines courses avec impatience."
L’écurie de Woking n’en est pas à son premier redressement spectaculaire. En 2023, elle avait déjà réussi un retour en force grâce à un programme agressif d’évolutions en cours de saison.
"Chez McLaren, nous sommes assez fiers en interne d’avoir réussi à redresser la situation dans un contexte de continuité réglementaire," rappelle Stella. "Nous avions moins de savoir-faire au départ, nous devions générer de la propriété intellectuelle, trouver des solutions pour gagner en performance et en compétitivité, et depuis 2023, nous y sommes parvenus. C’est quelque chose que nous voulions absolument concrétiser en termes de réussite et consolider."
"En même temps, même si nous aurions aimé continuer avec les mêmes règles parce que nous partions d’une position compétitive, nous voulions aussi nous tester. Nous voulions évaluer notre niveau de maturité, notre capacité à générer de nouveaux savoir-faire lorsqu’il y a un changement, une remise à zéro des règles."
"Même si c’est légèrement inconfortable, c’est en réalité un défi que nous acceptons volontiers. C’est un défi qui nous permettra de mesurer où nous en sommes réellement en tant qu’équipe."
Le début de saison n’a pas été exempt de difficultés, mais celles-ci sont perçues comme une opportunité d’apprentissage selon Stella.
"Je dois dire que même certains des défis rencontrés en début de saison, avec un tableau un peu mitigé, rendent ce test global encore plus exigeant, mais aussi plus intéressant."
"Nous apprécions ce défi et nous avons hâte de montrer en piste ce que nous avons été capables de produire à l’usine au cours du dernier mois, et surtout des deux derniers mois. Je pense qu’ils ont été très positifs en termes de développement de la voiture. Nous espérons voir cela à Miami, au Canada et lors des courses suivantes."
Enfin, McLaren estime avoir largement réduit son déficit initial face à Mercedes sur le plan de l’exploitation de l’unité de puissance, grâce à une collaboration étroite avec Mercedes High Performance Powertrains.
"En termes de travail avec HPP, et même dans le développement des outils de simulation en commun, nous avons fait un pas en avant significatif par rapport à notre situation en Australie," explique Stella. "Je pense qu’en tant qu’équipe, nous sommes désormais beaucoup mieux préparés."
"En début de saison, un déficit pouvait exister en raison de la nature même de notre statut d’équipe cliente, dans un contexte où la mise au point était très poussée, notamment du point de vue de l’unité de puissance. C’était acceptable et nous étions prêts à l’accepter, et nous l’avons géré de manière très constructive avec HPP. "
"Mais désormais, plus tard dans la saison, je pense que nous avons comblé cet écart et que nous disposons de tous les outils nécessaires pour tirer le maximum de l’unité de puissance."