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’Mon monde s’est effondré’ : l’accident qui a changé la saison d’Hadjar

Trop exigeant avec lui-même, les erreurs d’un rookie en F1

Par Franck Drui - 13 janvier 2026 - 13:49
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Pour sa première saison complète en Formule 1 en 2025, Isack Hadjar a découvert l’exigence extrême du plus haut niveau, tant sur le plan technique que mental. Le pilote français, engagé chez Racing Bulls, s’est illustré aux côtés de Yuki Tsunoda puis de Liam Lawson, au point de convaincre Red Bull de lui offrir une promotion au sein de l’équipe mère pour la saison 2026.

Mais derrière les performances, Hadjar reconnaît aujourd’hui que son apprentissage est aussi passé par une remise en question personnelle. Très expressif à la radio et souvent animé dans son cockpit, le Français admet avoir parfois placé la barre trop haut, notamment lors des séances de qualifications.

"S’il y a une chose que j’ai remarquée en 2025, c’est que mes attentes et ce que je voulais produire étaient parfois trop élevées par rapport aux capacités que j’ai aujourd’hui," a reconnu Hadjar pour sa première apparition dans le podcast Talking Bull de Red Bull Racing.

"En qualifications, je suis toujours énervé parce que je n’ai pas fait le tour parfait. Je n’ai pas maximisé chaque virage, chaque freinage. Il manque toujours quelque chose."

Avec le recul, le Français estime que cette exigence excessive a parfois joué contre lui, générant une pression inutile lors de sa saison de rookie.

"En même temps, c’était juste ma première année. J’ai peut-être été trop dur avec moi-même et ça m’a parfois conduit à des erreurs, parce que je me mettais énormément de pression pour être au niveau que je voulais atteindre. Et cette pression mène à des erreurs."

Le moment le plus difficile de sa saison est survenu dès l’ouverture du championnat, lors du Grand Prix d’Australie. Hadjar a en effet vu sa première course en F1 s’achever avant même le départ, après un accident sur le tour de formation à Melbourne. Un épisode douloureux, qu’il considère aujourd’hui comme fondateur.

"Ce jour-là, mon monde s’est effondré. Dans la voiture, l’émotion était à son comble. Mais dans mon sport, on ne dispute pas une course tous les six mois, on a la possibilité de se rattraper cinq jours plus tard. Et c’est là que j’ai vu ma chance."

"Je me suis dit : ’OK, je vais passer cinq jours difficiles à ruminer cette erreur, mais je sais que je vais remonter dans la voiture et montrer à tout le monde ce dont je suis capable’."

Et à cette période de l’année, j’avais réalisé mes meilleures qualifications en Chine. Je me suis relevé très vite."

"Peut-être que j’aurais marqué des points à Melbourne et ensuite enchaîné sur une bonne saison. Mais je crois que tout arrive pour une raison, et on avance. Ça fait partie de mon histoire. Mon premier départ en F1, je n’y ai pas pris part, ce qui est encore frustrant, mais c’est comme ça."

"Je sais que j’ai une grande capacité à me relever, mais ça a quand même été un gros coup derrière la tête. Et je l’ai très, très bien géré ; ça a renforcé cette conviction que j’ai en moi."

Dès la troisième manche de la saison au Japon, il a décroché ses premiers points en terminant huitième à Suzuka.

"Vous savez, ce ne sont même pas seulement les points, c’est surtout le fait que ce soit un circuit mythique. J’ai toujours rêvé de piloter là-bas en F1. J’ai fait de la simulation, je regarde les courses depuis tout petit."

"J’adore le Japon pour sa gastronomie, sa culture, ses mangas, tout. J’ai donc passé une excellente semaine, et en plus, j’ai marqué mes premiers points en Formule 1. Je n’aurais pas pu rêver d’un meilleur endroit pour marquer mes premiers points. Je l’ai fait !"

Désormais attendu au tournant chez Red Bull Racing pour la saison 2026, le Français aborde ce cap majeur avec une étonnante retenue. Malgré l’opportunité exceptionnelle qui s’offre à lui, Hadjar refuse de considérer cette promotion comme une finalité.

"Malheureusement, signer un contrat n’est pas ce que je considère comme une réussite. Une réussite, ce sera de répondre aux attentes chez Red Bull et de faire le travail. Là, ce sera un véritable accomplissement."

Hadjar a en effet connu des moments de doute, comme lors de son passage en Formule 2 entre 2023 et 2024.

"Je pense que le fait d’être pilote Red Bull Racing aujourd’hui rend l’histoire encore plus belle quand je repense à ces saisons. Il y a eu des moments où l’on se dit qu’on n’y arrivera pas, où l’on commence à douter de soi, où la pression monte."

"On est à un pas de la Formule 1 et on vit sa pire saison en course. Il y a eu des moments difficiles, mais je suis extrêmement reconnaissant du soutien que j’ai reçu et de cette seconde chance."

"Quand je suis arrivé en F2, j’étais très confiant la première année, car j’avais réalisé une très bonne saison en F3, au sein d’une écurie dont je savais qu’elle n’avait pas atteint ses objectifs. Mais je me souviens avoir abordé cette dernière saison avec une pression énorme, car je me disais : ’Voilà, c’est le moment. C’est ma dernière chance. Si ça ne marche pas cette année, je devrai me faire à l’idée que la F1, c’est fini’."

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