La F1 se prépare à sa nouvelle réglementation pour l’année prochaine, et celle-ci s’avère être un défi pour ses motoristes. Alors que la F1 continuera à utiliser des V6 hybrides dans sa nouvelle ère, le changement viendra du rapport de puissance entre thermique et électrique.
Dans une interview accordée à Auto Motor und Sport, Hywel Thomas, responsable moteur de Mercedes, explique comment les changements modifient la complexité de la manière dont la puissance peut être régénérée.
"Au début des longues lignes droites, toute la puissance du système doit être disponible" explique-t-il. "Dans les autres parties du circuit, il faut récupérer autant que possible."
"Normalement, cela devrait se faire par le biais du freinage. Cependant, si l’on compare la longueur des phases de freinage avec les sections à plein régime, cela n’est malheureusement pas suffisant. Nous avons donc dû inventer des choses."
"Le moteur se désaccouple de la boîte de vitesses et passe en mode pleine charge au freinage et dans les virages pour produire de l’énergie supplémentaire, que nous injectons directement dans la batterie. Le moteur joue ainsi le rôle d’un générateur dans certaines parties d’un tour."
Après le tollé provoqué en 2014 par le manque de bruit des V6, augmenté depuis, Thomas se veut rassurant quant à la sonorité des moteurs de Formule 1 : "Le son ne changera que légèrement. Ce n’est pas nécessairement dû au retrait du MGU-H, mais plutôt aux changements apportés au turbo."
"La contre-pression est réduite parce que le turbo n’a plus à entraîner de moteur électrique. Cela se traduit par un peu plus de bruit, plus joli. D’autre part, seuls les trois quarts de la quantité de carburant entrant dans le moteur sont disponibles. Sur le banc d’essai, nous avons constaté que le volume sonore était le même qu’auparavant."
"Enfin, comme expliqué, normalement, les moteurs tournent à bas régime au freinage et dans les virages. À l’avenir, le régime, et donc le niveau sonore, augmenteront sensiblement, même si les voitures n’accélèrent pas."
Les premiers moteurs Mercedes 2026, destinés à McLaren, Williams, Alpine et à l’équipe d’usine, commenceront "bientôt leur production" à Brixworth.