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Norris l’admet : je dois me détendre, je me mets trop la pression

Une approche mentale devenue une faiblesse ?

Par Alexandre Combralier - 29 avril 2025 - 13:24
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Trop friable mentalement ? Trop peu serein face à Max Verstappen comme face à son coéquipier Oscar Piastri ? Pas un potentiel champion du monde en puissance ?

Le début de saison de Lando Norris chez McLaren F1, et les multiples erreurs qu’il commet notamment en qualifications, amplifient les doutes et font courir des bruits négatifs sur le Britannique dans le paddock.

Mais comme il l’a assuré à la FOM, le pilote McLaren F1 assure avoir changé de dimension l’an dernier, lorsqu’il a été le rival le plus sérieux (sans être si dangereux) de Max Verstappen pour le titre mondial.

« Pendant la seconde moitié de l’année dernière, j’ai le plus appris sur le fait d’être de retour aux avant-postes, de performer sous pression et de courir contre les meilleurs du monde » a ainsi commenté Lando Norris à propos de sa propre progression.

« Nous apprenons beaucoup plus là que lorsque nous sommes à l’arrière à faire autre chose. »

Mais reconnaît-il avoir commis des erreurs l’an dernier ? Par exemple à Interlagos, sous la pluie ?

« Aurais-je pu prendre de meilleures décisions ? Oui. L’ai-je fait ? Non. Max méritait de le gagner, ce titre et moi non. »

Avec toute cette expérience, Lando Norris se dit-il prêt aujourd’hui à lutter contre Max Verstappen, et désormais Oscar Piastri, pour le titre mondial ? Se sent-il prêt notamment mentalement ?

« Au final, j’étais en quelque sorte content d’avoir pu expérimenter toutes ces choses et d’apprendre de toutes ces choses, car cela m’a définitivement aidé à devenir un meilleur pilote maintenant, et je suis beaucoup plus prêt maintenant. »

« Tout le monde est différent. Parfois, les gens sont plus naturels dans ces choses, et certaines personnes doivent apprendre davantage et passer plus de temps à apprendre ces choses. »

« Pour moi, c’était une bonne expérience d’apprentissage. Certaines plus spécifiquement avec Max que d’autres, mais beaucoup de situations différentes. Même si c’était ma sixième année, c’était quand même une très grande courbe d’apprentissage. C’était une très bonne saison pour assimiler toutes ces choses avant l’hiver. »

« J’ai réfléchi à ce qui était bon, ce qui n’était pas bon, les forces, les faiblesses, et comment les assembler pour faire de vous un pilote plus complet. Je pense que c’était crucial en termes d’apprentissage et de compréhension de moi-même, et de ce sur quoi je dois travailler. »

Les difficultés sur le plan mental de Lando Norris seraient-elles liées quelque peu à sa personnalité ? Car même si le Britannique est un fêtard, au point de se blesser sur un bateau au cours d’une party électro avec son ami le DJ Martin Garrix, il assure être un timide au fond de lui.

« Je pense que c’est parce que je suis très… autant vous me voyez rire devant la caméra et tout ça, autant je suis toujours une personne très réservée. »

« J’aime rester dans mon coin, je suis très calme 95% du temps, et j’aime faire mes propres trucs et penser dans ma propre tête. Je suis un introverti – massivement. »

« À cause de cette introversion, j’ai juste grandi en étant toujours très conscient de tout. »

Lando Norris, à l’image de Charles Leclerc, est un pilote aussi très auto-critique : il n’hésite pas à se traiter de stupide ou d’idiot, même quand sa faute ne semble pas énorme. Cette qualité ne devient-elle pas un défaut lorsqu’il s’agit de résister à la pression ?

« Je suis sûr que si vous parcourez toutes mes interviews… parfois, l’évidence est peut-être que la voiture n’est pas assez rapide, c’est juste un fait sous-jacent de la F1 parfois, mais je ne viendrais jamais dire : ’La voiture était nulle aujourd’hui, et j’ai piloté de manière exceptionnelle’. Vous n’entendrez jamais ça de ma part. »

« Beaucoup de cela vient du fait d’avoir grandi, de réfléchir, et d’être très réservé et introverti. J’ai toujours parlé à moi-même, et je ne me suis jamais blâmé que moi-même. »

« Aussi, j’ai eu la chance d’avoir toujours été dans de très bonnes équipes, et j’ai toujours eu de très bons coéquipiers en grandissant, ce qui fait que je ne pouvais presque jamais blâmer mon équipement ou les gens autour de moi. Ça n’a jamais été moi. »

« Parfois j’ai des excuses pour des choses, mais je ne suis jamais fier d’en utiliser aucune, et 95% du temps je pense que je peux faire un meilleur travail, peu importe ce que c’était. Peut-être que la voiture n’était pas assez rapide, mais je pensais : ’J’aurais quand même pu faire ceci mieux, j’aurais pu faire cela mieux’. »

« J’ai toujours été très dur avec moi-même, parce que je n’ai jamais été dur avec personne d’autre… Je n’ai jamais été dur avec mon équipe, mes mécaniciens, la voiture, les réglages. »

« J’ai toujours plus travaillé sur moi-même que je n’ai jamais blâmé personne, disons, et c’est juste ce qui a fait de moi la personne que je suis. »

« Je pense qu’il y a des avantages et des inconvénients à ce genre de mentalité… Beaucoup de choses ont été bonnes, parce que ça me pousse à travailler sur moi-même, et je suis très bon pour me comprendre et comprendre pourquoi ceci était bon et cela ne l’était pas, mais il y a le côté négatif d’être parfois trop négatif envers soi-même, et de tomber en quelque sorte dans ce mauvais petit monde. »

Norris est-il trop fragile mentalement ?

Cette approche, à en croire Lando Norris, porte aujourd’hui ses fruits : le pilote McLaren F1 se dit dans la meilleure situation possible sur le plan mental, après avoir traversé, il l’admet aussi, des trous noirs l’an dernier.

« J’ai appris à utiliser cette attitude de manière positive, et surtout au cours de la dernière demi-année, année, j’ai essayé de l’optimiser et de l’utiliser pour m’améliorer – plutôt que de l’utiliser, de le reconnaître et de le laisser m’affecter de manière négative. »

« C’est plus comment pouvez-vous transformer cela en quelque chose de positif ? C’est quelque chose pour lequel je n’étais pas bon jusqu’à l’année dernière environ. »

« Dans les deux aspects de ma vie – la vie en F1 et aussi à la maison – j’ai l’impression d’être dans la meilleure position où j’aie jamais été. Je sais que je vais faire des erreurs, et je vais me décevoir, mais je suis excité et confiant de pouvoir sortir et faire du bon travail chaque week-end. »

Mais le pilote McLaren F1 finit par reconnaître qu’il ne gère pas exactement parfaitement sa situation depuis le début d’année : il attend trop de lui-même, se met trop la pression…

« Je me mets probablement un peu trop de pression en ce moment, pas à cause d’une raison particulière, et pas à cause du championnat et de toutes ces choses. »

« Je me mets juste trop de pression parce que je veux bien faire – genre je veux tellement bien faire. »

« Je veux être en pole, je veux gagner, je veux être parfait. Je pense que je dois accepter un peu plus que je ne serai pas parfait, et je fais des erreurs parce que j’essaie d’être parfait, plutôt que l’inverse. »

« J’ai juste besoin de me détendre un peu et d’avoir un peu plus confiance en ma vitesse, parce que ma vitesse en Arabie Saoudite, et ma vitesse dans chaque course cette saison, a été, je pense, la meilleure. »

Sa priorité est désormais claire : les qualifications.

« Je suis très confiant sur le fait que je peux gagner les courses si je me donne juste une meilleure chance le samedi. »

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