Lando Norris a révélé que jusqu’à l’an dernier, il n’était pas sûr d’avoir les capacités d’un champion du monde de Formule 1. Mais le pilote McLaren F1 se l’est prouvé en allant chercher le titre mondial au bout d’une saison intense et disputée.
Et maintenant qu’il l’a fait, il est convaincu qu’il peut recommencer, car cela a marqué un tournant dans la manière dont il voit ses propres performances et ses propres capacités.
"Je suis toujours très enfermé dans mes pensées et très réfléchi" raconte Norris. "Il a toujours été question de me prouver les choses à moi-même. C’est ce que j’ai toujours dû faire intérieurement."
"Puis, quand le déclic se produit et que je me rassure, c’est là que les choses vont encore mieux. J’ai gagné en confiance grâce à l’année dernière. Le simple fait de savoir que je peux le faire signifie que je sais que je peux le refaire. À 100 %."
Toujours très critique avec lui-même, il a dû se convaincre qu’il était au même niveau que ses rivaux directs, et il a eu besoin de battre Max Verstappen, Lewis Hamilton ou encore George Russell, pour comprendre qu’il était un champion potentiel.
"Il y avait des pensées que j’avais toujours, me demandant comment diable j’allais rivaliser avec ce genre de gars ?" Quand on arrive en F1, je vois Max, Lewis, Fernando et Seb [Vettel]. Et on se dit ’mince, suis-je vraiment au même niveau qu’eux ?’ Est-ce que je me suis forcé à croire que je pouvais être à leur niveau ?"
"Oui, je me suis certainement donné la connaissance et la conviction que je peux être tout aussi bon que Lewis, Max, peu importe qui, Fernando, Seb. Être le meilleur que j’aie jamais été en Formule 1. L’année dernière, quand j’ai eu cette opportunité, comme ils ont eu ces opportunités d’avoir une voiture assez rapide, alors je me le suis prouvé."
La satisfaction est aussi venue l’an dernier en se disant qu’il avait gagné le titre en dosant bien ses attentes, ses ambitions et ses réactions face à l’échec : "Il y a des traits de caractère qui font de moi ce que je suis, notamment le fait de ne jamais être satisfait tant que je ne sais pas que j’ai bien fait les choses. C’est tout simplement ma nature."
"Ne pas laisser cela avoir un impact négatif sur moi, c’est comprendre le côté sombre de cette approche ; mais tant que je le comprends, que j’en tire des leçons, je sais comment m’améliorer. Ne pas le laisser me tirer vers le bas, me mettre de mauvaise humeur et ensuite m’affecter, moi ou les gens qui m’entourent, de manière négative."
L’année dernière, cette approche a été soumise à un test crucial. Norris a lutté pendant la première moitié de la saison contre Piastri, car il manquait de sensations avec le train avant de la voiture, ce qui lui a coûté cher, particulièrement en qualifications. Mais il a renversé la situation a démontré une détermination et une maturité qui en ont fait un champion.
"Ce sera toujours un travail de longue haleine, ce n’est pas comme si je n’allais plus jamais m’énerver contre moi-même et que j’allais toujours être parfait sur ce plan. Mais c’est quelque chose sur lequel j’ai beaucoup travaillé l’année dernière. J’ai commencé à travailler beaucoup plus et, à partir des deux tiers de la saison, il y a certainement eu un changement de mentalité."
Cela s’est peut-être mieux illustré lors du Grand Prix des Pays-Bas, où sa voiture l’a lâché à sept tours de la fin alors qu’il allait terminer deuxième. Avec la victoire de Piastri, Norris comptait 34 points de retard à neuf courses de la fin. À ce moment-là, pour la plupart des observateurs, le titre semblait hors de portée.
"Gérer cela a été un point positif. Ce n’est pas comme si j’étais rentré, que j’avais jeté mon casque et crié sur l’équipe. C’était hors de mon contrôle. Je suis sûr que l’équipe était très déçue d’avoir laissé une telle chose se produire."
"Mais je n’ai pas laissé cela nous affecter, l’équipe ou moi-même, et la façon dont nous nous sommes relevés a été le facteur déterminant pour le reste de la saison. Je suppose que c’était un tournant. Je ne sais pas spécifiquement où et ce qui a changé les choses."
"Mais c’est le fait de continuer à améliorer ce que j’avais fait, de continuer à travailler avec l’équipe sur la voiture et de placer la voiture dans une meilleure fenêtre d’exploitation pour moi. Puis, quand tous ces petits détails se sont assemblés, c’est là que le déclic s’est fait et que nous avons franchi la plus grande étape."
Le Britannique assure être toujours aussi affamé, maintenant qu’il a gagné le titre mondial : "Ma motivation a toujours été de gagner un championnat et de gagner des courses. À chaque course, l’objectif est de gagner."
"Ma motivation, c’est l’équipe et les gens qui m’entourent. Cela n’a pas changé. Donc mon envie d’aller sur la piste, de bien faire et d’être performant n’a pas changé. Le bonus, c’est de gagner, et l’essentiel, c’est de rendre mon équipe heureuse, donc pour l’instant, rien ne change."
Norris se souvient encore aujourd’hui avec émotion de sa première combinaison de course, donnée par les parents bienveillants d’un autre pilote de karting lorsqu’il a débuté le sport, et de ce qu’elle représentait pour lui.
"C’était l’un de ces moments où l’on reçoit quelque chose quand on est jeune et qu’on ne veut plus jamais s’en séparer. J’ai dormi avec, même si elle sentait mauvais et qu’elle était vieille. Les bottines étaient beaucoup, beaucoup trop grandes, mais je la portais toute la journée à la maison, c’était génial."