C’était il y a un an, au Grand Prix de Miami : Lando Norris remportait sa première victoire en F1.
Rapide dans sa McLaren F1 évoluée, le Britannique avait été aussi quelque peu chanceux (la voiture de sécurité étant sortie au moment parfait pour lui, afin de contrer Max Verstappen).
Cette victoire en Floride avait sonné comme une libération pour Lando Norris, à qui cette première victoire avait longtemps échappé. Comme un déclic mental.
« Ça me met toujours le sourire aux lèvres » sourit-il encore, pour la FOM, en repensant à ce week-ends de Miami.
« La joie, le soulagement… Je suis quelqu’un qui doit en quelque sorte voir quelque chose pour y croire, vous savez ? Est-ce que je pensais pouvoir gagner une course ? Oui. Mais est-ce que j’abordais une course en croyant vraiment que j’allais gagner ? Non. »
« Donc, après en avoir remporté une, ça m’a donné un peu plus de conviction, du genre, ’Ok, je peux gagner une course en F1, et je peux battre Max’. »
« Ai-je eu un peu de chance à Miami avec la voiture de sécurité et tout ça ? Oui. Mais c’est la course. Parfois ça tourne en votre faveur, parfois non… parfois vous avez juste des courses ennuyeuses, et il faut bien se qualifier. Au final, peu importe comment [je l’ai fait], j’ai gagné une course en F1. »
Cette victoire à Miami a-t-elle vraiment servi à détendre Lando Norris, qui apparait en effet très tendu et friable depuis le début de saison ?
« Ça vous permet de vous détendre un peu plus. Ce n’est plus du genre, ’Est-ce que ce sera la bonne ? Puis-je le faire aujourd’hui ?’ c’est, ’Je l’ai fait la semaine dernière, je l’ai fait il y a quelques mois, je peux le refaire’. Ça vous donne juste un bien meilleur sentiment en arrivant aux week-ends, ou pendant les week-ends, quand ce moment pourrait se représenter. »
« Vous vous débarrassez de la petite voix qui dit : ’Ne gâche pas tout maintenant !’ Ce n’est pas le plus grand changement, mais quand cette voix surgit de temps en temps, quand vous menez peut-être brièvement la course ou que vous partez en pole, ça vous aide à vous concentrer ce petit peu plus. »
Ce jour de la victoire, Lando Norris s’est aussi rappelé du chemin parcouru avec Adam et Cisca, ses parents, qui l’ont soutenu, notamment financièrement, dans les années karting.
« J’ai eu des flashbacks du karting et de mes tout premiers jours de course… »
« Mon père nous amenait, mon frère [Oliver] et moi, sur les pistes de karting, voyageant avec nous quand nous avons commencé à participer aux courses européennes. Il est venu à 99% des courses – je pense qu’il en a manqué trois au cours des sept premières années de course ! Il vient encore beaucoup. »
« Nous avons tous été sur le chemin de la F1 ensemble. Évidemment, mon père a été celui qui a voyagé avec moi et a tout fait depuis le tout début, mais ensuite j’ai mes deux sœurs et mon frère aîné, donc ma mère a dû s’occuper d’eux beaucoup plus. »
« Ma famille était très heureuse. Ils ont beaucoup sacrifié, mes parents, et même mes sœurs… Elles ne me voyaient pas, et je ne passe pas beaucoup de temps avec mes sœurs, ou mon frère. Ils ont beaucoup fait pour m’aider et, quand j’ai pu partager ce moment avec eux, c’était un sentiment très, très agréable. »
« Mais oui, ces souvenirs… même avant de commencer le karting sur une piste, nous avions des karts à la maison, et mon kart Bambino… Je me souviens avoir mis des cônes, et il y a une vidéo sur YouTube de moi faisant des donuts sur un rectangle de bitume, quand nous avions mis du liquide vaisselle [dilué] avec de l’eau… »
« C’est juste savoir, je suppose, tout ce qui entre en jeu pour réaliser quelque chose comme ça [votre première victoire en F1] depuis le tout, tout début. Vous avez ces souvenirs étranges auxquels vous n’aviez presque jamais pu penser auparavant qui surgissent, et c’est plutôt cool. »
« Quand on pense à quel point la F1 semblait lointaine à l’époque… ce n’était même pas dans mon esprit quand j’ai commencé, j’ai commencé juste parce que j’aimais le karting. J’ai essayé et je me suis dit : ’Oh, c’est amusant’. Pas parce que je savais ce qu’était la F1, comment c’était, qu’on était payé… Je m’en fichais complètement de tout ça. »
Mais comme il le révèle, Lando Norris avait pour premier amour le MotoGP ! A-t-il jamais pu envisager une carrière sur deux roues ?
« Mon amour à ce moment-là était encore pour le MotoGP et les motos, et Valentino Rossi, et lentement sur quelques années – sept, huit, neuf, dix ans – j’ai transitionné davantage vers la F1 et les quatre roues. »
« Passer de ce point à maintenant, ou simplement atteindre l’objectif d’arriver en F1, ce sont tous de grands accomplissements. Ça a été un long voyage. »