Le directeur des monoplaces de la FIA, Nicolas Tombazis, a tenu à calmer les inquiétudes entourant l’introduction des nouveaux groupes propulseurs de Formule 1, balayant les comparaisons avec la révolution technique de 2014, qui avait vu Mercedes écraser la concurrence pendant plusieurs saisons.
La F1 s’apprête à vivre un nouveau tournant majeur sur le plan moteur, douze ans après l’arrivée des premiers V6 turbo hybrides. Les unités de puissance ont connu une évolution significative cette année, avec un rôle accru de la batterie, dont la puissance électrique sera désormais équivalente à celle du moteur thermique.
Une transformation technique d’envergure, qui a notamment permis d’attirer de nouveaux constructeurs vers la discipline - un point que Tombazis considère comme un succès fondamental de cette refonte réglementaire.
"Nous n’avons pas accès aux chiffres de performance", explique Tombazis.
"Mais nous pensons qu’il y a certaines zones où la réglementation a été un peu simplifiée afin de rendre les choses plus accessibles aux nouveaux entrants, et c’est l’un des succès de cette réglementation, puisque nous avons effectivement des nouveaux venus."
Le responsable grec rappelle à quel point ce renouvellement industriel était nécessaire pour l’avenir de la discipline.
"On oublie très facilement que sans ce changement de réglementation, nous n’aurions actuellement que deux motoristes fournissant des équipes en F1. Ce n’aurait pas été une bonne chose pour le sport. Il ne faut pas oublier que nous en avons aujourd’hui cinq, et un de plus à venir [General Motors], grâce à ces changements."
En 2014, Mercedes avait parfaitement anticipé la nouvelle ère hybride, prenant un avantage technique colossal dès les premières courses, avant de dominer la Formule 1 sur la durée. Un scénario que la FIA souhaite absolument éviter avec la prochaine génération de moteurs.
Pour cela, plusieurs garde-fous ont été intégrés au règlement, à commencer par le système ADUO, qui offrira davantage d’opportunités de développement aux motoristes en difficulté.
Autre différence majeure : la simplification des unités de puissance. Parmi les changements notables figure la suppression du très complexe MGU-H, longtemps considéré comme l’un des éléments les plus coûteux et difficiles à maîtriser.
Autant de facteurs qui rendent Tombazis confiant quant à la capacité de la F1 à éviter une hiérarchie figée dès le départ.
"L’un des critères pour éviter que certains ne partent avec un déficit énorme a été de procéder à certaines simplifications dans les règles", souligne-t-il.
"Ces simplifications, je pense, feront que les écarts de performance seront un peu plus réduits."
Le contexte technologique a également profondément évolué depuis 2014, notamment en matière de simulation.
"À l’époque, le niveau des outils de simulation était très différent. Cela a fait que certains se sont complètement trompés sur l’orientation optimale à prendre. Ils n’ont pas simplement conçu un moteur un peu moins performant sur certains points : ils étaient dans une catégorie totalement différente."
Une situation que Tombazis ne s’attend pas à revoir aujourd’hui.
"Je ne pense pas que ce sera le cas cette fois-ci. Et enfin, nous avons désormais des règlements qui s’inscrivent dans une logique de plafonnement des coûts, et qui donnent aux acteurs en difficulté davantage de temps et de possibilités pour se développer."
Le dirigeant reste toutefois réaliste quant aux écarts initiaux.
"Est-ce que nous nous attendons à ce que tout le monde soit à quelques chevaux près dès la première course ? Non, bien sûr que non. Je pense qu’il y aura des gens très bien placés, et peut-être d’autres qui auront plus de difficultés."
"Nous avons mis en place tous les ingrédients nécessaires pour qu’ils puissent revenir au niveau le plus rapidement possible."