Colton Herta n’a pas cherché à enjoliver ses débuts en Formule 2. Engagé dans un pari risqué pour atteindre la Formule 1 avec Cadillac, l’Américain a lui-même évalué son premier week-end dans la discipline à Melbourne comme un modeste "C-".
À 25 ans, Herta a fait le choix fort de quitter une carrière victorieuse en IndyCar pour se relancer dans l’antichambre de la F1. Un changement radical, dont les premières conséquences se sont fait sentir dès cette manche d’ouverture.
Lors de l’unique séance d’essais libres, le pilote américain est parti à la faute, provoquant un drapeau rouge. Une erreur coûteuse dans une discipline où le temps de roulage est limité, surtout pour les rookies, et qui l’a laissé sur la défensive pour le reste du week-end.
La course sprint n’a pas permis de redresser la situation. En difficulté avec la gestion des pneumatiques et sa position en piste, Herta a dû se contenter d’une 16e place.
La course principale a en revanche offert un aperçu plus encourageant de son potentiel. Remontant dans le peloton, il a terminé 7e dans des conditions agitées, inscrivant six points et affichant une certaine maîtrise dans le chaos.
Au classement général, il pointe ainsi au 10e rang après la première manche, un début modeste mais solide compte tenu du contexte. Malgré cela, Herta ne cache pas sa frustration.
"Ce n’est pas satisfaisant," a-t-il reconnu, s’attribuant une note de C-, reflet de ses exigences élevées et de l’ampleur de l’adaptation nécessaire.
Car le passage de l’IndyCar à la Formule 2 implique une transformation en profondeur de son pilotage.
"C’est l’ensemble. La géométrie de la voiture, la façon dont elle génère de l’appui, la manière dont elle produit la puissance… Beaucoup de choses changent dans mon style de pilotage."
Face à ces défis, Herta insiste sur une qualité essentielle pour espérer atteindre la F1.
"C’était une décision facile, parce que c’était probablement ma dernière opportunité d’arriver en F1. J’en ai été proche à plusieurs reprises, mais je pense que c’est la meilleure et la plus solide chance que j’ai eue."
"L’adaptabilité est une qualité indispensable, surtout en F1, où la voiture évolue au cours de la saison et d’une année à l’autre. Il faut pouvoir ajuster son style de pilotage."
"Il faut être comme un caméléon. Il faut être capable de changer, de s’adapter, et ne pas être perturbé par les évolutions de la voiture. C’est une qualité essentielle pour un pilote."
"Comme je l’ai dit, la géométrie, l’appui, la puissance… mon style de pilotage doit évoluer. Je prends les choses jour après jour."
Herta précise également que la Formule 2 constitue sa priorité absolue cette saison/.
"Je ferai probablement quelques EL1 avec Cadillac, mais pour moi, cette année, la F2 est mon championnat principal."
"Cela représente 95 % de mon attention. Cinq à six jours par semaine, je suis concentré sur la F2, et le sixième jour, la moitié est consacrée à la F1."
"Je dois réussir en F2, c’est ma catégorie principale cette année et là où se concentre l’essentiel de mes efforts. Ensuite, on verra."
Du côté de Cadillac, le discours reste encourageant. Le PDG de la structure, Dan Towriss, souligne les retours positifs de l’équipe Hitech, notamment sur l’état d’esprit du pilote :
"Tout le monde parle de la maturité de Colton – son éthique de travail, son approche, son adaptabilité, la rapidité avec laquelle il apprend."
L’ambassadeur du projet, Mario Andretti, a par ailleurs noté que les pilotes actuels de Cadillac, Valtteri Bottas et Sergio Pérez, semblaient encore légèrement "rouillés" en ce début de saison.
Dans ce contexte, la feuille de route de Herta est limpide : performer en Formule 2 pour crédibiliser son ambition d’accéder à la Formule 1. Un défi exigeant, dont Melbourne n’a été que le premier chapitre.