Alors que Max Verstappen réfléchit ouvertement à son avenir en F1, Red Bull sait qu’elle ne doit négliger aucune piste pour conserver son atout majeur. Entre opposition au nouveau règlement et départs en série autour de lui, le quadruple champion du monde pourrait décider de quitter l’équipe.
Mais celle-ci sait pertinemment que même si la Formule 1 ne finit pas par devenir un terrain où les voitures sont un plaisir à piloter pour des pilotes comme Verstappen, elle peut au moins offrir au Néerlandais le matériel, le personnel et le climat de confiance susceptibles de l’emporter sur les points négatifs.
"Le campus est en feu" assure Laurent Mekies, le directeur de l’équipe. "Ce n’est pas que nous aimons être dans l’inconfort, mais l’ambiance actuelle est fantastique pour tenter de redresser ce qui semble être une situation difficile à inverser."
Cela ne pourrait toutefois pas être suffisant pour conserver Verstappen, alors que Gianpiero Lambiase, son ingénieur de course, va partir. Cela fait suite à plusieurs autres départs, et la rumeur laisse penser que le Néerlandais va se détacher de Red Bull à cause de ça. Mais ce n’est pas le cas selon Mekies.
"Absolument pas. C’est ma réponse directe. Évidemment, nous parlons avec Max tous les jours, et Max connaît le sport automobile par cœur. Il vit et respire dans cette équipe. Il connaît la plupart de ces gars et il comprend très bien les dynamiques qui peuvent se produire."
"Le Max que nous voyons est un Max totalement engagé. Il veut une voiture rapide et il aide l’équipe à obtenir une voiture rapide. Il met toute son énergie là-dedans. Il est passionné par ce sport."
"Comme vous l’avez dit, il a haussé le ton lorsqu’il a estimé que des choses devaient être faites. Nous avons une étape de franchie avec les évolutions prévues pour Miami. Il y adhère. Est-ce que ce sera suffisant ? Nous avons le temps de voir ensemble si cela suffira ou non."
"Nous sommes conscients que la priorité est de lui donner une voiture avec laquelle il peut attaquer. Et cela n’a pas grand-chose à voir avec le règlement. Nous savons que nous lui avons donné, ainsi qu’à Isack (Hadjar), une voiture très difficile lors des trois premières courses. Nous devons lui fournir une monoplace avec laquelle il peut pousser de manière constante."
"Ensuite, cela ne signifie pas forcément qu’elle sera assez rapide pour gagner des places, mais cela signifie qu’il pourra commencer à apporter son ’effet Max’ et que nous pourrons commencer à construire le développement sur cette base."
"Et j’ai toute confiance, les choses ne seront peut-être pas réglées pour Miami, mais l’équipe va aller au fond de ce qui nous limite, de la même manière qu’elle l’a fait l’année dernière. Vous verrez de plus en plus de sourires sur le visage de Max."
Red Bull a tenu à souligner à Verstappen que la situation du recrutement au sein de l’équipe est différente de la perception externe d’une écurie qui se vide de son personnel, et il a été invité au rassemblement régulier des recrues de Red Bull, où tous les nouveaux embauchés du trimestre sont officiellement accueillis.
"Il était là quand nous avons accueilli les 120 personnes, et je pense qu’au cours des neuf derniers mois, nous avons embauché plus de 400 personnes. Nous surveillons très précisément les flux entrants et sortants par rapport à nos collègues des meilleures équipes."
"Notre plus grande chance est la quantité de talents que nous possédons et l’environnement constant et dynamique qui les fait progresser. C’est là que nous devons nous concentrer, et c’est là que nous avons décidé de le faire."
Mekies ne cache pas que perdre du personnel de la trempe de Lambiase n’est pas idéal, mais il affirme qu’au lieu de déplorer ce qui s’est passé, l’essentiel est de créer une équipe et une atmosphère qui attireront les meilleurs à l’avenir.
"Je suis super content pour GP. Il a une opportunité incroyable. Il est avec nous depuis 10 ans et il sera encore avec nous pour les deux prochaines années, c’est de bonne guerre. Mais le contexte global est celui d’une équipe qui continue de créer des talents. Nous avons 2000 personnes, et c’est ainsi que nous évaluons les choses."
"Nous pensons avoir les meilleurs. Donc, tout en reconnaissant que, oui, nous avons perdu du talent, nous faisons tout notre possible et plus encore pour garantir le meilleur environnement de travail, un endroit où tout le monde mourrait d’envie de venir travailler."
La RB22 manque d’appui par rapport aux trois meilleures écuries, mais son comportement a également été instable. La tenue de route de la voiture a fluctué d’une séance à l’autre, et même d’un tour à l’autre, ce qui est un des plus grands défauts de la voiture.
"Malheureusement, les premières courses ont confirmé que nous avons énormément de travail à faire. C’est du 360 degrés. Mais il est certain que du côté de l’unité de puissance également, nous pouvons voir que la concurrence a un net avantage. Nous les voyons donc clairement devant nous."
"Cela n’enlève rien au travail incroyable accompli par les gars. Mais cela ne fait que confirmer ce que nous évaluons depuis que nous avons posé la voiture au sol à Barcelone et à Bahreïn. C’est donc un point de départ fantastique, un point de départ incroyable. Mais c’est un secteur compétitif."
"Nous sommes à quelques dixièmes de seconde par tour derrière eux en termes de performance. C’est encore plus vrai en ce qui concerne la performance du châssis, pour être clair. Nous savons donc que nous avons beaucoup de travail devant nous."
Un aperçu du package de Miami pour la RB22 a été vu lors d’une journée de tournage à Silverstone, avec son propre aileron inspiré de Ferrari et une aéro revue. Mais si l’espoir subsiste que ce changement puisse rapprocher Red Bull des top teams, l’équipe ne prétend pas avoir trouvé de solution miracle.
"Nous n’avons pas tout résolu, mais il ne fait aucun doute que des progrès ont été faits pour donner quelque chose de plus constant à nos pilotes. Où cela nous place-t-il dans le classement ? C’est impossible à savoir."
"Mais en ce qui nous concerne, seuls en piste, pour ce qui est de donner un produit plus prévisible à nos pilotes, je suis confiant que nous avons progressé. Savons-nous si nous avons tout débloqué ? Non. Nous savons que nous n’avons pas encore tout résolu, mais une bonne partie."
C’est pourquoi Red Bull a validé la construction d’une toute nouvelle soufflerie à Milton Keynes. Elle doit entrer en service au milieu de l’année prochaine et pour Mekies, l’avantage de disposer enfin de cet outil ne doit pas être sous-estimé. Il espère que cet argument parlera à Verstappen sur le potentiel de Red Bull à plus long terme.
"Cela va nous placer pour la prochaine décennie dans une position très différente en termes de capacités de corrélation. Il est vrai que la concurrence a peut-être dégainé plus tôt que nous sur certains aspects, mais globalement, en termes de piliers du projet, cela nous place dans une position incroyable."