De retour en Formule 1 après une année passée à l’écart du paddock, Sergio Perez a livré un regard sans fard sur son ancien coéquipier Max Verstappen. Le pilote mexicain, désormais engagé avec Cadillac après son éviction de Red Bull à l’issue de la saison 2024, est revenu sur les forces... mais aussi les zones d’ombre du quadruple champion du monde, qu’il a côtoyé pendant quatre saisons à Milton Keynes.
Aux côtés du Néerlandais, Perez a vécu de l’intérieur le fonctionnement d’un pilote hors norme, capable de performances exceptionnelles, mais aussi sujet à de fortes tensions lorsque les choses ne se déroulent pas selon ses plans.
"Max est un pilote mentalement très fort. Il a une grande confiance en lui. Un talent incroyable. Totalement concentré sur le sport, sur la course, sur le fait d’être le meilleur pilote, et il est une force énorme pour l’équipe. Il pousse très, très fort," explique Perez dans le Cracks Podcast.
Un leadership incontestable, selon le Mexicain, mais qui s’accompagne aussi d’un tempérament parfois difficile à gérer.
"C’est un grand leader au sein de l’équipe, et je pense que le côté négatif fait aussi partie de son caractère. Quand les choses tournent contre lui, il a beaucoup de mal à gérer la situation."
Perez estime que ces traits font partie intégrante de la personnalité du Néerlandais et contribuent même à sa réussite. Pour illustrer son propos, il évoque l’accrochage très commenté entre Verstappen et George Russell lors du Grand Prix d’Espagne 2025.
"Comme ce qui s’est passé à Barcelone - il le bloque, il a ce côté-là, et honnêtement, je pense que s’il ne l’avait pas, il ne serait pas Max non plus."
Si leur relation a globalement été saine, elle a connu son point de rupture lors de la saison 2022, avec des répercussions durables l’année suivante. Perez revient notamment sur l’épisode du Grand Prix du Brésil, où Verstappen refusa d’obéir aux consignes d’équipe et de laisser passer son coéquipier, pourtant en lutte avec Charles Leclerc pour la deuxième place du championnat.
Après l’arrivée, la colère du champion du monde avait éclaté à la radio : "Je vous l’ai déjà dit l’été dernier, vous ne me demandez plus jamais ça. C’est clair pour tout le monde ?"
Pour Perez, cet épisode a surpris l’ensemble de l’équipe, d’autant plus que les tensions de la saison semblaient avoir été réglées en interne.
"Quand les gens, les fans, se plaignaient du fait qu’il ne m’ait pas laissé passer, qu’il n’ait pas récompensé ce que j’avais fait pour lui, je disais : ’Allez, il faut avoir cette mentalité de vouloir tout gagner pour être champion du monde’."
"Mais derrière cette soif de victoire se cache quelque chose de plus profond. Il se passe quelque chose chez Max. Max est une personne excellente, mais il se passe quelque chose. Quand il est dans la voiture, il se transforme, c’est une personne différente."
Le Mexicain affirme pourtant que le sujet avait été abordé entre eux.
"Je pense qu’il avait quelque chose en lui qu’il n’a jamais vraiment laissé sortir, parce qu’on en avait parlé, tous les problèmes de cette année-là, on en a parlé, on a discuté, et on pensait que c’était derrière nous, toute l’équipe le pensait. C’est pour ça qu’on a tous été surpris qu’il ressorte ça à ce moment-là."
Au début de la saison 2023, Perez pensait pourtant être en mesure de jouer le titre, après avoir partagé les victoires lors des quatre premières manches. Verstappen, lui, s’était juré de ne plus jamais se faire battre par son coéquipier.
Dès le Grand Prix de Miami, le rapport de force bascula définitivement. Parti neuvième sur la grille, Verstappen s’imposa avec autorité, malgré la pole position de Perez. Un moment charnière.
La suite est entrée dans l’histoire : neuf victoires consécutives, puis 16 succès lors des 17 dernières courses de la saison, dans ce qui restera comme le championnat le plus dominé que la Formule 1 ait jamais connu.