C’était la grogne générale dans le paddock. Après des années à distribuer les points de pénalité de manière assez erratique, et en particulier pour des erreurs n’incombant pas au pilotage direct, la FIA a fini par entendre raison. Dès cette saison 2026, les commissaires vont ramener un peu de bon sens et éviter de sanctionner des pilotes pour des fautes un peu absurdes ou peu dangeureuses (dépassement des limites de piste en "solo" durant une course par exemple).
C’est en particulier le cas d’Ollie Bearman, à qui il ne manque que deux petits points avant d’être suspendu, qui a attiré l’attention de la FIA : le pilote Haas F1 a notamment récolté des points pour diverses infractions (limites de piste ou autres) assez peu dangereuses finalement.
À partir de maintenant, le permis à points de la F1 ne sanctionnera que ce qui compte vraiment : la conduite dangereuse, la trop grosse prise de risque, les accrochages volontaires et l’antijeu. Mais exclure un pilote pour avoir mordu une ligne blanche ? Il n’en est plus question.
Selon les dernières lignes directrices de la FIA, les commissaires ont désormais carte blanche pour faire preuve d’indulgence et interpréter la course avec pragmatisme.
Les guidelines FIA s’enrichissent ainsi de quatre précisions :
Ces précisions permettront ainsi d’inciter les commissaires à enlever moins de points de pénalité sur le permis que par le passé, en tenant compte de ces circonstances atténuantes.
Et pour les longues courbes interminables où personne ne sait vraiment où braquer ? Le texte précise que « pour les courbes à grand rayon, les commissaires traiteront le cas selon ses spécificités, en particulier lorsqu’il n’y a pas de point de corde défini ou qu’il y a de multiples points de corde. »
Concernant les limites de piste, pour la course seulement, un pilote qui tente un dépassement, se rate, et sort des limites de la piste sans en tirer aucun avantage ne verra plus son chrono annulé pour infraction aux limites de piste.
Pour les luttes musclées dans les enchaînements rapides, la FIA change aussi de lunettes : « D’autres facteurs tels que la séquence de virages seront examinés de manière holistique par les commissaires lors de l’évaluation du droit au virage. » C’est-à-dire que la FIA essaiera de chercher davantage des « circonstances atténuantes » en évaluant l’ensemble de la situation : une formulation volontairement floue qui laisse donc toute latitude aux commissaires.
Après la carotte, la FIA a cependant brandi le bâton et a serré la vis sur la sécurité. Finis les ralentissements de façade sous drapeau jaune : la FIA sera beaucoup plus stricte sur le sujet.
La charge de la preuve s’inverse : c’est maintenant au pilote de prouver aux commissaires qu’il a vraiment levé le pied, en justifiant ses « actions de pilote » (freiner, accélérer, tourner le volant).
En la matière, le chrono sera le juge de paix :
D’ailleurs, tout pilote qui perd le contrôle de sa voiture sous drapeau jaune aura désormais droit à une enquête quasi-systématique.
A noter que la section relative aux collisions a fait l’objet d’une attention particulière, avec une nouvelle formulation précisant comment les commissaires peuvent traiter les cas les plus et les moins graves.
Le règlement précise que le simple contact ne suffit pas à justifier une pénalité. « Une collision impliquant un contact très mineur, comme un effleurement, peut ne donner lieu à aucune pénalité » indique le document mis à jour.
Toutefois, les commissaires disposent de pouvoirs bien plus étendus pour sanctionner les cas les plus graves. Lorsqu’un pilote est reconnu coupable d’avoir provoqué une collision « avec une intention manifestement délibérée ou imprudente », le règlement prévoit désormais, « dans les cas extrêmes, une disqualification ou une suspension pour la course suivante ».
Comme l’an dernier, le règlement prévoit une pénalité de 10 secondes de stop and go et quatre points de pénalité pour « intention manifestement délibérée ou imprudente ». Aucun pilote n’a écopé d’une telle pénalité l’an dernier. Le seul pilote à avoir reçu trois points de pénalité pour un contact est Max Verstappen, lors du Grand Prix d’Espagne.
Le pilote Red Bull a également écopé d’une pénalité de 10 secondes (et non d’un stop-and-go, plus sévère) pour sa collision avec George Russell. Les commissaires n’avient toutefois pas qualifié cette collision de « délibérée » ni de « dangereuse ».