Fernando Alonso a révélé la course qu’il considère comme sa meilleure en Formule 1 à ce jour, en choisissant une performance qu’il qualifie d’anonyme lors du Grand Prix de Malaisie 2010. Le pilote Aston Martin F1 a gagné 32 courses en carrière, mais il a choisi une course dont il a été classé 13e comme souvenir le plus marquant.
Dans une interview accordée à Maaden, Alonso a fait référence à une course où des problèmes de boîte de vitesses et d’embrayage ont ruiné ses efforts pour remonter depuis la 19e place sur la grille après une élimination surprise en Q1 dans des conditions météorologiques changeantes.
"Il y a beaucoup de courses dont les gens ne se souviennent peut-être pas" a déclaré Alonso. "C’était en Malaisie, à Sepang, en 2010, où j’ai eu un problème avec les changements de vitesse. La boîte de vitesses était cassée, ou presque, l’embrayage avait un problème : les vitesses passaient bien à la montée, mais pas à la descente."
"Vers le milieu de la course, j’ai essayé de rétrograder dans le virage 1 et, de la septième [vitesse], je suis passé à la cinquième seulement au lieu de la deuxième, j’ai donc pris le virage 1 en cinquième, j’ai perdu du temps et j’ai réalisé dans le virage suivant qu’il y avait un problème."
"En désespoir de cause, j’ai essayé d’accélérer légèrement lors de la rétrogradation, car sinon j’aurais dû abandonner dans ce tour. J’ai donné un coup d’accélérateur et la rétrogradation s’est faite, alors au point de freinage suivant, j’ai donné quatre coups d’accélérateur et quatre rétrogradations se sont produites."
"J’ai demandé à l’équipe ’est-ce que ce que je fais est bien ou mal ? Est-ce que je vais casser la boîte de vitesses en un tour ?’ Ils m’ont répondu ’continue comme ça, la boîte de vitesses est en sécurité si tu fais ça’."
"J’ai fait environ 30 tours comme ça, donc le passage à la vitesse supérieure se passait bien, puis au freinage, je devais freiner et, tout en appuyant sur la pédale de frein, je devais relâcher l’accélérateur plusieurs fois pour rétrograder comme je le voulais, en synchronisant bien sûr l’accélérateur et les palettes de changement de vitesse."
L’Espagnol se rappelle avoir été félicité par ses ingénieurs pour avoir trouvé une solution immédiatement, fût elle de fortune. Il explique que pour lui, l’objectif était d’éviter l’abandon à tout prix, et qu’il a tout tenté pour finalement se classer 13e après avoir abandonné en fin de course.
"Après la course, les ingénieurs m’ont dit ’je ne sais pas comment tu as trouvé cette solution aussi rapidement, car cela pouvait être une solution, mais tu l’as fait en 13 ou 14 secondes, dans le deuxième virage après avoir rencontré un problème’. Je leur ai répondu ’je déteste perdre, je déteste faire abandonner la voiture, je vais tout essayer avant d’accepter que nous devions abandonner’."
"C’était complètement anonyme, personne ne se souviendra de cette course, mais l’énergie que j’ai dû mettre dans cette course, le niveau de concentration, l’attention et le fait de trouver instinctivement une solution à un problème qui n’avait jamais été testé ni rencontré... je pense que c’était une course mémorable."
Un autre souvenir vient à l’esprit du double champion du monde, qui se rappelle avoir tenté de déstabiliser un de ses adversaires en lui faisant croire que la piste était dans un pire état sous la pluie que ce qu’elle était réellement.
"Je me souviens d’une fois, en Corée du Sud en 2010, où un drapeau rouge a été brandi au milieu de la course. La piste était très mouillée, il y avait de l’aquaplaning partout. Nous nous sommes arrêtés sur la grille de départ, Mark Webber était en première position et moi en deuxième."
"Je suis allé le voir et je lui ai dit ’la piste est vraiment mauvaise, tu sais, avec tout cet aquaplaning. Ce sera un désastre si nous reprenons la course maintenant’. Et je savais que la course allait bientôt reprendre."
"Il a dit que, dans son esprit, la piste était pire qu’elle ne l’était en réalité. Et il a eu un accident après la reprise. J’essayais d’utiliser tout ce que j’avais dans mon arsenal ce jour-là pour vraiment gagner la course ou garder le championnat en vie un peu plus longtemps."
A noter que, comme souvent quand il raconte des histoires du passé, Alonso enjolive l’action et son déroulement en sa faveur. Il y a bien eu un drapeau rouge ce jour-là, mais il n’était pas deuxième Mark Webber, il était troisième derrière l’Australien, et le leader Sebastian Vettel.
De plus, le drapeau rouge a eu lieu après le troisième tour, la course a repris au quatrième, et le peloton a roulé jusqu’au 17e tour sous régime de neutralisation. C’est lorsque le peloton a été relâché, près de 30 minutes après le redémarrage des moteurs, que Webber a eu son accident (photo ci-dessous).
Difficile dès lors d’imaginer que son commentaire ait pu avoir un véritable impact sur Webber, qui était notamment à l’attaque pour suivre un Vettel très véloce sous la pluie.