Le projet Formule 1 de Cadillac continue de prendre forme, y compris dans ses hautes sphères managériales. Le patron de l’écurie, Graeme Lowdon, est revenu sur le choix stratégique d’intégrer Marc Hynes à la direction sportive de l’équipe, après son départ de l’entourage de Lewis Hamilton.
Annoncé le mois dernier, Hynes occupera le poste de directeur sportif de Cadillac F1 cette saison, après une séparation à l’amiable avec Hamilton, dont il était l’un des proches conseillers. Les deux hommes se connaissent de longue date, leur amitié remontant à leurs carrières en formules de promotion. Hynes s’était notamment illustré en remportant le championnat britannique de Formule 3 en 1999, devant Jenson Button, futur champion du monde de F1, troisième cette année-là.
Marc Hynes avait retrouvé un rôle central auprès de Hamilton à l’occasion de son transfert chez Ferrari pour la saison 2025, après un premier passage au sein de son entourage entre 2015 et 2021. Il y avait notamment exercé les fonctions de directeur général de Project 44, la société de management du septuple champion du monde.
Au-delà de ce lien médiatique fort, Hynes disposait déjà de connexions avec Cadillac. Le pilote de réserve de l’équipe, Zhou Guanyu, fait partie de son portefeuille, le Chinois étant co-géré par Lowdon lui-même.
Pour le patron de Cadillac, ce recrutement répond avant tout à une nécessité structurelle dans la phase de construction de l’équipe.
"Toute personne qui connaît Marc sait qu’il est extrêmement compétitif dans tous les aspects, et c’est particulièrement important, surtout dans une nouvelle équipe où nous avons un groupe d’ingénieurs et de techniciens très expérimentés, mais qui n’ont même pas encore douze mois de travail commun," a expliqué Lowdon aux médias.
Il insiste sur le besoin de créer un lien fort entre la technique et l’exploitation en piste.
"Ce groupe doit opérer au plus haut niveau, mais du point de vue de la course, il faut absolument fermer la boucle de retour d’informations."
Lowdon précise que ce rôle ne peut pas reposer uniquement sur les pilotes.
"On ne peut pas vraiment avoir l’ingénierie qui fournit des solutions à l’environnement course sans que la boucle ne se referme. Et même si nous avons des pilotes extrêmement expérimentés, ce n’est pas réellement leur rôle de prendre en charge chaque aspect de ce processus."
Depuis les premiers roulages de l’équipe, la priorité a été donnée à l’optimisation de ces boucles de feedback.
"Depuis que nous sommes capables de faire rouler une voiture, l’un de nos principaux axes de progrès a été de fermer toutes ces boucles, que ce soit le retour d’informations sur la soufflerie, le simulateur, la CFD, ou encore les processus et procédures dans le garage."
Le directeur d’équipe décrit ainsi une relation quasi contractuelle entre les différents départements.
"C’est fondamental. Les services techniques et d’ingénierie travaillent en boucle avec le directeur sportif qui alimente ce système en retours. On peut presque voir cela comme une relation client-fournisseur."
"Sinon, vous vous retrouvez avec une équipe qui corrige elle-même ses propres copies, et ce n’est pas comme ça que l’on progresse."
Lowdon replace enfin cette nomination dans une vision plus large de la culture que Cadillac souhaite instaurer.
"Nous avons dit très tôt que nous voulions être l’équipe que tout le monde a envie de rejoindre, dans laquelle les gens sont fiers de travailler et veulent rester."
"L’un des points sur lesquels nous insistons énormément dans nos valeurs fondamentales, c’est une honnêteté totale et ouverte dans notre façon de fonctionner, car il est très difficile de progresser sans cela."
"Nous n’avons pas de temps à perdre, et nous faisons face à une concurrence extrêmement impressionnante que nous devons tenter de bousculer. Recruter Hynes fait simplement partie de cette structure globale, et c’est l’une des dernières pièces du puzzle de l’ensemble que l’on voit se mettre en place."