Ferrari nourrissait de grandes ambitions pour 2025. L’arrivée de Lewis Hamilton, combinée à un titre constructeurs manqué de peu face à McLaren la saison précédente, laissait espérer un véritable tournant. Mais Frédéric Vasseur le reconnaît sans détour : la réalité s’est imposée très vite, dès les premiers tours de roue à Bahreïn.
Le Français a révélé il y a quelques jours que l’équipe a pris une décision radicale au printemps : arrêter le développement de la SF-25 dès le mois d’avril, un choix rare pour une écurie visant la victoire, mais dicté par les limites rapidement identifiées sur la monoplace.
Le constat s’est imposé presque instantanément selon Vasseur.
"Honnêtement, la saison a été difficile mais c’était vrai dès le premier jour à Bahreïn : le rythme n’était pas magique."
"Le début de saison a été très compliqué car nous avons été disqualifiés en Chine et nous avons perdu 25 points. Nous avons commencé sur la défensive. Après trois ou quatre courses, McLaren avait plus de 100 points d’avance. Quand votre objectif est de gagner, vous partez déjà avec un handicap."
Malgré cela, Ferrari a connu quelques sursauts.
"Nous sommes des compétiteurs. Nous voulons de bons résultats, nous voulons gagner des courses, et à plusieurs moments de la saison nous avons réussi une bonne remontée, notamment après la pause estivale, quand notre rythme s’améliorait."
Mais cette saison aura surtout mis en lumière l’extrême sensibilité de la SF-25.
"Nous avons souffert sur les détails. Une petite erreur, ou le fait de ne pas être dans la bonne fenêtre, et vous êtes éliminés en Q1. Le week-end suivant, vous finissez 6e ou 7e. McLaren et Max Verstappen disposaient d’un petit delta qui leur permettait d’absorber un problème en fin de saison. Nous, non."
Au moment de dresser le bilan, Vasseur a tenu à féliciter le nouveau champion du monde.
"Félicitations à Lando pour son titre. Depuis ses jours en karting, il était évident qu’il avait un talent spécial. Ce titre est mérité, et bravo aussi à McLaren pour lui avoir donné les moyens de l’obtenir."
Il juge toutefois la performance brut de Ferrari lors du dernier week-end "pas mauvaise".
"Dans l’ensemble, ce n’était pas un mauvais week-end pour nous en termes de performance pure, mais c’est arrivé trop tard après un vendredi très difficile. L’équipe, sur la piste et à l’usine, a fait un excellent travail pour réagir en modifiant largement les voitures. Mais quand vous devez rattraper un retard pareil, tout se joue sur les détails, et nous n’avons pas pu les affiner."
"Le peloton est tellement serré que le moindre détail manqué se paie cash."
En course, le rythme a été solide, notamment du côté de Charles Leclerc.
"Avec Charles, nous égalions le rythme de Lando. Mais dans la F1 actuelle, où les écarts sont minimes, laisser quoi que ce soit sur la table se paye immédiatement. Lewis aussi a fait une bonne course, avec un rythme très fort et de très beaux dépassements. La motivation était là."
Au final, Vasseur résume le cœur du problème : Ferrari doit cesser de courir après le temps perdu.
"Si nous voulons de meilleurs résultats, nous devons travailler pour mieux démarrer nos week-ends dès les premiers essais."
"Je veux remercier tous les membres de l’équipe, sur la piste comme à Maranello, pour leur travail cette année. Et bien sûr, merci aussi aux Tifosi, pour leur soutien constant même lors des week-ends les plus difficiles. Vous ne pouvez pas imaginer l’énergie positive que cela nous a donnée toute l’année."
Une saison médiocre pour les standards de l’équipe donc, que Ferrari espère déjà transformer en tremplin vers 2026... et vers le retour tant attendu aux sommets.