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Red Bull se place derrière Ferrari, Mercedes et McLaren F1 selon Waché !

Et le grand bluff continue !

Par Franck Drui - 13 février 2026 - 16:23
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Malgré les déclarations de plusieurs rivaux qui voient en Red Bull l’écurie de référence de la Formule 1 version 2026, l’équipe de Milton Keynes affirme aborder la nouvelle saison avec, au mieux, la quatrième monoplace la plus rapide du plateau. Le jeu du grand bluff continue donc dans le paddock de Sakhir et ça en devient presque comique !

Ces derniers jours, Toto Wolff n’a pas hésité à qualifier Red Bull de « référence », estimant que l’équipe autrichienne gagnerait jusqu’à une seconde en ligne droite grâce à l’excellente efficacité énergétique de son tout premier moteur F1 conçu en interne par Red Bull Powertrains. Une unité développée par une structure entièrement nouvelle, mais qui compte dans ses rangs de nombreux anciens ingénieurs de Mercedes High Performance Powertrains.

En interne, plusieurs responsables de Red Bull ont d’ailleurs reconnu avoir été agréablement surpris par le niveau de performance déjà atteint par ce premier groupe propulseur, qui a montré à la fois une bonne vitesse et une fiabilité solide lors des essais hivernaux à Bahreïn.

Le directeur technique Pierre Waché nous a confirmé cette impression tout à l’heure.

"Je suis surpris que les motoristes aient fait un travail fantastique et qu’ils aient été capables de construire un moteur, de l’intégrer dans la voiture et d’enchaîner autant de kilomètres."

Pour autant, le Français a balayé d’un revers de main l’idée que Red Bull soit déjà la référence, évoquant les jeux politiques habituels de l’intersaison et estimant que, selon les données internes de l’équipe, trois écuries sont devant.

"Je ne dirai pas que nous sommes le ’benchmark’, parce que je pense que tout le monde dans cette salle sait que c’est un jeu auquel tout le monde joue. En revanche, il faut reconnaître l’excellent travail réalisé par les motoristes. Pour une structure qui démarre de zéro, construire un moteur et réussir à ne pas faire n’importe quoi en piste, c’est un énorme accomplissement."

Selon Waché, la hiérarchie actuelle place clairement Ferrari, Mercedes et McLaren devant Red Bull.

"Nous ne sommes clairement pas la référence. D’après nos analyses, les trois équipes de tête – Ferrari, Mercedes et McLaren – sont devant nous, et nous sommes derrière."

Le directeur technique reconnaît toutefois les limites de ce type d’évaluation en période d’essais.

"C’est difficile d’être affirmatif, car les programmes de roulage, les niveaux de carburant et les modes moteur sont très différents d’une équipe à l’autre. C’est notre analyse actuelle, mais elle peut être fausse, honnêtement. Nous ne passons pas trop de temps là-dessus, nous essayons surtout de nous concentrer sur l’amélioration de notre propre performance."

Taux de compression et jeux politiques

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte particulièrement sensible, alors qu’une réunion potentiellement décisive de la Commission F1 doit se tenir mercredi prochain à Bahreïn, avec en toile de fond le débat sur les procédures de mesure du taux de compression.

Red Bull serait désormais alignée avec Audi, Ferrari et Honda pour demander une modification des règles, ce qui aurait des conséquences directes pour Mercedes et ses équipes clientes.

Waché assure toutefois que Red Bull suit simplement la position de la FIA.

"Nous suivons simplement ce que dit la FIA. Nous votons en tant que motoriste sur ce que nous estimons être juste pour le système."

Des faiblesses identifiées sur la RB22

Interrogé sur son propre travail durant l’hiver, le perfectionniste Pierre Waché n’a pas dérogé à sa réputation.

"Je ne suis jamais satisfait de mon propre travail ! Évidemment, nous avons encore des améliorations à apporter et des défis à relever avec ce type de règlement. Avec un niveau d’adhérence assez faible et un appui aérodynamique très réduit, la gestion de la motricité en sortie de virages lents est extrêmement compliquée, et cela pourrait être l’une des clés."

Selon lui, Red Bull souffre particulièrement dans certains domaines face à ses rivaux directs.

"Il est difficile d’être précis, mais clairement, en motricité à basse vitesse, ils ont l’air très forts. Certaines vitesses de pointe chez Ferrari et Mercedes sont également intéressantes, surtout avec peu de carburant."

L’analyse repose aussi sur les retours des pilotes Max Verstappen et Isack Hadjar.

"Nous voyons clairement certaines faiblesses sur notre voiture, et cela correspond aux retours que nous avons de Max et d’Isack, en fonction des zones où nous perdons du temps par rapport aux autres. La motricité et les virages à vitesse moyenne n’étaient déjà pas notre point fort l’an dernier, et ils sont meilleurs que nous dans ces domaines."

Le défi du poids et le déploiement d’énergie

Red Bull doit également composer avec la nouvelle limite de poids 2026, abaissée de 30 kg.

"Nous allons devoir trouver du poids sur la voiture," admet Waché, sans révéler bien entendu combien de kilos il y a en trop sur la RB22.

"Mais la philosophie reste toujours la même : essayer d’être plus rapide. Ce n’est pas idéal d’être au-dessus de la limite, mais c’est une meilleure situation qu’en 2022."

Cette année-là, Red Bull accusait un surpoids de 15 kg en essais hivernaux. Et l’équipe n’est pas seule dans ce cas pour 2026, Williams ayant déjà reconnu être au-dessus de la limite réglementaire.

Enfin, si beaucoup de concurrents estiment que le déploiement d’énergie reste l’un des points forts de Red Bull, Waché nuance cette perception.

"C’est difficile à dire. Le premier jour, nous étions plutôt proches de ce que nous voulions faire. Puis on a vu les autres évoluer dans la même direction, et aujourd’hui, je dirais même qu’ils sont un peu meilleurs que nous sur ce point."

"Peut-être que nos équipes à l’usine et en simulation ont trouvé plus vite une solution rapide, mais pas optimale. Les autres ont mis un peu plus de temps à y parvenir, mais à l’heure actuelle, je ne dirais plus que nous avons un avantage."

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