La pression ne cesse de monter chez Red Bull en ce début de saison 2026, et elle se concentre désormais sur les épaules de Pierre Waché. Le directeur technique de l’écurie autrichienne, propulsé sur le devant de la scène après le départ d’Adrian Newey, se retrouve au cœur des critiques alors que la RB22 peine à tenir son rang.
Dans un contexte particulièrement exigeant, Waché a hérité de l’un des rôles techniques les plus exposés de la Formule 1. Mais les premiers signaux de cette nouvelle ère sont loin d’être encourageants. Alerté par les rumeurs entourant le Français, l’ancien pilote de F1 Ralf Schumacher, aujourd’hui devenu consultant de Sky F1 en Allemagne, n’est pas étonné.
"On entend beaucoup de choses ces derniers jours dans les couloirs de Milton Keynes. Concernant Waché, pour moi, les chaussures sont trop grandes pour lui," a ainsi lâché Schumacher, illustrant le scepticisme grandissant autour de la capacité du Français à porter seul la direction technique.
Pour autant, l’ancien pilote allemand ne prône pas une éviction immédiate.
"Je ne dirais pas qu’il doit être complètement remplacé. Je pense qu’ils doivent envisager de faire venir quelqu’un. Des profils solides, expérimentés ou de jeunes talents."
Les difficultés de Red Bull semblent avant tout liées au châssis, plutôt qu’au nouveau groupe propulseur développé en interne avec Ford. Plusieurs sources évoquent un déficit de performance supérieur à une seconde au tour, dont environ huit dixièmes imputables au châssis, le reste étant marginalement lié au moteur.
La RB22 souffre également d’un excès de poids et d’un équilibre très instable, oscillant de manière imprévisible entre sous-virage et survirage. Un comportement qui complique fortement la tâche des pilotes.
"La voiture était pratiquement inconduisible," a confié Max Verstappen après le Grand Prix du Japon à Suzuka.
Les évolutions introduites au Japon, notamment un fond plat revu et des pontons modifiés, n’ont pas permis d’améliorer la situation, soulignant l’ampleur du chantier.
"Il y a plusieurs problèmes que nous devons encore résoudre. On ne souhaite pas vraiment traverser une phase comme celle-ci," a reconnu le directeur de l’équipe, Laurent Mekies. "Je ne pense pas qu’il faille s’attendre à des miracles pour réduire l’écart, car il est conséquent."
Le constat est encore plus sévère du côté d’Isack Hadjar.
"La voiture était vraiment inconduisible, c’était même dangereux," avait-il déclaré à Canal+ à la fin de la course.
Le Français pointe également un moral en berne au sein de l’écurie : "Ce n’est pas bon. Tout le monde travaille dur pour comprendre ce qu’il se passe. Espérons que la prochaine version de la voiture fera vraiment la différence."
Pour Ralf Schumacher, ces difficultés traduisent des problèmes plus profonds.
"Red Bull doit maintenant combler ce retard en urgence. Car la voiture est clairement un désastre. Combien de fois a-t-on vu Max Verstappen sortir de la piste ? Cela n’arrivait jamais avant. Je pense qu’il y a quelque chose de sérieusement problématique en coulisses."
Le départ de figures clés aurait en effet exacerbé certaines tensions internes, tandis que Racing Bulls, l’équipe sœur, s’impose comme un point de comparaison de plus en plus embarrassant, avec seulement deux points de retard au championnat.
Dans ce contexte tendu, l’introduction d’un important package d’évolutions prévu à Miami pourrait s’avérer déterminante pour l’avenir de Pierre Waché. Un nouveau faux pas risquerait d’intensifier encore un peu plus la pression.
En parallèle, Max Verstappen cherche à s’aérer l’esprit loin de la Formule 1. Le Néerlandais prévoit de rouler encore une fois sur la Nordschleife durant la pause d’avril, en préparation des 24 Heures disputées en mai.