Alors que la Formule 1 traverse une période de turbulences autour de sa nouvelle réglementation technique, la mobilisation des pilotes ne faiblit pas. Selon Alexander Wurz, le groupe WhatsApp de l’association des pilotes est actuellement en ébullition, reflet d’un mécontentement grandissant face aux règles en vigueur.
Le président du GPDA (Grand Prix Drivers’ Association) a révélé que les échanges entre pilotes n’avaient jamais été aussi intenses, alors que la discipline tente de digérer l’un des cycles réglementaires les plus radicaux et controversés de son histoire.
Au cœur des critiques : les nouvelles unités de puissance hybrides, reposant sur un équilibre inédit entre moteur thermique et énergie électrique. Une philosophie qui a profondément modifié la physionomie des qualifications (le tour ne se fait plus à fond) et les courses, notamment dans les phases de dépassement. L’utilisation de modes d’attaque dépend désormais fortement de l’énergie électrique disponible, souvent entièrement consommée lors d’une tentative, exposant immédiatement le pilote à une contre-attaque.
Parmi les voix les plus critiques, Max Verstappen s’est imposé comme le principal opposant à ce règlement. Mais il n’est pas isolé : Lando Norris, Fernando Alonso et Charles Leclerc ont eux aussi exprimé leur frustration face à la tournure prise en piste. Les qualifications restent le point qui cristallise le plus les attaques alors que les avis sont partagés sur les courses.
Mais la situation a pris une dimension supplémentaire après l’accident impressionnant d’Oliver Bearman lors du Grand Prix du Japon. Le Britannique a dû effectuer une manœuvre d’évitement face à Franco Colapinto, alors en phase de recharge et donc nettement ralenti, mettant en lumière les risques potentiels liés à ces nouvelles dynamiques.
Face à cela, le directeur du GPDA, Carlos Sainz, a publiquement critiqué l’inaction supposée de la FIA quant à d’éventuels ajustements.
Dans ce contexte tendu, Wurz a levé un coin du voile sur les discussions internes entre pilotes.
"Ce fameux groupe WhatsApp que nous avons, que j’ai créé en 2015 ou 2016, est littéralement en train d’exploser en ce moment."
"Je l’ai rarement vu aussi actif. Il déborde d’émotions, de solutions possibles, de propositions techniques et d’idées pour convaincre que les pilotes doivent être écoutés."
L’Autrichien reste toutefois discret sur le contenu précis de ces échanges.
"Bien sûr, je ne peux rien partager. Je ne franchirai pas la ligne de mon rôle de directeur du GPDA. Ce qui s’y dit reste là-bas."
Mais il insiste sur un point essentiel : l’état d’esprit des pilotes.
"Ce qui est beau, et c’est ma conclusion, c’est que les pilotes sont tellement impliqués émotionnellement et sincèrement intéressés par le produit que la politique ne compte pas vraiment pour eux."
Une unité rare, qui contraste avec certaines périodes passées où les avis pouvaient diverger davantage. Aujourd’hui, plusieurs figures majeures du plateau semblent alignées pour tenter de faire évoluer la situation, autant pour améliorer leur expérience en piste que celle des spectateurs.
Reste que leur marge de manœuvre demeure limitée. Lewis Hamilton a d’ailleurs tempéré les attentes avant les prochaines réunions entre la Formule 1, la FIA et les motoristes prévues en avril, la première ayant lieu le 9 à Londres.
"Je n’en attends pas grand-chose, mais j’espère qu’ils feront de grands changements," avait-il déclaré au Japon.
"Il y aura beaucoup de chefs en cuisine. Cela ne se termine généralement pas par un bon résultat."
"Les pilotes n’ont pas leur mot à dire sur place lors des réunions, ils n’ont aucun pouvoir, nous ne faisons pas partie du comité et nous n’avons aucun droit de vote. Nous pouvons juste faire entendre notre voix en amont."