George Russell a dû attendre quatre ans de plus qu’il ne l’espérait pour pouvoir jouer le titre mondial, mais le début de saison 2026 semble enfin lui apporter sa chance. Le pilote Mercedes F1 espérait y parvenir dès qu’il est arrivé dans l’équipe, mais il a subi la déception d’une réglementation mal préparée par son équipe.
Il a pu affronter Lewis Hamilton et a pris le dessus lors de deux de leurs trois saisons ensemble mais son arrivée chez Mercedes a coïncidé avec une baisse de forme de l’équipe. Avec la fin des voitures basées principalement sur l’effet de sol, l’équipe de Brackley semble enfin de retour aux avant-postes.
"J’ai été un peu surpris par cela moi-même" a déclaré Russell à BBC Sport. "Je me contente de suivre mon processus au jour le jour. Chaque fois que je monte dans une voiture de course, je ne pense pas à l’ensemble de la situation, à savoir gagner le championnat."
"Je pense juste à l’instant présent, vous savez, aller faire les qualifications. Comment vais-je réaliser le tour le plus rapide possible pour la course ? Comment vais-je prendre le meilleur départ, faire la meilleure course ? Essayer de monter sur la plus haute marche du podium et m’occuper de mes affaires de cette manière."
"Bien sûr, je sais que nous sommes dans cette lutte, mais ce n’est pas quelque chose à quoi je pense. Parce que je sais que pour gagner le championnat, il faut simplement passer par ces processus."
Russell a déjà dit qu’il ne voulait pas penser au titre, et si cette attitude mentale est certainement une astuce psychologique de sportif, il insiste sur le fait qu’il n’y a rien de forcé : "C’est juste la mentalité que j’ai toujours eue depuis que je suis enfant."
"Probablement ce que mon père m’a inculqué, en me battant pour des championnats de karting à l’âge de 10 ans. J’ai été dans cette position, pas en Formule 1, mais j’ai été dans cette position quand j’étais enfant dans tous ces divers championnats. Et je savais ce qu’il fallait pour gagner ces championnats à l’époque."
"Les enjeux sont plus importants aujourd’hui. Mais quand j’étais en F4 à me battre pour le championnat, c’était la chose la plus importante de ma vie, la même chose en F3. Cela me semblait être de la F1 à l’époque. Et c’est ce qui m’a permis de me battre pour ces victoires."
Après une victoire en Australie, il a vu Andrea Kimi Antonelli gagner coup sur coup, mais plusieurs coups de malchance l’ont ralenti. Et il pense que ce n’est pas un problème que ce soit arrivé maintenant, d’autant qu’Antonelli a lui aussi pu remonter en début de course au Japon après un départ raté.
"Pour l’instant, nous nous battons l’un contre l’autre. L’année dernière, si vous vous qualifiiez à quelques dixièmes l’un de l’autre, il y avait probablement quatre ou cinq voitures entre les deux."
"Si vous preniez un mauvais départ, vous ne pouviez pas simplement remonter vers l’avant comme nous le faisons en ce moment. Nous étions donc punis pour nos erreurs. Cette année, pour l’instant, nous ne sommes pas vraiment punis pour nos erreurs."
Et Russell de saluer le niveau de son jeune équipier : "C’est un pilote fantastique. Je l’ai vu l’année dernière. Il a montré beaucoup de signes d’une grande vitesse. Mais c’est encore très tôt et je suis sûr que ce sera très serré."
"Je dois être honnête, j’adore la compétition. Ça garde les choses excitantes. J’aime gagner quand il y a une concurrence massive. Et c’est comme ça chaque jour de la vie. Je veux que mon concurrent reçoive tout parce que je veux pouvoir... je veux les battre en sachant qu’ils ont tout donné. Et c’est ce qui me motive. Donc mon point de vue est : plus on est de fous, plus on rit."
Max Verstappen a fortement critiqué les F1 2026, et il est loin d’être le seul pilote à critiquer les nouvelles règles. Russell, lui, voit les choses différemment et se dit satisfait des nouvelles monoplaces.
"Je ne partage pas du tout cela. Personnellement, j’apprécie vraiment la voiture. Le groupe motopropulseur et le moteur sont nettement différents. Et il faut juste quelques ajustements pour vraiment les optimiser. Mais cela a donné l’opportunité de batailler plus durement, avec des courses de va-et-vient."
"Nous sommes sur une piste de karting là. Et Lewis a fait une excellente remarque : dans une course de kart, vous dépassez dans un virage, il redépasse. Et ils redépassent encore. Et personne n’a jamais appelé ça du Mario Kart ou de la course de yo-yo ou quel que soit le terme utilisé. Nous appelons cela de la course pure et de la grande course."
En tant que directeur de l’association des pilotes de Grand Prix (GPDA), il a représenté des pilotes auprès des législateurs pour dire que les voitures devaient être modifiées afin que les qualifications redeviennent plus intenses, mais il tempère les problèmes qui ont été rapportés.
"Tous ceux qui pensent que les pilotes vont lentement dans les virages pour être plus rapides dans les lignes droites se trompent. Il y a quelques petites bizarreries, que la FIA a fait de son mieux pour éradiquer. Ce sont des détails qui sont en quelque sorte tellement compliqués, et honnêtement, les fans n’ont pas vraiment besoin de les comprendre."
"À partir de cette course, avec ces changements mineurs que le sport effectue, cela nous facilitera la vie. Nous serons à fond dans les lignes droites lors d’un tour de qualification, et nous n’aurons pas à lever le pied pour gérer l’énergie."
Il souligne également que ce qui se passe à l’intérieur des voitures cette année doit être replacé dans le contexte de l’histoire de la F1, et qu’il est important de conserver
"Je me souviens avoir regardé la F1 il y a 20 ans et avoir entendu le rugissement des moteurs, c’était incroyable, mais on ne voyait pas un seul dépassement. C’était sans doute la Formule 1 la plus pure que nous ayons jamais vue. Mais les courses étaient ennuyeuses."
"Je pense donc que nous ne nous souvenons que des points positifs de certaines choses. Et dans le présent, nous aimons nous concentrer sur le négatif. Et il y a beaucoup de points positifs dans ce nouveau règlement et ces nouvelles voitures."
"J’ai parlé avec un pilote de Formule 1 des années 80 et 90, vainqueur de plusieurs courses, et il m’a dit qu’ils avaient un bouton de boost qui leur donnait 300 ch de plus, mais qu’ensuite à la fin de la ligne droite, au moment de lever le pied, ils n’avaient plus de carburant."
"Cela a donc toujours existé d’une certaine manière. C’est évidemment différent maintenant, mais nous aimons toujours souligner les points négatifs et nous souvenir des bonnes choses du passé."
Interrogé sur ce qu’il en est de son avenir, il confirme qu’il va rester chez Mercedes : "Bien sûr, il y a des options dans le contrat, mais elles sont basées sur la performance. Pour le moment, la performance est très solide, donc les choses vont certainement continuer."
Et de confirmer que le terme de performance fait référence au fait de rester au sommet, et d’aller chercher plus loin : "Gagner, tout simplement", a-t-il précisé, en expliquant qu’il parlait de "chaque course."