Carlos Sainz se sent revigoré par son podium de la dernière course avant de disputer ce week-end le Grand Prix de Singapour, même si celui-ci devrait être moins favorable à Williams F1. Le pilote espagnol se félicite d’avoir enfin mis à l’oeuvre son potentiel dont il parlait depuis le début d’année.
Devant expliquer pendant plus d’une demi-saison tous les résultats décevants qui s’enchainaient, il a enfin pu profiter d’un week-end positif pour terminer troisième, et il reconnait que c’est un soulagement.
"Je ressens un boost de motivation, c’est quelque chose dont j’avais besoin, ça me confirme que j’avais un bon potentiel et qu’il fallait juste que tout s’aligne. J’ai eu ce narratif toute l’année, et on a fait un excellent samedi, un très bon rythme le dimanche, et ça confirme tout ça" a déclaré Sainz.
"Ca va être un vrai sprint à partir de maintenant, je vais faire les sept courses à fond, en essayant d’amener le maximum de points à l’équipe pour sécuriser la cinquième place au championnat des constructeurs."
Il ne cache aucunement que la saison a été compliquée, alors qu’il possédait 16 points avant Bakou contre 70 pour Alex Albon. Mais il a quasiment doublé son total en une course, ce qui l’a rassuré : "C’était vraiment très difficile."
"Probablement l’un des moments les plus difficiles psychologiquement de ma carrière, compte tenu des nombreux revers que j’ai dû affronter tout au long de la saison. Pour moi, c’était particulièrement difficile après la pause estivale, car j’en suis revenu plein d’énergie, motivé, revigoré, avec un nouvel état d’esprit et une nouvelle approche."
"Le même schéma s’est reproduit à Zandvoort et Monza. Alors je me suis dit : ’OK, j’ai changé d’approche, je suis plein d’énergie, et maintenant, ça doit le faire’. Ce n’était vraiment pas facile du tout et très frustrant. Je pense que vous commenciez aussi à voir en moi à quel point je devenais frustrant."
"J’ai gardé le cap et au final, le résultat a payé. Je pense que dans ce sens, je suis simplement heureux et fier de ma résilience, car revenir de la pause estivale avec une énergie renouvelée, recevoir deux gros coups dans le ventre et devoir tout recommencer, c’était dur."
On a également entendu à la radio son ingénieur, le Français Gaëtan Jego, être ému à la radio, Sainz s’amusant de cette émotion en lui disant "Tu pleures, Gaetano ?", et le félicitant. La relation entre les deux hommes est très solide, notamment par un travail colossal déjà abattu.
"Ca a été une année difficile pour nous deux, car vous n’imaginez pas les heures que l’on a passé sur la voiture, dans le simulateur, dans les réglages pour que la voiture soit plus rapide, car je pense que Gaëtan et moi avons aidé."
"C’est une personne qui travaille dur, peut-être la personne qui travaille le plus avec laquelle j’ai collaboré en Formule 1. Il met énormément d’heures dans son travail, et c’était très frustrant de ne pas capitaliser sur ce travail. On le ressentait tous les deux, mais avoir ce podium l’a surpris, et c’était bon à voir, car ça montrait à quel point ça lui importait."
Singapour s’annonce plus compliqué, notamment par le fait que la FW47 n’ait pas d’aileron arrière pour les circuits à fort appui, et que ce soit la spécification 2024 qui soit installée dessus.
"D’un point de vue réaliste, chaque fois que nous équipons notre voiture d’un aileron générant plus d’appui aérodynamique, nous semblons être un peu moins compétitifs."
"Si vous regardez tous nos excellents résultats, ils ont été obtenus avec des ailerons arrière générant peu d’appui aérodynamique, sur des circuits où notre voiture a tendance à mieux réagir."
"Cela ne signifie pas que je ne vais pas essayer ici de réaliser une performance et de livrer un week-end comme je l’ai fait à Bakou. Cela doit être mon objectif d’ici la fin de l’année. Bakou m’a certainement donné un grand coup de pouce en termes de motivation, et je dirais même un soulagement."
"Car cela a confirmé ce que je disais depuis le début de l’année, à savoir que la vitesse n’est pas un problème et que je dois simplement enchaîner les bons week-ends. J’espère que cela servira d’exemple et que je pourrai suivre cet exemple jusqu’à la fin de l’année."