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Sainz s’attaque aux guidelines : d’anciens pilotes jugent mieux les choses que la FIA

Des experts à la place des lignes directrices sur le pilotage

Par Franck Drui - 27 novembre 2025 - 17:36
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Carlos Sainz estime que la Formule 1 s’est égarée dans l’application de ses lignes directrices en matière de pilotage, et qu’une solution simple permettrait d’éviter la majorité des polémiques : intégrer au collège des commissaires deux ou trois anciens pilotes ayant évolué récemment en F1.

Le sujet sera d’ailleurs officiellement discuté ce jeudi soir entre les pilotes et la FIA. Et pour Sainz, qui occupe le rôle de directeur du GPDA aux côtés de George Russell, il est clair que l’interprétation actuelle des règles crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.

"L’application de ces guidelines a créé davantage de problèmes, car elles sont très subjectives et ouvertes à interprétation. Beaucoup de pilotes ne sont pas d’accord avec leur utilisation, et plusieurs enquêtes ou pénalités récentes ont, selon nous, été incorrectes."

Si Sainz critique la manière dont certaines décisions ont été prises cette saison, il loue en revanche le travail des analystes TV. Selon lui, les analyses réalisées par d’anciens pilotes tels que Jolyon Palmer (F1 TV), Karun Chandhok et Anthony Davidson (Sky Sports F1) montrent la voie à suivre.

"J’ai vu leurs analyses sur de nombreux incidents : certaines de Karun Chandhok, d’autres de Jolyon Palmer ou d’Anthony Davidson. À chaque fois, leur verdict est très juste. Avec leur expérience récente, ils attribuent la faute correctement dans la plupart des cas, ou concluent quand il s’agit simplement d’un incident de course."

Pour Sainz, l’évidence saute aux yeux : confier ce rôle à des personnes ayant une compréhension opérationnelle actuelle du pilotage en F1 éviterait l’usage rigide de règles parfois mal conçues.

"Mon idéal pour le futur, c’est : pas de guidelines, et des gens capables de juger ce genre d’incidents aussi bien que les trois personnes que je viens de citer."

"Je suis vraiment impressionné par la qualité de leurs analyses. Cela ne veut pas dire qu’on serait d’accord 100 % du temps, mais ils sont très proches de 90 % de décisions correctes."

"Ils comprennent vraiment ce qui s’est passé et jugent de manière cohérente. Et cela ne veut pas dire que les commissaires actuels font un mauvais travail : simplement, ce que je vois après la course est d’un niveau vraiment très élevé."

Sainz estime que ces lignes directrices, censées clarifier la façon de juger les accrochages, ont eu l’effet inverse. Elles auraient incité les commissaires à toujours chercher un coupable, plutôt que d’accepter que certains contacts relèvent du simple fait de courir roue contre roue.

"Les guidelines poussent à attribuer une faute, même là où avant on aurait parlé d’incident de course."

"Il faut qu’on s’assoie ensemble, qu’on analyse calmement plusieurs incidents. Cette année, il y a eu beaucoup de confusion entre pilotes, commissaires FIA, et différentes façons d’interpréter les situations."

Le pilote Williams insiste sur la nécessité de sortir du cadre trop rigide actuel.

"Il y a eu très peu de place pour des incidents de course. C’était toujours noir ou blanc, parce que les guidelines imposent un jugement basé sur des critères comme un pneu devant, derrière, près d’un rétro… Je ne les connais même pas par cœur ! Dans ce sens-là, l’implémentation n’a pas été un succès."

Il conclut sur sa vision personnelle, en précisant qu’il ne parle pas au nom du GPDA : "Il y a un potentiel pour faire mieux, clairement."

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