Le spectaculaire accident d’Oliver Bearman à Suzuka a relancé le débat sur la sécurité de la Formule 1 version 2026. Mais alors que certains appellent déjà à des changements rapides, le directeur du pilote concerné chez Haas F1, Ayao Komatsu, prône une approche mesurée et réfléchie face à une problématique complexe.
Lors du Grand Prix du Japon, le Britannique a été victime d’un accident impressionnant après être parti sur l’herbe pour éviter la monoplace d’Franco Colapinto. Lancé à plus de 300 km/h, avec un différentiel de vitesse d’environ 50 km/h entre les deux voitures, Bearman a perdu le contrôle avant de violemment heurter les barrières.
Un accident qui a immédiatement suscité de vives inquiétudes dans le paddock. En cause : les caractéristiques des nouvelles réglementations 2026, qui obligent les monoplaces à ralentir en bout de ligne droite pour récupérer de l’énergie, créant ainsi des écarts de vitesse importants et potentiellement dangereux.
Plusieurs pilotes ont tiré la sonnette d’alarme, à commencer par Carlos Sainz, qui a appelé la FIA à rendre les courses "plus sûres". De son côté, la fédération a confirmé la tenue de réunions dans les semaines précédant le Grand Prix de Miami afin d’évaluer d’éventuelles modifications. La première aura lieu à Londres le 9 avril.
Malgré le choc visuel de l’accident - Bearman quittant sa monoplace en boitant - Ayao Komatsu appelle à ne pas céder à la précipitation. Les études sont en cours.
"Nous examinons en ce moment la situation sous tous les angles, car lorsque nous apportons des changements, nous devons prendre les bonnes décisions."
"Nous ne pouvons pas prendre des décisions impulsives et dire quelques courses plus tard : ’c’était la mauvaise option’."
Le patron de Haas souligne néanmoins un point positif dans la gestion actuelle de ce dossier : "ce qui est bien, c’est que la communauté F1 - toutes les équipes, la FIA, la F1 - travaille ensemble de manière très ouverte et transparente, ce que je n’avais jamais vu à ce niveau auparavant."
"Je suis assez confiant que la F1, en tant que communauté, trouvera la bonne solution pour améliorer les points nécessaires."
Sur le plan médical, les nouvelles sont toujours rassurantes pour Bearman cinq jours après le choc. Le Britannique de 20 ans s’en sort avec des blessures légères.
"Il va bien. Heureusement, il a simplement eu un genou contusionné, tout cela se résorbe. Et il n’y a vraiment rien eu de cassé ou de choses non détectées au Japon," précise Komatsu aujourd’hui.
"Je suis vraiment reconnaissant qu’il s’en soit sorti sans rien de grave. Il devrait être totalement prêt pour Miami."
Cet accident intervient dans un contexte pourtant très positif pour Haas. L’écurie américaine occupe une surprenante quatrième place au championnat constructeurs après trois manches, un scénario que Komatsu lui-même n’aurait pas envisagé.
"Si quelqu’un m’avait dit que nous serions quatrièmes après trois courses, j’aurais ri," admet-il.
Les performances de Bearman, septième en Australie puis cinquième en Chine, ont largement contribué à ce début de saison réussi, tandis que son équipier Esteban Ocon a inscrit le point de la dixième place au Japon.
Mais malgré cette dynamique encourageante, Komatsu reste lucide sur les ambitions de son équipe.
"Cette année sera une guerre de développement très difficile, et pour une petite équipe comme la nôtre, ce sera un défi énorme de résister. Nous sommes dans une très bonne position, mais il ne s’agit pas de la protéger à tout prix."
"Il s’agit de maximiser notre potentiel, d’analyser nos processus et nos prévisions, puis de tirer le meilleur de la voiture, de l’équipe et des pilotes. C’est là-dessus que nous allons nous concentrer pour viser de belles places à moyen et long terme dans cette nouvelle ère."