La Formule 1 a annoncé réfléchir à une nouvelle évolution de ses week-ends de course. À l’issue d’une réunion de la Commission F1 mercredi, l’hypothèse d’augmenter le nombre de week-ends sprint de six à douze par saison a été évoquée. Une perspective qui suscite déjà des réactions contrastées dans le paddock, notamment parmi les pilotes présents lors des essais de Bahreïn.
Introduit en 2021 sur seulement trois Grands Prix, le format sprint a progressivement trouvé sa place au calendrier avant d’être étendu à six manches. Désormais, l’idée d’un doublement supplémentaire divise. Les pilotes ont exprimé des avis nuancés, oscillant entre ouverture et prudence.
Chez Williams, Carlos Sainz ne ferme pas la porte, mais estime que le format doit encore évoluer avant toute extension.
"Je suis ouvert d’esprit," explique l’Espagnol. "Je pense que le format sprint doit encore être peaufiné et amélioré, car parfois il révèle trop ce qui va se passer le dimanche."
Selon lui, l’intérêt sportif doit primer : "Si on peut améliorer cela et rendre le sprint un peu différent de ce que l’on voit le dimanche, je serais ouvert à l’idée d’avoir plus de courses sprint. Mais il faudrait déjà en avoir six ’améliorés’ pour voir..."
Car Sainz alerte sur la charge de travail croissante qu’imposerait 12 Sprints.
"Malheureusement, sur le format actuel, cela signifie beaucoup plus de travail pour l’équipe et les pilotes, avec les qualifications sprint et un vendredi plus chargé, et un samedi encore plus intense."
Le Madrilène pointe également la pression extra-sportive.
"La FOM et la F1 doivent aussi adapter le format du week-end en termes de médias et d’engagements promotionnels pour nous laisser un minimum de temps pour préparer les courses. Ces dernières années ont été extrêmement exigeantes pour les pilotes."
"Avec le nombre de sponsors aujourd’hui, la quantité d’interviews et d’obligations marketing est énorme."
S’il se dit favorable à davantage d’action en piste, Sainz redoute une dérive : "Un calendrier à 24 courses avec, imaginons, 24 sprints un jour, serait extrêmement exigeant pour tout le monde, y compris pour le public."
Du côté de Ferrari, Charles Leclerc partage largement cette analyse, bien qu’il apprécie le concept.
"Je suis d’accord avec tout ce que Carlos a dit," affirme le Monégasque. "J’aime vraiment les week-ends sprint, mais je pense que cela doit rester une minorité de courses."
"En faire un format standard à l’avenir, si c’est l’objectif, je ne pense pas que ce soit une bonne chose. En tout cas, ce n’est pas ce que je souhaiterais."
"Six, comme aujourd’hui, c’est probablement le juste milieu."