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’Soit ennuyeux, soit complètement fou’ : Hülkenberg s’attend à tout pour le premier Grand Prix

La F1 2026 face à son premier test grandeur nature à Melbourne

Par Franck Drui - 5 mars 2026 - 05:12
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Le coup d’envoi de la saison 2026 de Formule 1 a été donné ce matin à Melbourne avec la journée médias et cette année s’annonce comme l’une des plus imprévisibles de l’ère moderne. Entre un règlement technique entièrement renouvelé et des enseignements de pré-saison plus flous que jamais, les équipes avancent à tâtons vers ce premier rendez-vous de l’année.

Pour Nico Hülkenberg, ce Grand Prix d’Australie pourrait ainsi basculer dans deux extrêmes : "soit vraiment ennuyeux, soit vraiment, vraiment excitant et complètement fou".

Le pilote allemand a donné le ton ! Mais les onze équipes s’attendent en effet à un sérieux retour à la réalité à Melbourne. Les réserves habituelles liées aux essais hivernaux sont décuplées par l’ampleur des nouvelles règles châssis et moteur introduites en 2026, et par leurs conséquences encore mal cernées. Au-delà d’une hiérarchie toujours difficile à lire après les tests, la grande inconnue concerne l’impact des exigences de gestion de l’énergie de l’Albert Park sur les performances pures, mais aussi sur le spectacle en qualifications et en course.

Avec une contribution de près de 50 % de la puissance totale du groupe propulseur, le MGU-K impose une recharge quasi permanente de la batterie. Or, cet exercice s’annonce particulièrement délicat en Australie, où les zones de gros freinage sont peu nombreuses. Un défi déjà bien présent lors des essais de Bahreïn, malgré six journées complètes sur le même tracé. À Melbourne, les équipes devront trouver des solutions en seulement trois heures d’essais libres avant les qualifications.

Le pilote Audi F1 a rappelé à Melbourne que Bahreïn ne livrait qu’une vision partielle de la réalité : "On n’y obtient pas la meilleure image, ni forcément la réalité."

"Il va être beaucoup plus difficile d’apprendre tout cela et de le perfectionner en seulement trois séances d’essais libres," ce qui explique pourquoi il se dit "vraiment curieux" de découvrir la hiérarchie réelle, dans un contexte désormais bien plus inconnu.

"On finit par être extrêmement affûté et concentré sur ce circuit de Bahreïn. Mais ici, c’est un tracé complètement différent : les vitesses de passage en courbe, c’est bien plus fluide, avec aussi des virages beaucoup plus rapides, un asphalte totalement différent. Et sur le plan énergétique également, il y aura beaucoup plus de ’clipping’ ici qu’à Bahreïn."

"C’est un ensemble de circonstances très, très différent."

Hülkenberg insiste aussi sur le contraste en matière de freinage.

"Il n’y a pas tant de gros freinages que ça comparé à Bahreïn. C’est pour ça que l’on sait que l’on passe d’un extrême à un autre totalement différent."

Dans ce contexte, les équipes devront multiplier les essais de solutions de recharge énergétique.

"Les équipes vont jouer avec tout ça, différentes stratégies, différentes techniques et méthodes de travail. C’est pour ça que vous avez deux voitures. On va tester, découvrir, apprendre, analyser les résultats, recommencer et arriver à la meilleure stratégie possible pour gérer l’énergie sur un tour rapide et sur des relais de course."

Une approche qui laisse entendre que les programmes pourraient être davantage scindés entre les deux monoplaces lors des essais libres, afin de trouver le compromis idéal le plus rapidement possible.

Cette incertitude généralisée nourrit l’intrigue dans le paddock à l’approche du premier week-end de course. Chez Red Bull Racing, la directrice de la stratégie Hannah Schmitz reconnaît qu’il y a "encore plus de variables à comprendre que d’habitude". Du côté de McLaren, le directeur technique Rob Marshall souligne la nécessité de "trouver les réglages optimaux avec beaucoup moins de temps, et sous la pression d’un week-end de course, sur un circuit très différent de tout ce que nous avons connu durant la pré-saison".

La gestion de l’énergie ne peut cependant pas se faire au détriment des exigences classiques du châssis. Chez Williams, l’ingénieur piste Paul Williams rappelle que la combinaison d’un asphalte lisse et de fortes charges latérales obligera les équipes à surveiller attentivement le graining sur les gommes tendres, un paramètre inexistant pendant les deux semaines d’essais à Bahreïn.

Enfin, le directeur de Haas, Ayao Komatsu, résume l’ampleur du défi : "C’est presque un tout autre sport de passer de six jours d’essais sur un même circuit à une arrivée à Melbourne où il faut être immédiatement performant dès la Libre 1."

"Ce que nous faisions sur une demi-journée à Bahreïn, il faut désormais l’accomplir en deux relais lors de l’EL1, et c’est là le grand défi cette année."

"Melbourne, en tant que circuit, est bien plus exigeant que Bahreïn en matière de récupération d’énergie, ce qui est crucial cette saison. Je pense que nous nous attendons tous à un énorme défi, mais nous nous préparerons du mieux possible."

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