La promotion d’Isack Hadjar chez Red Bull Racing aux côtés de Max Verstappen ne se fera pas sans pression. Si le Français sort d’une saison rookie convaincante, au point de décrocher un baquet au sein de l’équipe de Milton Keynes en remplacement d’un Yuki Tsunoda en difficulté, certains observateurs estiment déjà que sa marge de manœuvre sera extrêmement réduite.
Tsunoda est en effet le dernier en date d’une longue liste de pilotes à s’être heurtés aux exigences du second baquet Red Bull, incapables de s’adapter à une structure largement construite autour de Max Verstappen. Le Néerlandais est le leader incontesté de l’écurie depuis plusieurs saisons, ayant remporté quatre titres mondiaux lors des cinq derniers championnats.
Invité du podcast Stay On Track, le champion du monde 1996 Damon Hill n’a pas mâché ses mots quant à la situation qui attend Hadjar. Selon l’ancien pilote Williams, le rapport de force interne ne changera pas avec l’arrivée du Français.
"Il va être le souffre-douleur de l’équipe, non ?" a lancé Hill sans détour, avant d’expliquer son grand pessimisme concernant ce qui attend Hadjar.
"Le mieux qu’il puisse obtenir, c’est une tape sur la tête de la part de Max et de l’équipe en lui disant : ’tu as fait tout ce que tu pouvais’."
Pour Hill, Hadjar devra accepter une hiérarchie extrêmement claire au sein de Red Bull.
"Il va devoir accepter que, dans cette équipe, Max est le patron et que lui est là dans un rôle de soutien. La question, c’est de savoir si, en tant que compétiteur, tu peux l’accepter – parce que Max, lui, accepterait ça ? Non."
À 21 ans, Isack Hadjar abordera pourtant la saison avec l’ambition de prouver qu’il mérite sa place parmi les pilotes de pointe du plateau, malgré son manque d’expérience au plus haut niveau. Un défi de taille, d’autant plus que Damon Hill estime qu’il sera difficile de réellement démontrer sa valeur en étant cantonné à un rôle de numéro deux.
"Est-ce que tu as l’étoffe d’un champion du monde si tu peux accepter d’être numéro deux ?" s’interroge le Britannique.
"Il faut voir ça comme ceci : s’il va faire ce travail chez Red Bull, il devra se dire ’je suis ici pour me renforcer, pour apprendre, afin de devenir numéro un quelque part, un jour’."
Reste alors un exercice d’équilibriste délicat pour le jeune Français, selon Hill.
"Mais comment fais-tu, comment communiques-tu cela sans faire exploser l’équilibre en place ?"