Si la FIA a validé une série d’ajustements pour tenter de répondre aux critiques, Lance Stroll n’a pas mâché ses mots, dénonçant une situation globale qu’il juge préoccupante pour la discipline. Sa grogne autour de la réglementation 2026 ne faiblit pas malgré les avancées qu’il salue à Miami aujourd’hui
Le pilote Aston Martin F1 s’est montré particulièrement sévère à l’égard des nouvelles règles techniques, estimant qu’elles ont profondément altéré l’essence même de la Formule 1. Interrogé sur l’impact des ajustements introduits à Miami - réduction de la recharge en qualifications, augmentation de la puissance en super-clipping, plafonnement du boost à 150 kW et aides aux très mauvais départs - le Canadien espère avant tout un retour à des sensations de pilotage plus naturelles.
"J’espère que ce sera mieux avec toutes ces phases à charge partielle et tout ce genre de choses qui détruisent la course et les tours de qualification," a-t-il déclaré. "Donc j’espère que ce sera un peu plus normal à piloter. Que nous n’aurons pas à autant réfléchir à toute cette gestion, au lift and coast."
Mais au-delà de ces ajustements, Stroll estime que le problème est bien plus profond.
"Je pense que nous sommes encore loin de vraies voitures de Formule 1, où l’on peut attaquer à fond sans penser aux batteries et à ce genre de choses."
Relancé sur l’idée que ces mesures puissent n’être qu’un simple pansement sur des problèmes structurels, le Canadien a abondé dans ce sens. Profitant de la pause printanière, il s’est replongé dans les archives de la discipline, ce qui n’a fait que renforcer sa frustration.
"Nous sommes à des kilomètres de là où nous devrions être. Pendant la pause, je regardais un peu au hasard d’anciennes courses, et même le GP de Monaco Historique à la télévision. J’ai entendu des Ferrari du début des années 2000 et le son qu’elles avaient, j’ai vu leur compacité et leur agilité."
"J’ai vu des caméras embarquées du début ou du milieu des années 2000, à l’époque des V8 ou des V10, et puis je compare avec aujourd’hui... On entend ce que c’est maintenant, le caractère des voitures, et à quel point cela semblait plus intense et plus excitant à l’époque par rapport à aujourd’hui."
Un constat qui nourrit chez Stroll une envie claire de retour aux fondamentaux.
"Je pense que oui, c’est triste, mais j’espère que nous allons revenir dans cette direction. J’entends des rumeurs à ce sujet, pour les prochaines règles, mais ce serait 2030 au mieux pour un nouveau moteur... Pour l’instant nous allons devoir vivre avec celles-ci pendant les trois ou quatre prochaines années."
Dans cette attente, le pilote Aston Martin espère que la discipline saura retrouver ce qui faisait son ADN.
"Je ne sais pas ce qui va se passer, mais j’espère que nous reviendrons vers des machines bruyantes, sauvages, légères, agiles, qui sont excitantes pour les fans, excitantes pour les pilotes, où l’on a vraiment l’impression de piloter à la limite."
Interrogé sur le contraste entre la position négative des pilotes et le discours positif de la F1 concernant la réglementation de 2026, souligné par le PDG Stefano Domenicali dans une récente interview, Stroll a déclaré "La F1 est une entreprise qui cherche à protéger ses intérêts et à soigner son image. Nous, les pilotes, savons ce que c’est que de piloter de bonnes voitures ! Il y a donc deux points de vue différents."
"Les gens regardent la Formule 1 quoi qu’il arrive, ils regardent Netflix, ils allument la télé pour la F1... la F1 est donc satisfaite. Mais les pilotes, les fans, les vrais connaisseurs de la course automobile, ceux qui savent ce qu’était la Formule 1 avant, ceux qui savent ce que c’est que de piloter de vraies bonnes voitures... Force est de constater qu’actuellement, la situation est loin d’être optimale."