Le début de saison 2026 semblait promis à une domination sans partage de Mercedes F1 mais le Grand Prix du Japon a peut-être rebattu les cartes. Pour Martin Brundle, le message est clair : les rivaux des Flèches d’Argent sont en train de combler leur retard.
Avec trois victoires consécutives - une pour George Russell et deux pour Kimi Antonelli - Mercedes avait lancé sa campagne 2026 sur des bases impressionnantes. Mais Suzuka a marqué un premier tournant dans la hiérarchie.
Au Japon, McLaren a confirmé sa montée en puissance, s’imposant comme le principal rival de Mercedes. La performance d’Oscar Piastri, qui a devancé Ferrari en course, a illustré ce regain de forme, tandis que Lando Norris s’était déjà montré menaçant en qualifications.
Pour Ferrari, en revanche, la course japonaise a sonné comme un avertissement. La Scuderia a dû se contenter d’un rôle de troisième force, reléguée derrière McLaren à l’arrivée.
Mais pour Martin Brundle, ce revers n’est que temporaire. Le consultant britannique anticipe une montée en puissance rapide de l’équipe italienne, notamment grâce à des gains attendus du côté du groupe propulseur.
"Je pense que ce championnat est totalement ouvert, et avec cette pause printanière imposée, nous verrons beaucoup de changements lorsque nous arriverons à Miami, puis au fil du printemps et de l’été," explique-t-il dans le podcast Sky Sports F1.
"Je pense que Ferrari va trouver beaucoup de performance avec son unité de puissance, avec sa gestion et la délivrance de la puissance. Ils vont avoir droit à du développement en plus (avec l’ADUO). Je pense qu’ils vont beaucoup progresser."
Brundle s’appuie également sur l’exemple de McLaren pour illustrer la rapidité avec laquelle la hiérarchie peut évoluer en Formule 1. L’écurie britannique semble convaincue de la direction à suivre pour continuer à progresser.
"McLaren semble très confiante dans sa compréhension de la voiture pour aller plus vite," souligne-t-il. "Ils vont enfin avoir leurs premières grosses évolutions, après avoir bien étudié la MCL40 lors des essais hivernaux et les premières courses."
Dans ce contexte, le consultant s’attend à une lutte intense entre les trois équipes de pointe.
"Avec les trois équipes de tête, je pense que ça va être complètement fou, et Ferrari sera bien dans le coup."
Brundle estime que l’équipe de Brackley est parfaitement consciente du danger. Le Grand Prix du Japon a notamment mis en lumière certaines limites, en particulier sur le rythme d’Antonelli avec les pneus durs.
"Mercedes ne va pas rester immobile non plus, et ils sont certainement revenus du Japon, où le rythme d’Antonelli en pneus durs n’était pas absolument extraordinaire, en se disant : ’Oui, nous avons de la compétition, un vrai défi à relever’."
Brundle a également eu un petit mot pour George Russell, qui a "perdu son sang-froid" lors du Grand Prix du Japon, frustré en milieu de course par la voiture de sécurité.
Russell s’est arrêté aux stands depuis la deuxième place quelques instants avant l’entrée en piste de la voiture de sécurité suite à la violente sortie de piste d’Oliver Bearman. Cela a permis à Kimi Antonelli, qui n’avait pas encore effectué son arrêt, de reprendre la tête du Grand Prix. On a entendu Russell demander par radio à Antonelli si ce dernier accepterait de relancer la course à un endroit convenu au préalable, afin de favoriser les deux voitures.
Cependant, Russell a reculé dans le classement, Lewis Hamilton effectuant un redémarrage plus puissant derrière lui.
"Lors de ce redémarrage, George s’est fait avoir, comme en Chine. S’il y a un accord, on fera ça au redémarrage, c’est ce qu’il disait. ’On va vraiment faire ça ?’ Il n’a pas obtenu la réponse qu’il souhaitait et, au redémarrage, sa batterie s’est retrouvée clairement déchargée, car les Ferrari le talonnaient à nouveau."
"George était frustré et a perdu son sang-froid. Il maîtrisait la course et aurait probablement pu dépasser Piastri plus tard."
"Il a vraiment besoin de se reconcentrer. Mais il arrive à Miami avec plusieurs points de retard sur son équipier et il ne doit pas le laisser filer davantage. Ce sont des moments difficiles pour George. Il doit considérer Kimi Antonelli comme s’il s’agissait de Lewis Hamilton à son apogée, un prétendant sérieux au titre."