Arrivé chez Williams avec l’ambition de participer à la reconstruction de l’écurie britannique, Carlos Sainz n’a pas tardé à mesurer l’ampleur du chantier. Le début de saison 2026 de Formule 1, marqué par un hiver agité et un démarrage tardif en piste, a rappelé à quel point les structures et les processus de l’équipe restent encore en retrait par rapport aux références du plateau.
La formation de Grove a en effet dû renoncer au shakedown de Barcelone le mois dernier, après avoir rencontré plusieurs difficultés dans la préparation de sa monoplace. Une absence remarquée, alors que la majorité des équipes profitaient de cette première sortie pour valider leurs systèmes avant les essais officiels.
Williams n’a véritablement pris la piste qu’à Bahreïn, la semaine dernière, lors des essais de pré-saison. Contrainte de rattraper le temps perdu, l’équipe a maximisé son programme, bouclant pas moins de 422 tours sur les trois jours - le total le plus élevé de l’ensemble du plateau à égalité avec McLaren F1.
Un volume de roulage impressionnant, mais qui ne masque pas les lacunes structurelles encore présentes, selon Sainz. L’Espagnol insiste toutefois sur le fait que cette situation n’a pas ébranlé la confiance interne.
"Je ne dirais pas que la confiance est entamée," a-t-il expliqué.
"C’est plutôt une prise de conscience du fait qu’il reste encore de nombreux domaines à améliorer. Même si nous avons terminé sur le podium l’an dernier et cinquièmes du championnat, nous ne sommes toujours pas au niveau que nous visons lorsque nous nous comparons aux équipes de pointe."
"Que ce soit dans la manière dont elles gèrent leurs hivers, leur préparation ou encore leur adaptation aux changements de règlement, il y a encore un écart."
Un discours lucide, en phase avec celui tenu depuis plusieurs mois par le directeur de l’équipe, James Vowles, qui répète que le retour de Williams aux avant-postes s’inscrira dans un processus de long terme.
Une vision que partage pleinement Sainz, conscient de l’ampleur de la tâche qui l’attend dans son nouveau rôle de leader technique et sportif.
"Nous savons qu’il y a une marge de progression énorme dans beaucoup, beaucoup de domaines," a-t-il poursuivi.
"Quand je suis arrivé chez Williams, je savais que ce serait le cas. Je suis ici pour essayer d’aider dans tous les domaines possibles."
Le pilote espagnol retrouvera le volant cette semaine à Bahreïn pour la dernière session d’essais avant le coup d’envoi de la saison, prévu lors du Grand Prix d’Australie. Une ultime opportunité pour Williams de consolider ses acquis et de mesurer le chemin qu’il reste encore à parcourir.