La dernière plaisanterie de Frédéric Vasseur sur la nécessité de se trouver "un autre emploi" est peut-être très proche ou très éloignée de la vérité mais le Français ne perd pas son sang-froid alors qu’il traverse sa première vraie crise médiatique avec les journaux italiens depuis une grosse semaine.
Vasseur a plaisanté à ce sujet sur le tapis rouge après avoir assisté à l’avant-première new-yorkaise du nouveau long-métrage sur la F1.
"Est-ce que je pense devenir acteur ?" a-t-il ri.
"Peut-être que oui, je cherche déjà un autre emploi," a-t-il plaisanté sur la chaîne française Canal Plus.
Cette déclaration a été faite avant qu’Ignazio La Russa, le président du Sénat italien, a plaidé pour mettre Flavio Briatore à la tête de Ferrari en F1 (à lire ici).
L’ancien pilote de F1 italien Jarno Trulli estime que les médias (et la haute direction de Ferrari ?) se trompent de cible.
"Il semble qu’il manque surtout un directeur technique. L’année dernière, un certain Adrian Newey était disponible. Maranello a besoin d’une personne capable de concevoir une bonne F1."
"C’est très similaire à ce que j’avais chez Toyota en 2009 : la voiture n’était compétitive que par intermittence."
D’autres pensent que les difficultés de Ferrari sont dues à son implantation en Italie, loin du cœur des usines de F1 en Angleterre. Et Ferrari envisagerait bien la création d’une base dans la Motorsport Valley, proche de là où se situent Red Bull, Mercedes F1 et McLaren, ses principales concurrentes.
Flavio Briatore, actuellement conseiller exécutif chez Alpine F1, partage cette analyse.
"Il est difficile de gagner en Formule 1. Ferrari n’a pas besoin de nouveaux dirigeants ; ils en ont assez. Ils doivent s’internationaliser davantage. Il faut enfin qu’ils ouvrent un centre technique en Angleterre."
"Si on veut faire une bonne F1, on va en Angleterre. Si l’on veut faire du champagne, il est plus judicieux d’être en France."
Cependant, Piero Ferrari, fils du fondateur Enzo Ferrari (en photo ci-dessous), rappelle le fait que l’ouverture d’un "bureau d’études" Ferrari en Angleterre à la fin des années 80 a été une grave erreur.
"Ma plus grosse erreur a été celle de suivre John Barnard. C’est moi qui ai convaincu mon père d’embaucher cet Anglais en 1986. Je pensais que nous avions besoin d’un cerveau étranger."
"Mais Barnard n’a jamais su s’intégrer à notre culture avec son bureau d’études. C’était une erreur incroyable que je regrette encore aujourd’hui."
"Le message est clair : nous devons retrouver le chemin de la victoire, sans injecter des gènes incompatibles avec les nôtres."
Les temps ont évidemment changé... mais pas les mentalités chez Ferrari. Même si Piero Ferrari n’est pas un décideur direct, son avis est en général largement écouté par John Elkann et Benedetto Vigna.
Si cette idée, qui proviendrait de Frédéric Vasseur, d’avoir une base en Angleterre est encore rejetée par ses patrons quatre décennies plus tard, l’idée d’une non-prolongation de contrat en fin de saison pourrait bien se concrétiser...