Après les premières courses de la nouvelle ère de la Formule 1, Laurent Mekies estime que Red Bull Powertrains pourrait bénéficier d’une opportunité de développement anticipé dès le premier point de contrôle du système ADUO.
Dans le cadre du nouveau cycle moteur, la FIA a mis en place un mécanisme baptisé Additional Developments and Upgrades Opportunities (ADUO), permettant aux motoristes en retrait de combler leur déficit de performance plus rapidement que ne le permet le calendrier d’homologation classique.
Concrètement, la Fédération établit un indice de performance des moteurs thermiques pour chacun des cinq motoristes engagés. Si un groupe propulseur accuse un retard supérieur à 2 % par rapport au meilleur, il obtient une opportunité d’évolution. Au-delà de 4 %, deux évolutions sont autorisées.
La saison étant divisée en quatre périodes de six courses, chaque fenêtre permet l’introduction de mises à jour. Le premier point de contrôle reste fixé après le Grand Prix de Miami, malgré les annulations de Bahreïn et d’Arabie saoudite, ce qui ouvre la porte à des évolutions dès le Grand Prix du Canada.
Dans le paddock, une tendance se dessine : le moteur Mercedes fait office de référence. Dans ce contexte, plusieurs motoristes comme Ferrari, Audi ou encore Honda pourraient prétendre à au moins une évolution, Honda étant même pressenti pour en obtenir deux.
Qu’en est-il de Red Bull ? Le projet RBPT Ford, lancé pour faire de l’écurie une entité motoriste autonome pour la première fois de son histoire, a surpris par sa compétitivité immédiate.
Développé sous la direction technique de Ben Hodgkinson, le groupe propulseur est le fruit d’un chantier initié par Christian Horner entre 2021 et mi-2025.
Depuis le départ de ce dernier, Mekies a repris les rênes du projet. Et les premiers retours sont encourageants : les pilotes ne pointent pas le moteur comme un facteur limitant des performances actuelles de Red Bull, tandis que la fiabilité apparaît comparable à celle de Mercedes.
Certes, Max Verstappen a abandonné en Chine à cause d’un problème de refroidissement de l’ERS, et Isack Hadjar en Australie suite à une défaillance moteur. Mais dans l’ensemble, les monoplaces de Racing Bulls, également équipées du RBPT, ont bouclé toutes les courses avec leurs deux voitures.
Malgré ce départ solide, Mekies estime que RBPT pourrait entrer dans les critères d’attribution des ADUO.
"En termes de points critiques, nous ne pensons pas qu’il y ait un domaine en particulier qui soit en retrait. Nous pensons que c’est global," explique-t-il.
"Cela concerne le châssis, le groupe propulseur, tout. C’est très difficile d’estimer précisément votre niveau de performance par rapport à la concurrence, surtout avec la complexité de la gestion de l’énergie."
"Pour répondre plus directement, nous pensons que Mercedes est clairement devant. Et donc, avec cet avantage, nous nous attendons à faire partie du groupe qui bénéficiera des ADUO."
Interrogé sur le nombre potentiel d’évolutions, une ou deux, ce qui refléterait un écart supérieur à 2 % ou 4 %, Mekies a éludé avec humour : "Si vous avez l’information, je suis preneur !"