Ferrari aurait aimé disputer son premier Grand Prix à domicile de l’année, avant celui de Monza, dans un autre contexte.
À Imola, la Scuderia se présente en effet dans une forme très décevante. À part la victoire en sprint de Lewis Hamilton à Shanghai, et le récent podium de Charles Leclerc, les Rouges enchaînent les déceptions.
Au moins, à Imola, la Scuderia peut s’appuyer, pour retrouver un peu d’enthousiasme, sur l’énergie des tifosi, toujours très nombreux en bords de piste.
« C’est toujours spécial, un peu comme Monza » témoigne Frédéric Vasseur, le directeur d’écurie.
« Mais Imola est différent car il est encore plus proche de l’usine. »
« Beaucoup de gens de l’équipe vivent à Bologne ou même plus près de la piste, et c’est un endroit spécial, c’est sûr. Mais au final, nous devons aborder la course de la même manière que les autres et essayer de faire le meilleur travail possible. »
« C’est peut-être une pression supplémentaire, mais nous devons prendre cela comme quelque chose de positif – comme un encouragement plus qu’autre chose. Et voir tous les fans et les tifosi dans les tribunes est, à coup sûr, une motivation supplémentaire. »
Lewis Hamilton va disputer son premier Grand Prix en Italie, avec la mythique combinaison rouge.
Le Britannique a-t-il pu dormir ces dernières nuits, ou bien les fans ont chanté à sa gloire jusqu’à l’aube sur le parking de l’hôtel ?
« Même cette semaine, vous savez, depuis l’usine – à partir de lundi – nous avions des gens devant l’usine, devant le portail » poursuit Frédéric Vasseur.
« C’est un énorme boost pour les pilotes aussi. Ils étaient là le matin quand les pilotes sont arrivés, et ils attendaient là jusqu’au soir. »
« Je veux prendre ça – et je pense que le pilote fait de même – comme une motivation supplémentaire. »
« C’est sûr, nous voulons avoir la même approche ce week-end que n’importe quel autre parce que la motivation est toujours la même. Mais nous pouvons aussi voir – même depuis le garage ou l’usine – les tifosi devant nous, et le fait qu’ils sont tous méga motivés, engagés pour la Formule 1 et le projet. »
« Et ils peuvent être sûrs que nous pousserons jusqu’à la fin pour obtenir le meilleur, pour faire le meilleur. Nous en sommes tous convaincus. Ce n’est absolument pas un problème. »
« Et mon sentiment personnel sur la position de Lewis aujourd’hui est qu’il le prend comme une énorme opportunité – je ne veux pas dire un rêve – mais c’est une énorme opportunité si vous y pensez : courir devant cet enthousiasme. Nous le prenons tous comme ça. »
Et Ferrari a bien besoin d’être poussée pour le moment : car les performances de la voiture déçoivent.
Même si Frédéric Vasseur a tenu à relativiser le faible nombre de points marqués par Ferrari : pour lui c’est surtout parce que la Scuderia n’a jamais vraiment réussi à maximiser ses points ou sa performance pure. Mais est-ce vraiment le problème principal à Maranello ?
« Je pense qu’à l’exception de McLaren, qui vole, nous sommes tous dans la même situation – parfois nous sommes en plus ou moins bonne forme, et parfois non. »
« Si vous regardez notre performance, à Djeddah, en course, nous étions dans une position très forte – nous avons fait une course très solide – et à Miami, ce n’était pas du tout le cas. »
« Cela signifie que nous devons comprendre cela et mieux utiliser la voiture et les pneus si nous voulons être plus constants et essayer de rattraper un peu McLaren. »
Ferrari doit aussi apprendre à mieux gérer la frustration et les consignes de course : à Miami, Lewis Hamilton (déçu de ne pas voir Charles Leclerc le laisser passer plus vite) a fait part de son ironie et de sa lassitude plusieurs fois à son ingénieur…
« Nous n’avons rien à apprendre » rétorque Frédéric Vasseur au sujet de l’imbroglio des consignes d’équipe à Miami, qui ont fait sourire les téléspectateurs sur le moment.
« J’ai pris une décision – je pense que c’était la bonne – et ensuite nous avons expliqué la décision aux pilotes. »
« Nous avons vérifié le tout et inversé les positions à la fin, et le chapitre était clos. Le chapitre est toujours ouvert pour vous, mais pas pour moi » attaque-t-il contre les journalistes(après avoir déjà attaqué la FOM pour avoir déformé les échanges radio).
Même si Frédéric Vasseur, un peu comme Mattia Binotto par le passé, se fait plutôt rassurant sur la situation de Ferrari, la Scuderia ne paraît pas favorite pour l’emporter cette année à Monaco.
La comparaison avec 2024 risque de piquer, puisque Charles Leclerc avait gagné une victoire mémorable l’an dernier sur ses terres… Frédéric Vasseur a-t-il espoir de pouvoir rééditer pareille performance ?
« Ce n’est pas une question d’être confiant quand on va quelque part, c’est une question de faire du bon travail et de très bien préparer l’événement. »
« Nous savons que Monaco est unique, spécial. Mais la situation est un peu différente par rapport à l’année dernière. Nous devons faire de notre mieux pour Monaco, mais exactement de la même manière que nous essayons de faire de notre mieux à Imola. »
« Tout le monde va pousser pour Monaco – non pas parce que c’est un événement spécial que nous devons faire plus ou mieux. Nous essayons tous de pousser à chaque événement de la saison. »
« Pour Charles, c’est un peu différent parce qu’il est à la maison. Mais je pense que maintenant 85% des pilotes sont à la maison à Monaco. Ce n’est plus le cas du passé. »
« Mais pour Charles, c’est spécial – c’est sûr – mais nous ne devons pas y prêter trop d’attention. Nous devons juste préparer l’événement de la meilleure façon. »