Frédéric Vasseur était partagé entre satisfaction de voir Ferrari être si proche du titre constructeurs et enregistrer un double podium à Abu Dhabi, et la frustration d’échouer à 14 points d’une possible couronne mondiale des constructeurs.
"Alors tout d’abord félicitations à McLaren, ils ont fait une super saison, ils ont toujours été constants, ils ont été performants et n’ont pas eu de problème de fiabilité. Je ne suis pas content de finir deuxième mais être derrière McLaren me touche car j’ai commencé avec eux" a déclaré Vasseur.
"Mais je suis déçu pour moi car on a fait le boulot aujourd’hui et je pense qu’on a fait une très belle saison, donc terminer 14 points derrière ça laisse aussi un goût amer, mais c’est la meilleure préparation possible pour l’année prochaine."
Le Français explique que le faible écart est frustrant, notamment parce que Ferrari a connu une période difficile en début d’été : "Même en qualifs, hier il y a une petite faute dans le dernier virage et c’est un dixième selon les courses."
"C’est marginal, ce qu’il manque, ce n’est pas forcément la performance, c’est regarder les trous dans la saison et essayer de ne pas faire des erreurs qu’on a faites. En juin, on a perdu 80 points sur McLaren en trois courses, et quand on finit à 14 points, ça fait mal."
Vasseur explique qu’il faudra désormais tout changer pour l’an prochain, car même si le règlement n’évolue pas, les performances sont trop serrées entre les équipes, et que chaque chose non évoluée est un potentiel risque de perdre des positions.
"Par définition on change tout, on peut avoir une évolution en gardant une philosophie sur les composants mais on change tout car la bagarre est telle qu’on ne peut pas lâcher un gramme sur une pièce ou un demi-point d’aéro."
"On est dans cette mentalité, dans cet état d’esprit. A l’usine, où la performance se fait, on a fait un énorme travail dans les six derniers mois. Mais ça ne peut pas laisser présager qu’on sera loin devant car on ne sait pas ce qu’aura fait McLaren."
"C’est de la comparaison ce qu’on fait, ce n’est pas de l’absolu. Mais je suis plutôt positif car la dynamique est bonne. Comparé à il y a un an et demi, on fait moins d’erreur, on est plus constants dans la performance et c’est encourageant pour l’année prochaine."
Ferrari commencera dès mardi à préparer 2025 et l’arrivée de Lewis Hamilton, mais Vasseur explique que le septuple champion du monde ne va pas tout changer : "On va déjà faire la fête ce soir ! On commence les essais mardi, à l’usine on est déjà concentrés depuis un petit moment sur 2025."
"Après il y a Lewis qui arrive mais ça ne change pas le projet. La voiture existe déjà, on va l’accueillir, il va venir avec son expérience, son passé, son savoir-faire, sa vitesse n’en déplaise à certains puisqu’il a montré aujourd’hui qu’en partant derrière c’est un avion."
"Pour nous c’est important, c’est un pas de franchi dans la construction de l’équipe d’accueillir des gens avec une expérience et un background différent. Ca reste une pierre de plus à l’édifice et ça va être sympa."
Interrogé sur des regrets que pourrait avoir Hamilton, Vasseur est convaincu que le Britannique ne trouvait plus ce qu’il cherchait chez Mercedes cette année : "Ca ne s’est pas toujours très bien passé, c’est quelqu’un d’assez sensible qui a besoin d’être entouré, soutenu et aimé."
"Et je pense qu’il n’a pas toujours eu le feeling que c’était le cas cette année. Mais quand il a senti l’odeur du sang, enfin au moins de Russell devant lui, il a tout remis dans l’ordre et est allé vite. Je n’ai jamais été inquiet, je sais ce qu’il a en tête et ce sera une valeur ajoutée importante."