Ferrari doit changer de pilote : c’était la déclaration-choc, on s’en souvient, d’un Lewis Hamilton très très abattu après son élimination en Q2 samedi, sur le Hungaroring.
Le Britannique ne paraissait pas beaucoup plus optimiste après une course ennuyeuse en Hongrie, qu’il a passée dans le peloton malgré une stratégie à un seul arrêt.
Que pense Frédéric Vasseur des signaux d’alarme lancés par ce septuple champion du monde qu’il connaît depuis la F3 ? A-t-il déjà vu Lewis Hamilton aussi abattu durant sa carrière ?
« Il est exigeant. Mais c’est aussi pour cela qu’il est septuple champion du monde, il est exigeant avec l’équipe, avec la voiture, avec les ingénieurs, avec les mécaniciens, avec moi aussi. »
« Mais avant tout, il est très exigeant avec lui-même. Ça a toujours été une bonne motivation pour lui. La principale raison de la performance. »
« C’est sûr, quand on est septuple champion du monde et que son coéquipier est en pole position, et qu’on est éliminé en Q2, c’est une situation difficile. »
Comme à son habitude, Frédéric Vasseur cherche à relativiser les performances de Lewis Hamilton et voit le verre à moitié plein…
« Mais on peut aussi regarder de plus près, il était devant Charles en Q1, sur le premier train de pneus, il était à un dixième en Q2. Et comme je l’avais dit, nous n’étions pas loin d’avoir les deux voitures éliminées en Q2. »
« Et le résultat est que Charles est capable de faire la pole position, mais honnêtement, l’écart n’était pas de 1,2 seconde. »
« Mais je peux comprendre la frustration de Lewis. C’est normal. Il reviendra, nous avons beaucoup discuté, la course a été difficile parce que nous avons fait le pari de partir en pneus durs, donc il était coincé dans le train DRS. »
« Mais quand il était seul, le rythme était bon. Mais c’est sûr, il sera de retour à Zandvoort et il sera performant. »
On sent que Lewis Hamilton plutôt démotivé… mais ce n’est pas l’opinion de Frédéric Vasseur.
« Je n’ai pas besoin de le motiver. Honnêtement, il est frustré, mais pas démotivé. »
« Je préférerais faire un doublé, mais on sait déjà qu’on pourrait poser la même question à Max. »
« C’est un championnat, cette saison est complètement différente, c’est très, très serré. Quand on n’est pas dans le rythme, on peut faire 14e en qualifications. »
« Nous savons que les qualifications ne se sont pas bien passées. »
Le pari de faire partir Lewis Hamilton en durs était-il aussi le pire possible, puisque le pilote Ferrari était ainsi englué dans un train DRS ?
« Nous avons pris des paris, et quand on fait un pari comme celui de partir en durs, on sait qu’on peut perdre des positions ou non. Nous avons perdu. Et puis nous avons aussi fait le pari d’un seul arrêt, car quand on est 14e et qu’il y a un train de DRS, il faut faire différemment, et ça n’a pas marché. »
« Il a eu une bonne récupération après Miami, l’Espagne, Silverstone, l’Autriche, où il était au niveau de Charles. Au Canada, deux ou trois fois il était devant Charles en qualifications. Mais le week-end dernier, quand il a perdu la voiture au virage 14, il était six dixièmes plus rapide que Charles. »
« Je connais le jeu, il faut finir le tour et il faut finir la course, ça n’a aucun sens de mener la course pendant 40 tours si l’on n’est pas capable de finir. Il faut éviter de tirer des conclusions trop rapides. »
Finalement, Ferrari ne paie-t-elle pas trop cher Lewis Hamilton au vu de ses résultats, inférieurs à ceux de Carlos Sainz ?
Une question qui pique Frédéric Vasseur…
« Je ne suis pas sûr de comprendre votre question, ou si je la comprends, ce n’est pas une bonne question. Nous prenons ces pilotes parce que nous voulons nous battre avec eux pour le championnat, marquer des points et gagner des courses. »
Face aux difficultés, Lewis Hamilton peut donc compter sur le soutien de Frédéric Vasseur, mais aussi du patron de la FOM, Stefano Domenicali, ancien dirigeant aussi de Maranello.
« Tout d’abord, Lewis est un joyau, c’est un athlète incroyable, donc peu importe si c’est un moment difficile, il réagira, et je suis presque sûr qu’il montrera la raison pour laquelle il est ici. »
« Il veut remporter son huitième titre, et il triomphera à nouveau. Alors, restez avec Lewis et il fera une grande course, et sera très, très fort après la pause estivale. »
Après le Grand Prix de Hongrie, Charles Leclerc a aussi été interrogé sur les commentaires défaitistes de son équipier.
« Au final, nous formons une seule équipe et, même si je souhaite terminer devant Lewis, je souhaite que nous réussissions tous les deux, ainsi que Ferrari. Ce week-end a évidemment été difficile pour Lewis. »
« Mais je suis convaincu que ce n’est qu’un cas isolé et je suis sûr que la deuxième partie de la saison sera bien plus positive. »