Le président de la FIA a récemment lancé un pavé dans la mare de la Formule 1 : la possibilité de se passer de moteurs hybrides d’ici 2029 à 2031, avec un retour aux V10 ou aux V8 qui feraient plaisir aux pilotes et aux fans.
La réflexion de Mohammed Ben Sulayem se fondait sur l’arrivée des carburants durables, neutres en carbone donc, pour justifier ce qui pourrait être considéré comme un retour en arrière dans une société qui souhaite de plus en plus se passer d’énergies fossiles.
Stefano Domenicali, le PDG de la Formule 1, a enfin répondu à cette proposition mais la nuance légèrement : il voit l’avenir reposer sur un moteur V8 mais qui resterait hybridé.
L’Italien ne conteste pas le résultat d’un dernier sondage réalisé par The Race sur YouTube, qui a révélé que 86 % des personnes interrogées étaient favorables aux V8 ou aux V10 contre seulement 7 % qui souhaitaient que la F1 conserve les turbo hybrides actuels.
"C’est un soutien considérable. Mais je me souviens de ce que j’ai déjà dit il y a deux ans à ce sujet, vous vous souvenez peut-être mais sinon c’est écrit et enregistré : c’est déjà exactement ce que je disais."
"Je suis donc très heureux de constater un fort soutien à ce sujet. Bien sûr, cela ira de pair avec l’hybridation, et c’est très important. Un carburant durable et un V8, je trouve ça formidable. Et l’hybridation est, je crois, la prochaine étape de l’avenir."
"Mais je ne veux pas détourner l’attention de la génération de groupe motopropulseur de l’année prochaine, car ce serait une erreur. Concentrons-nous donc sur les développements à venir. C’est l’avenir."
Un élément évoqué par Ben Sulayem pour les moteurs V8 concerne des composants plus standardisés, comme les boîtes de vitesses et les carburants. Dominicali n’est pas contre ce concept, même si certains détails, comme la gestion des accords commerciaux des équipes, devront être approfondis.
"Nous savons ce qu’est une boîte de vitesses et son importance. Mais la nouvelle génération la considère comme un support ou un composant mécanique dont elle ignore l’utilité."
"La boîte de vitesses, pour être honnête, n’est plus pertinente en termes de performances car, au final, les différences entre les différentes boîtes de vitesses sont de l’ordre du millième de seconde. Le seul problème réside dans la fiabilité et le coût. Seriez-vous donc d’accord pour aller dans cette direction ?"
"Je dirais qu’il est logique de penser à des composants moins pertinents pour l’aspect technologique de la F1, puis de discuter des détails."
"On peut en dire autant des batteries, mais certains constructeurs y voient un facteur de différenciation des performances. Je pense que la bonne approche est d’adopter une approche globale pour comprendre les technologies pertinentes, applicables aujourd’hui et demain. Ce devrait être la meilleure façon d’aborder tous ces aspects à l’avenir."
Reste à voir si la F1 est enfin assez forte pour imposer cette vision aux constructeurs et motoristes d’ici 3 à 5 ans sans prendre le risque d’en perdre (trop).
Enfin la piste de l’hydrogène a été écartée comme solution à moyen voire long terme.
"C’est possible, mais pas dans les dix prochaines années. C’est trop lointain."
"La course automobile pose également des problèmes de sécurité. N’oublions pas que le sport automobile reste le sport automobile, et non la mobilité."
"Bien sûr, l’hydrogène est un sujet de discussion, mais les éléments à régler ou développer sont trop nombreux. Il est trop prématuré d’envisager cette technologie en compétition. C’est trop compliqué et il n’est pas viable de prendre ce risque aujourd’hui, car il est trop tôt."