Toujours très critique à l’égard de la nouvelle réglementation de la F1, Max Verstappen n’a pas manqué d’en remettre une couche avant le Grand Prix de Chine. Avec son humour habituel, le quadruple champion du monde a même plaisanté aujourd’hui lors de la conférence de presse de la FIA sur sa préparation en affirmant s’entraîner désormais sur Mario Kart plutôt que sur le simulateur.
Le pilote Red Bull fait partie des voix les plus critiques concernant les nouvelles règles techniques introduites cette saison. Lors des essais hivernaux, il avait déjà qualifié cette réglementation d’anti-course et de Formule E sous stéroïdes.
Après le premier Grand Prix de la saison en Australie – où il est remonté de la 20e place sur la grille jusqu’à la sixième position à l’arrivée – Verstappen n’a pas changé de ton. Le Néerlandais a répondu avec ironie à une question portant sur l’importance accrue du simulateur dans la préparation des pilotes.
"J’ai trouvé une solution moins chère : j’ai remplacé le simulateur par ma Nintendo Switch," a-t-il lancé avec un sourire.
"En fait, je m’entraîne avec Mario Kart. Trouver les champignons se passe plutôt bien, les carapaces bleues c’est un peu plus difficile. J’y travaille. La fusée n’est pas encore là, mais elle arrive !"
La comparaison avec le célèbre jeu vidéo n’est d’ailleurs pas sortie de nulle part. Lors de sa bataille en début de course à Melbourne avec le futur vainqueur George Russell, Charles Leclerc avait lui-même ironisé à la radio de Ferrari : "C’est comme le champignon dans Mario Kart."
Verstappen a également fait preuve de sarcasme lorsqu’il a été interrogé sur la gestion des batteries et sur la possibilité que la situation soit plus simple à Shanghai, un circuit moins exigeant en puissance que Melbourne.
"Oui... je suis confiant. Génial," a-t-il répondu sur un ton volontairement neutre.
Face aux critiques répétées du Néerlandais, le président de la F1, Stefano Domenicali, s’est récemment dit convaincu que Verstappen ne quitterait pas le championnat.
L’an dernier, le pilote de 28 ans avait pourtant laissé entendre qu’il ne se voyait pas rester longtemps si les nouvelles monoplaces ne lui procuraient pas de plaisir. Interrogé à nouveau sur ce sujet, Verstappen a tenu à clarifier sa position.
"Je ne veux pas partir, vraiment. Comme je l’ai dit, j’aimerais simplement m’amuser un peu plus, c’est sûr."
"Mais je fais aussi d’autres choses qui sont très amusantes. Je peux courir sur la Nordschleife. J’espère que dans les prochaines années je pourrai faire Spa, et peut-être Le Mans."
"Donc je combine plusieurs choses pour trouver d’autres activités que je trouve vraiment amusantes. Et bien sûr, il y a aussi mon équipe qui continue à avancer. J’ai beaucoup de distractions en même temps. Des distractions positives, je dirais."
Verstappen reconnaît néanmoins ressentir un certain conflit intérieur face à la situation actuelle.
"En même temps, c’est un peu contradictoire parce que je ne prends pas vraiment de plaisir à piloter la voiture, mais j’aime travailler avec toutes les personnes de l’équipe et aussi avec le département moteur."
"Donc c’est presque un peu un sacré casse-tête mental. Je ne peux pas dire le mot, c’est 5000 euros d’amende maintenant ! Mais je ne veux pas partir. J’espère évidemment que cela va s’améliorer."
Le quadruple champion du monde affirme d’ailleurs avoir déjà échangé avec les instances du sport.
"J’ai eu des discussions avec la F1 et la FIA, et je pense que nous travaillons vers quelque chose qui, espérons-le, améliorera la situation."
Lorsque la question lui a été posée de savoir s’il devait accepter que la F1 reste ainsi pendant plusieurs années, Verstappen s’est montré clair.
"J’espère vraiment que ce ne sera pas le cas pour plusieurs années ! Mais j’espère déjà que l’on pourra faire une amélioration correcte dès l’an prochain. Il y a plusieurs options dont nous discutons."
Quant à savoir si son manque de plaisir était lié à la vitesse des nouvelles F1 – alors qu’il va participer aux 24 Heures du Nürburgring – Verstappen a rejeté cette idée.
"Pas vraiment, parce que le plaisir serait très élevé ici, puisque c’est l’endroit où l’on va le plus vite."
"C’est surtout la manière de travailler avec les gens. L’environnement est un peu différent aussi dans le paddock. Je dirais que c’est probablement un peu plus à l’ancienne, moins politique, ce que j’apprécie probablement un peu plus. Je peux sans doute être davantage moi-même."
"Et puis il y a ces grandes courses d’endurance que je veux faire. Quand j’étais enfant, mon père participait aussi à ce type d’épreuves."
"Je pense que je n’ai pas besoin d’être uniquement un pilote de Formule 1. Je peux aussi faire d’autres choses, surtout après avoir fait cela pendant longtemps et avoir accompli tout ce que je voulais accomplir."
"C’est pour cela que je veux explorer d’autres choses, et je ne veux pas le faire quand j’aurai 40 ans. Je pense qu’aujourd’hui c’est l’âge parfait pour le faire."