Alors que Red Bull Racing a reçu de nombreux éloges dès la première journée des essais hivernaux de Bahreïn, Max Verstappen a tenu à calmer le jeu. Le Néerlandais ne souhaite pas tirer de conclusions hâtives malgré les commentaires très flatteurs du patron de Mercedes, Toto Wolff.
Verstappen réagissait aux commentaires formulés par Wolff le premier jour des essais à Bahreïn. L’Autrichien s’était montré particulièrement impressionné par la nouvelle Red Bull, allant jusqu’à la qualifier de référence du plateau. Le directeur de Mercedes F1 avait également souligné que la présence de Verstappen au volant renforçait encore davantage l’ensemble.
Les propos de Wolff reposent notamment sur l’analyse du déploiement de l’énergie électrique du moteur Red Bull. Selon lui, l’écurie championne du monde est capable de maintenir le même niveau de déploiement sur dix tours consécutifs, un avantage majeur en termes de performance et de régularité.
D’après le patron de Mercedes, cette capacité expliquerait pourquoi Red Bull s’est montrée environ une seconde plus rapide que le reste du plateau mercredi, et ce sur plusieurs relais consécutifs - un constat qui alimente déjà les débats à l’approche du premier Grand Prix de la saison, malgré la prudence affichée par Verstappen.
Interrogé sur ces déclarations, Verstappen a rappelé que les essais de pré-saison n’avaient jamais été un indicateur fiable pour prédire la hiérarchie finale, encore moins dans le cadre d’un règlement technique entièrement nouveau.
"Regardez les dix dernières années d’essais hivernaux : je ne pense pas qu’on puisse dire qui sera champion du monde dès le premier jour, surtout avec un nouveau règlement comme celui-ci."
Le quadruple champion du monde se montre également sceptique quant aux intentions derrière les propos de Wolff, qu’il interprète davantage comme une tentative de diversion que comme une véritable analyse technique.
"Pour moi, personnellement, tout ça ressemble plutôt à des tactiques de diversion, mais ce n’est pas un problème. Je me concentre sur ce que nous faisons ici avec l’équipe, parce qu’honnêtement, il y a encore énormément de choses à apprendre pour nous."
"Ces nouvelles réglementations sont tellement complexes que nous voulons simplement enchaîner les tours et avancer étape par étape, pour être honnête."
Par contre Max Verstappen s’est moqué des propos de Wolff, qui affirmait que le concept controversé de taux de compression des moteurs Mercedes ne rapportait que "quelques chevaux".
Lorsqu’on lui a rapporté à Bahreïn que le patron de Mercedes avait minimisé l’avantage à deux ou trois chevaux, Verstappen a éclaté de rire.
"On peut facilement mettre un zéro derrière ça," a déclaré le pilote Red Bull, laissant entendre que le chiffre réel pourrait être de 20, voire 30 chevaux, soit potentiellement environ trois dixièmes de seconde par tour.
"Je comprends leur stratégie. Ils essaient de nous faire prendre l’avantage, car nous avons effectué de nombreux tours mercredi."
Verstappen est convaincu que la vérité éclatera en Australie.
"Je peux vous dire une chose : attendez Melbourne et vous verrez la puissance qu’ils ont. Attendez Melbourne pour voir à quel point ils vont attaquer en ligne droite."
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique tendu autour de l’affaire de la compression des moteurs. Une large majorité de constructeurs, ainsi que la FIA et Liberty, seraient désormais favorables à un contrôle plus strict. Mercedes pourrait même être soumise à de nouveaux contrôles techniques à partir de Melbourne, un compromis devant être trouvé pour ne pas rendre huit voitures et leurs moteurs illégaux.