Avec Mattia Binotto, il est l’autre recrue de choix de Sauber, la nouvelle coqueluche du milieu de grille : Jonathan Wheatley, l’ancien directeur sportif de Red Bull, est arrivé à Hinwil comme directeur de course.
Il gère tout l’opérationnel en week-end de Grand Prix, tandis que Mattia Binotto, PDG du projet Audi en F1, s’occupe surtout du long terme et du travail de coordination globale. Une division du travail qui a prouvé son efficacité jusqu’ici.
« Optimiste, passionné et positif », c’est ainsi que Wheatley s’est décrit, en trois mots, au site officiel de la F1.
Comme bien d’ingénieurs en F1, Wheatley est tombé dans la potion magique du sport auto quand il était petit…
« J’ai toujours aimé le sport automobile, mais je me souviens qu’au Grand Prix de Grande-Bretagne à Brands Hatch, mon père connaissait le chef mécanicien de Ferrari, et il m’a soulevé, je ne sais pas quel âge j’avais, m’a assis dans une des Ferrari et a démarré la voiture... À partir de ce moment-là, j’allais forcément être en F1. »
Véritable figure depuis des décennies du paddock F1, le patron de Sauber révèle avoir des liens étroits d’amitié avec deux de ses homologues, chez Racing Bulls et Alpine F1.
« Mon meilleur ami est Alan Permane dans le paddock. Je suis aussi très proche de Steve Nielsen et de beaucoup d’autres personnes avec qui j’ai travaillé longtemps. Côté pilotes, je dirais Jean Alesi. »
C’est notamment chez Renault que Wheatley a connu Nielsen.
« Oui, nous avons en quelque sorte grandi ensemble, appris à comprendre nos rôles ensemble, et ce fut une bataille assez difficile pour devenir une équipe championne du monde. »
Quelles sont les trois personnalités de la F1, passées ou présentes, qu’il inviterait à un dîner ?
« C’est facile ! Ce serait James Hunt, Niki Lauda et Ayrton Senna. »
« James et Niki ensemble, c’est la magie, n’est-ce pas ? »
Et s’il devait emmener un pilote et un patron d’équipe sur une île déserte ?
« Ce serait Flavio Briatore et Jean Alesi, parce que si vous les aviez vus ensemble à l’époque, c’était... Honnêtement, je riais tous les jours ! »
« Je dirais que Flavio était extraordinaire, mais j’ai toujours cette immense admiration pour Ron Dennis. Ce qu’il a accompli et ce qu’il a construit chez McLaren était extraordinaire, et il serait tout en haut de la liste. »
On sent Wheatley très proche d’Alesi. Qu’est-ce qui explique ce lien ?
« Je ne sais pas. Le courant est passé tout de suite. C’est une personnalité incroyable, tellement passionnée. J’aurais juste aimé que nous gagnions une course avec lui. J’ai travaillé avec lui comme mécanicien sur son train avant chez Benetton et notre amitié perdure. »
Et si une course était organisée entre les patrons d’équipe F1, qui gagnerait ?
« Incontestablement, ce serait moi ! (Rires). »
« Il faut être confiant dans tout ce que l’on fait, n’est-ce pas ? »
« Évidemment, je plaisante, car beaucoup d’entre eux ont passé beaucoup de temps derrière le volant, et j’ai passé la plupart de mon temps de l’autre côté du muret des stands ! Mon ambition était de gagner des championnats en piste, mais cela a fini par être sur le muret des stands. »
Quel est le meilleur conseil qu’il ait jamais reçu ? Wheatley fait alors une réponse toute kantienne…
« Sincèrement, le meilleur conseil est de traiter les autres comme on aimerait être traité soi-même. J’aime à croire que le nombre d’amis que j’ai dans le paddock et en dehors du paddock est le résultat de ce conseil fondamental. »
Quel métier aurait-il rêvé de faire ?
« Si je pouvais avoir n’importe quel travail au monde, et que je pouvais être aussi talentueux qu’Ayrton Senna, alors j’aimerais être pilote de F1 ! »
Ancien directeur sportif de Red Bull, Wheatley y gérait l’opérationnel. Sa plus grande fierté est ainsi l’arrêt le plus rapide du monde, réalisé en 1’82 au Brésil en 2019 sur la voiture de Max Verstappen.
« Le record du monde Guinness pour un arrêt au stand que nous avons réalisé chez Red Bull. Le temps est probablement secondaire, mais rassembler ce groupe de personnes et sentir cette énergie dans l’équipe, ce fut un moment marquant pour moi. Il y a tant de championnats et de victoires en course, mais je crois vraiment au pouvoir d’une équipe et c’est un exemple de cela. »
« En incluant le pilote, 22 personnes sont impliquées dans un arrêt au stand. Tout le monde pense différemment, tout le monde a des pressions différentes à la maison, tout le monde a quelque chose qui l’inquiète ou dont il n’est pas sûr. Faire en sorte que toutes ces personnes s’accordent parfaitement pour réaliser deux secondes incroyables est l’une des choses les plus extraordinaires de la vie, et l’une des choses les plus extraordinaires dans le sport. »
Enfin, où Wheatley se voit-il dans cinq ans ? Toujours chez Audi ?
« J’aimerais être ici, au sein du projet F1 d’Audi. Je suis si heureux et si excité par ce projet – je veux juste être ici ! »
« Oui. Je veux juste profiter de chaque seconde, et c’est ce que je fais ! »