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Wheatley : Sauber F1 ’pose encore les fondations’ de son futur ’ambitieux’

Une équipe "jeune" en pleine transformation vers Audi

Par Emmanuel Touzot - 15 août 2025 - 08:29
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Depuis son arrivée chez Sauber F1, Jonathan Wheatley a vu beaucoup d’évolutions et de nouveautés qui améliorent l’équipe. L’ancien team manager de Red Bull révèle que Mattia Binotto, le PDG de la structure, avait lancé une révolution en interne avant son arrivée, et la dynamique était déjà très bien lancée.

"Si je repense à mes débuts en avril, du point de vue de l’équipe de course, nous avons fait d’énormes progrès en matière de communication et de structures organisationnelles" explique Wheatley. "Et ce n’est pas fini. Il y a encore beaucoup de choses que je veux accomplir, mais je dois y aller par étapes."

"J’essaie toujours de constituer une équipe autour de moi qui fonctionne comme j’aime qu’une équipe fonctionne, afin d’avoir plus de liberté pour faire ce que je souhaite. Mais en réalité, je suis plutôt content d’être encore un peu opérationnel pour le moment, car cela me permet de garder un œil sur l’avenir."

"Une chose était claire en arrivant ici : il y avait une belle dynamique créative en train de naître à l’usine, notamment en ce qui concerne la compréhension des défis de performance que nous avions avec la C45 et comment progresser à partir de là. Un bon travail était déjà en cours avant même que je n’arrive."

"Comme vous pouvez l’imaginer, Mattia [Binotto] n’est pas resté assis à ne rien faire pendant un an, et ce que je ressens aujourd’hui, par rapport au mois d’avril, c’est un élan qui s’intensifie dans tous les domaines. Et c’est absolument crucial lorsqu’on veut faire évoluer une petite équipe vers une structure plus ambitieuse. Il est essentiel que nous continuions sur cette dynamique."

Habitué au succès avec Red Bull, il a réalisé à quel point un simple podium pouvait être une réussite total pour une équipe de Formule 1 quand Nico Hülkenberg a terminé troisième à Silverstone, signant le premier podium de l’équipe depuis 2012.

"Ce sont des étapes clés dans notre parcours. C’est drôle, assis sur le muret à Silverstone, j’étais totalement dans ma zone de confort ; nous nous battions pour un podium, ce n’était pas inhabituel, la stratégie ne dépendait pas de savoir si nous allions être doublés ou non, tout semblait sous contrôle."

"Nous avons réussi à atteindre une très belle troisième place. J’ai parlé à Nico à la radio, puis quand je me suis retourné, j’ai vu que tout le monde explosait de joie ! Je me suis dit ’ah oui, en fait, c’est un moment énorme’."

"Entre là d’où je viens et où nous en sommes aujourd’hui, il faut réajuster ses objectifs. Enchaîner les courses dans les points est formidable, et livrer une performance de classe mondiale à Silverstone, Nico compris, c’est une position enviable. C’est là où nous voulons être régulièrement, mais il faut rester réalistes : nous n’y sommes pas encore."

Si l’impact de Wheatley se ressent surtout du côté opérationnel en bord de piste, son rôle ne se limite pas à cela. Travaillant sous la direction de Binotto, il est aussi impliqué dans la transformation plus large de Sauber, pour en faire une équipe capable de rivaliser avec les plus grandes.

Et si du travail reste à faire, Wheatley s’est montré agréablement surpris par l’énergie qu’il a trouvée dans l’équipe : "Je m’attendais à une équipe un peu fatiguée, peut-être plus âgée en moyenne d’âge. Mais en réalité, c’est tout l’inverse. C’est une équipe jeune et pleine d’ambition."

"Les infrastructures ne nous aident pas pour l’instant. Ce n’est pas un énorme problème, mais nous avons un projet de modernisation pour offrir à l’équipe l’espace et les outils nécessaires. Le bâtiment est relativement ancien, tout comme la soufflerie."

"Nous avons lancé une campagne de recrutement ambitieuse, ce qui rend l’espace de bureau limité, et celui pour les réunions presque inexistant, des choses que les grandes équipes considèrent comme acquises. Nous posons encore les fondations."

"Nous devons rester humbles dans notre parcours. Là où nous voulons aller, par rapport à notre point de départ. Mais je ne vois aucun obstacle majeur. L’équipe est jeune et déborde d’énergie. Elle a juste besoin d’un peu de direction et de structure."

"Ce n’est pas une question d’incompétence, simplement, il n’y a pas de structure hiérarchique claire, pas de processus défini, et les gens ne savent pas toujours ce qu’ils peuvent décider ou non. C’est un projet culturel autant qu’organisationnel."

Le Britannique est conscient que l’ascension de Sauber puis Audi ne sera pas simple : "Nous sommes en chemin pour gagner des courses et des championnats d’ici la fin de la décennie. Ce n’est pas une ligne droite, ce n’est pas une progression simple d’un classement à un autre. Il y aura des virages en épingle, des creux, des bosses et toutes sortes d’obstacles."

"Nous passons d’une petite équipe à une écurie d’usine Audi en F1. Il y aura des périodes où tout avancera très vite, et d’autres où il faudra maintenir l’équipe motivée malgré un sentiment de stagnation. J’ai déjà vécu ce genre de parcours en F1, et pour moi, l’essentiel est de garder le cap sur notre objectif."

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