Williams est loin d’être sur un long fleuve tranquille en ce début d’année en F1, et son directeur, James Vowles, préfère désormais calmer les attentes. Après un hiver compliqué et des premières courses difficiles, le Britannique appelle à la patience tout en fixant une trajectoire claire pour l’avenir.
Privée d’essais privés à Barcelone et confrontée à une monoplace en surpoids, l’écurie de Grove occupe actuellement la neuvième place du classement des constructeurs avec seulement deux points, inscrits par Carlos Sainz lors du Grand Prix de Chine.
Dans ce contexte, Vowles écarte toute ambition irréaliste pour 2026 lorsqu’on l’interroge sur les objectifs que peut atteindre son équipe.
"Il n’y a aucune chance que nous soyons dans cette 5e position de 2025 cette année. J’aimerais que ce soit le cas, mais je veux dire à tout le monde, de manière réaliste, que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour y parvenir."
"Je pense qu’un objectif plus réaliste, et c’est ainsi que je l’ai formulé, c’est que l’an dernier était une ligne dans le sable : nous ne devons plus jamais repasser en dessous, et la considérer comme le minimum que nous devons atteindre."
"Cela signifie marquer des points à chaque course, avec des podiums à saisir, et continuer à construire là-dessus et sur la dynamique. Pour 2026 cela semble compromis mais le redressement est en cours à l’usine."
Face à un plateau extrêmement compétitif, l’objectif est avant tout de progresser de manière constante.
"Il faut s’assurer que, face à ce qui est un plateau hyper compétitif, nous continuons à progresser par rapport aux autres année après année."
"En ce qui concerne le championnat constructeurs, il n’y a aucun doute. C’est pour cela que je suis ici. Mais si ce n’est pas pour cette année, c’est parce que nous réalisons des investissements qui ne porteront réellement leurs fruits qu’entre 2028 et 2030."
"Ce sont de gros investissements, mais ce ne sont pas des machines que l’on achète sur étagère, ni des systèmes que l’on achète sur étagère. C’est un calendrier réaliste pour nous."
"Ce que je veux faire, c’est définir les attentes réalistes, mais je suis confiant dans le fait que nous allons progresser. Ce seront simplement des étapes en avant plutôt qu’un grand bond. Il n’y a littéralement personne dans le paddock avec qui j’ai parlé qui ait la moindre idée de la façon dont cette saison va se dérouler."
À court terme, des motifs d’espoir existent néanmoins. Carlos Sainz s’est montré optimiste après son travail au simulateur, notamment en vue du Grand Prix de Miami.
"Après le Japon, je suis directement retourné au simulateur pour travailler, parce que... pourquoi pas ? Nous avons beaucoup de travail à faire. Je suis en fait assez satisfait de la corrélation du simulateur. Je pense que si vous regardez les choses en détail de ce côté, le simulateur progresse bien. C’est un domaine important du développement de l’équipe et des investissements de ces dernières années, et cela commence, espérons-le, à porter ses fruits."
Prévu du 1er au 3 mai au Hard Rock Stadium, le rendez-vous floridien doit permettre à Williams de démontrer ses avancées.
Vowles détaille le travail accompli en coulisses.
"Ces dernières semaines, nous nous sommes réunis pour analyser les données, accélérer la recherche et la simulation, et affiner notre approche pour le reste de la saison."
"Nos pilotes ont été de retour dans le simulateur et l’équipe travaille sur les entraînements aux arrêts aux stands. Du côté du développement, nous poussons sur tous les aspects, et surtout sur le poids de la voiture. Chaque heure de cette période a un objectif."
"Miami est l’opportunité de réaliser une étape et d’aller de l’avant. Nous savons que nous n’aurons pas encore le produit fini, mais nous avons hâte de progresser avec nos évolutions et de revenir en piste pour les tester."