Le tracé international de Shanghai est réputé pour être l’un des plus exigeants du calendrier, tant pour les ingénieurs que pour les pilotes. Interrogé sur la complexité de cette épreuve, Paul Williams souligne que l’équilibre de la monoplace sera mis à rude épreuve par une configuration atypique.
En effet, l’ingénieur de piste en chef de l’équipe explique les difficultés d’un tracé aux multiples facettes, qui va forcément avoir un impact sur la gestion des monoplaces, à commencer par les gommes tout au long de la course.
"Le circuit propose un défi complexe avec un mélange de virages techniques, de changements de direction et de sections limitées par la puissance. La piste est typiquement limitée par le train avant, notamment en raison de séquences de virages en appui prolongé, comme le complexe des virages 1, 2 et 3" a déclaré Williams.
"Cette configuration rend les monoplaces très sensibles à la charge de l’essieu avant, le phénomène de graining sur le pneu avant gauche représentant une menace réelle. À cela s’ajoute la difficulté du premier format Sprint de la saison, qui ne nous laisse qu’une heure d’essais libres avant la séance de Qualification Sprint."
Alors que la Formule 1 a débuté une phase de transition technologique majeure, l’adaptation aux nouvelles réglementations 2026 redéfinit les priorités des écuries dès ce week-end, avec moins de craintes qu’en Australie : "Nous anticipons une gestion de l’énergie plus aisée qu’à Melbourne."
"Le temps passé à mi-accélération dans les virages réduit la nécessité d’un écrêtage massif de la puissance. La gestion du déploiement électrique, la préparation des tours de sortie et le trafic resteront toutefois cruciaux pour maximiser la performance sur un tour."
"Par ailleurs, alors qu’il fallait auparavant arbitrer finement le niveau d’aileron arrière pour équilibrer appui et traînée, l’introduction de l’aérodynamique active sur quatre zones simplifie désormais cette problématique."
L’asphalte chinois est un juge de paix pour les gommes Pirelli, d’autant plus que les conditions climatiques locales peuvent s’avérer capricieuses. Williams revient sur la finesse stratégique nécessaire pour gérer l’allocation pneumatique spécifique au format Sprint.
"Une gestion rigoureuse est nécessaire pour couvrir les quatre séances compétitives avec l’allocation Sprint, soit deux trains de pneus durs, quatre mediums et six tendres. Le contrôle du risque de graining est notre priorité absolue, notamment à cause des glissades prolongées dans les virages 1, 2 et 8, ainsi que sur le côté gauche dans la séquence 12-13."
"En raison de la fraîcheur attendue à Shanghai et du faible niveau de rugosité de l’asphalte, la mise en température pour le premier tour chronométré s’annonce difficile, particulièrement avec les pneus Mediums imposés en SQ1 et SQ2."
Avec deux courses au programme, le samedi et le dimanche, les ingénieurs doivent jongler entre performance immédiate et préservation des ressources. L’ingénieur détaille les scénarios privilégiés par l’écurie pour optimiser les résultats lors du Sprint et du Grand Prix.
"Pour le Grand Prix, nous prévoyons une stratégie à un seul arrêt, sous réserve de l’évolution du graining au fil du week-end. La plupart des écuries devraient privilégier le pneu medium pour le départ."
"Concernant le Sprint, la course devrait se faire sans arrêt aux stands. Le pneu dur semble être l’option privilégiée, bien que l’utilisation de Mediums reste envisageable selon la position sur la grille et les priorités stratégiques de chaque équipe pour le reste du week-end."