Mercedes F1 avait visiblement caché son jeu en essais libres 1, en Australie ce vendredi. Après des débuts très timides à une seconde des Ferrari, les Flèches d’Argent ont en effet enclenché la vitesse supérieure en EL2, se plaçant juste derrière la McLaren d’Oscar Piastri.
Toto Wolff l’assure cependant : Mercedes F1 a réellement souffert en début de journée ce vendredi. Il en profite d’ailleurs pour quelque peu ironiser sur la situation d’Aston Martin F1 au passage (avec Newey à ses côtés en conférence de presse).
« Nous ne sommes certainement pas dans l’ampleur des problèmes qu’a Adrian, mais ce fut un accouchement difficile aujourd’hui pour nous aussi. Mais ce n’est pas inattendu, je suppose, quand on commence avec de nouvelles réglementations. »
« Nous n’étions pas dans une si bonne position du côté du châssis, du côté de l’unité de puissance, mais toutes ces choses sont surmontables. Pas mal de défis intéressants et excitants à surmonter pour le reste du week-end, mais je dirais que nous sommes là où nous sommes et que ça va aller. »
Beaucoup d’observateurs voient George Russell et Andrea Kimi Antonelli en favoris du week-end. Cependant comme à son habitude (prise durant même l’ultra-domination de Mercedes F1 entre 2014 et 2020), Toto Wolff assure qu’il n’est pas confiant dans les performances de son équipe !
« Comme je l’ai déjà dit, en 15 ans environ, je n’ai jamais été confiant. Même si nous commencions la saison de manière magnifique, je n’ai jamais été assez confiant pour dire que nous allions être plus rapides, que nous allions être sur le podium à la fin du week-end de course. »
« Ce n’est pas différent cette année. Je ne vais pas dire ça parce que, tout simplement, nous ne savons pas. Nous avons eu des EL1 difficiles mais rien d’anormal, donc nous devons juste travailler étape par étape, le faire calmement, et ensuite, espérons-le, être assez rapides pour nous battre pour un podium ou une victoire dimanche, mais ce n’est pas acquis. »
« Cela dit, j’ai toujours affirmé que je pense que Red Bull et Ferrari sont très rapides, et les gens essaient de continuer à nous encenser, et c’est flatteur, mais je ne suis pas sûr que ce soit la réalité à 100 %, et certainement pas ce que nous avons vu en EL1. »
La fiabilité a pu inquiéter les voitures motorisées par Mercedes en EL1, notamment du côté de McLaren F1. Andrea Kimi Antonelli avait aussi rencontré des soucis techniques à Bahreïn. La fiabilité, est-ce donc un gros point d’inquiétude pour Toto Wolff ?
« La fiabilité est toujours un problème, en particulier avec de nouvelles voitures et de nouvelles unités de puissance. On dit : "Pour finir premier, il faut d’abord finir", et je suppose que ce sera la devise pour ces deux premiers Grands Prix, pour voir où sont nos limites, où sont nos inquiétudes de fiabilité sur tel ou tel composant de la voiture. »
« Donc non, je ne suis pas particulièrement inquiet d’un problème de fiabilité lié au moteur, mais c’est plutôt le concept global de la voiture. »
« Ces difficultés peuvent être surmontées car nous avons vu car nous avons vu aujourd’hui que, même avec la meilleure volonté, c’était beaucoup plus difficile que lors des essais de Bahreïn, par exemple. Ce ne sont donc pas des problèmes inhérents que nous avons dans le matériel. Pour certains logiciels, ce sont juste des problèmes de jeunesse. »
Toto Wolff a été enfin invité à s’exprimer sur un sujet brûlant pour la F1 et qui pourrait chambouler le calendrier : la possible annulation des Grands Prix à Bahreïn et en Arabie saoudite, en raison de la guerre régionale en cours.
Y a-t-il une deadline, d’un point de vue logistique, pour que la F1 prenne sa décision ?
« Tout d’abord, la Formule 1 devient en quelque sorte la seconde priorité. C’est un sujet tellement important dans la région qu’il est même assez difficile, je suppose, de parler aux dirigeants locaux et de dire : "Et le Grand Prix ?" »
« Je pense qu’il appartient à Stefano, en tant que promoteur, et à la FIA de gérer cette situation tout en respectant les défis actuels qu’ils rencontrent. Mon intuition est que j’espère vraiment que nous courrons. Est-il réaliste que nous y courions en ce moment ? Je n’en suis pas tout à fait sûr. »
« Mais encore une fois, je laisse à Stefano le soin de gérer cette situation. J’espère de manière générale que la situation s’améliorera là-bas pour que nous puissions revenir dès que possible. »