Toto Wolff est devenu directeur de Mercedes F1 en 2013 après plusieurs années dans le paddock de la Formule 1 en tant qu’investisseur, mais il n’avait jamais géré une équipe à un tel niveau quand il a repris la main de la structure de Brackley.
Il révèle que pour savoir comment il allait aborder la gestion des pilotes, c’est auprès d’un champion du monde ayant connu des tensions avec un de ses équipiers qu’il a été conseillé, en la personne d’Alain Prost.
"Ce que j’essaie de transcender au sein de l’équipe, c’est la transparence" a déclaré Wolff. "Quand j’ai commencé chez Mercedes, j’ai rencontré Alain Prost, que je ne connaissais pas à l’époque. Nous avons discuté pendant cinq minutes sur la grille de départ et je lui ai demandé : ’qu’est-ce qui n’a pas fonctionné entre Senna et toi ?’"
"Il m’a répondu ’il n’y a eu aucun problème entre nous deux. Ce qui n’allait pas, c’est que la direction de l’équipe nous montait l’un contre l’autre. Nous ne savions jamais où nous en étions. Un week-end, vous étiez la coqueluche du moment, le mois suivant, vous ne saviez pas si vous aviez encore votre place et nous n’avions jamais aucune information’."
"Ce genre de situation s’est amplifié, on devient plus paranoïaque, on se renferme. Finalement, cela conduit à une implosion des relations entre les pilotes et avec l’équipe, et ce que j’ai compris, c’est que je ne voulais jamais commettre la même erreur."
L’Autrichien n’a jamais caché ses intentions ni ses pensées à ses pilotes, et il est contant que George Russell, Lewis Hamilton et Valtteri Bottas aient été capables d’assumer cette transparence : "C’est le cas avec George, et c’était pareil avec Lewis auparavant, ainsi qu’avec Valtteri. Je suis toujours transparent."
"On pourrait presque considérer cela comme de la naïveté, car je suis toujours d’une honnêteté brutale avec les personnes que je considère comme des membres de ma famille, des coéquipiers, des alliés ou des membres de ma tribu. Tout le monde ne peut pas le supporter. George le peut. Lewis le pouvait aussi."
"Mais c’est pourquoi nos conversations ont toujours été très ouvertes. George a été le premier que j’ai appelé pour lui dire ’Écoute, je dois avoir cette conversation avec toi. C’est mon devoir en tant que chef d’équipe, pour que tu ne te fasses pas surprendre’, et je pense que c’est important."
Wolff se souvient avoir brisé la glace avec Hamilton après la saison 2016 et la retraite de Nico Rosberg, qui avaient installé des tensions : "Ça a été une période difficile avec Lewis. Nous avons traversé un moment très, très difficile lors du gala [de la FIA], lorsque Nico l’a annoncé, ainsi que dans les semaines qui ont suivi."
"C’est à ce moment-là que j’ai dit ’écoute, nous devons nous asseoir pour discuter, car si nous ne communiquons pas, où cela va-t-il nous mener ? Et j’aimerais que tu restes longtemps dans l’équipe. Tu es le meilleur pilote. Si tu penses que nous sommes la meilleure équipe, nous devons simplement accepter nos divergences ou mettre tous ces points sur la table’."
"Ce que nous avons vraiment appris, tous les deux, c’est qu’il faut communiquer. Car sur beaucoup de choses, nous partageons les mêmes objectifs, et il y aura des situations où ce ne sera pas le cas, mais au moins nous le saurons. C’était une très bonne discussion, et se fermer n’est pas la bonne façon de faire. Il faut discuter, même si c’est difficile."